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    Universités: Duchesne prêt à revoir le mode de financement

    18 janvier 2013 |Jessica Nadeau | Éducation
    Selon Pierre Duchesne, le sommet est «le bon moment» pour discuter de cette question. «On ne le fait pas derrière des portes closes, avec des calculs secrets, on le fait en public, en plénière, avec présence du public. (...)»
    Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Selon Pierre Duchesne, le sommet est «le bon moment» pour discuter de cette question. «On ne le fait pas derrière des portes closes, avec des calculs secrets, on le fait en public, en plénière, avec présence du public. (...)»
    Sherbrooke — Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, se dit ouvert à revoir la formule de financement des universités et à éliminer le « financement par tête de pipe », remis en question par plusieurs groupes ces dernières semaines.

    En point de presse jeudi, à quelques heures de l’ouverture officielle de la troisième rencontre portant sur la gouvernance et le financement, le ministre a trouvé « intéressant » de se pencher sur la question du mode de financement des universités. Il reconnaît l’utilité de rouvrir ce débat, considéré par plusieurs comme un véritable panier de crabes, et estime que ce serait « peut-être aussi une façon d’essayer de régler un problème… s’il y a un problème ».


    Au Québec, les 18 universités du réseau doivent se partager une enveloppe octroyée par le ministère de l’Enseignement supérieur, qui répartit les sommes selon une grille d’analyse précise. Cette formule a été modifiée au tournant des années 2000 pour se baser désormais sur le poids relatif des effectifs étudiants, des disciplines et des cycles d’études.


    « Actuellement, on finance à 100 % selon le nombre d’étudiants, par tête de pipe. Il y en a qui commencent à dire que ça amène des effets pervers, que c’est une course à la clientèle, une surmultiplication de programmes ou de déploiements de délocalisations, et oui, peut-être qu’il faut songer à remettre ça en question », a affirmé le ministre Pierre Duchesne.


    Selon lui, le sommet est « le bon moment » pour discuter de cette question. « On ne le fait pas derrière des portes closes, avec des calculs secrets, on le fait en public, en plénière, avec présence du public. Moi, en tout cas, je suis ouvert à ce qu’on puisse discuter de cela. »


    Sur l’idée de mandater le Vérificateur général pour superviser l’administration des universités, le ministre ne « voit pas, à quelques semaines du sommet », la pertinence d’aller dans ce sens.


    Depuis des semaines, le ministre Duchesne marche sur des oeufs sur la question du sous-financement, n’osant pas trancher sur cette épineuse question. « Il y a eu tellement de tension que le moindre propos est interprété comme une façon de fermer une possible entente. Alors, comme ministre de l’Enseignement supérieur, quand je dis que je veux voir plus en détail la question du sous-financement […], on nous dit : vous niez le sous-financement ! »


    Questionné de manière plus précise sur le sujet, il se contente de répondre que « tout le monde est conscient que […] les besoins financiers des universités sont constants et en augmentation »


    Il est tout aussi vague lorsque vient le temps de parler des compressions de 124 millions de dollars demandées aux universités pour l’année financière en cours et des coupes à venir au cours des années à venir.


    « Il faudra voir, il faudra définir, pour se rendre jusqu’en 2014, où est-ce qu’on va avec ça. Est-ce que [le montant des compressions] est récurrent ? Est-ce qu’il est en entier ? En partie ? Il faut voir. La tenue du forum et l’entente au sujet de certaines mesures - par exemple, la contribution des étudiants, si on décide qu’il y en a une avec les droits de scolarité - vont nous permettre d’ajouter ou de soustraire le montant. »


    Le ministre précise néanmoins qu’il faudra 16 mois pour atteindre le déficit zéro, et qu’une fois celui-ci atteint, une nouvelle logique s’appliquera. « Ce sommet, ce n’est pas un exercice budgétaire, c’est un moment où on définit une vision sur plusieurs années. C’est pour ça qu’on peut se permettre […] de dire qu’il y aura un réinvestissement. »

     

    Transferts de fonds


    Le ministre s’est également prononcé, en marge des travaux, sur la question des transferts de fonds orchestrés par les universités et remis en question par un certain nombre d’acteurs, dont la Fédération québécoise des professeurs d’université qui vient de publier une étude sur le sujet.


    « Je vous rappelle qu’il n’y a rien d’illégal là-dedans. […] Ce qu’il faut peut-être, cependant, pour répondre au questionnement du public et de certains partenaires, c’est de mettre un peu plus de transparence pour s’assurer que ce ne soit pas perçu comme des manoeuvres. »


    Michel Patry, directeur des HEC et membre de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), estime qu’il s’agit d’une pratique « usuelle et nécessaire ».


    Et, bien qu’il y ait des surplus dans certains fonds, cela ne signifie pas que la situation générale est sous contrôle. « Si je vous disais qu’il vous manque 20 000 $ pour boucler votre budget annuel - c’est votre fonds de fonctionnement - et que ce n’est pas grave, que vous avez un surplus parce que vous avez une maison. Ça vous inquiéterait quand même un peu », illustre-t-il.


    Selon la CREPUQ, les transferts de fonds sont très bien balisés, par des règles ministérielles et des audits externes. « Nous, la reddition de comptes, on en fait énormément, on en fait même trop d’une certaine façon. On pourrait en faire moins et on pourrait en faire une plus stratégique. […] C’est un autre mythe que les universités opèrent en vase clos. On est dans une cage de verre. »


    Pauline Marois n’était pas présente à Sherbrooke pour cette rencontre préparatoire en vue du sommet sur l’éducation qui se tiendra à Montréal les 25 et 26 février prochain. Mais elle a néanmoins profité d’une annonce au Musée des Beaux-arts de Montréal pour envoyer un message aux étudiants de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui menacent de boycotter l’événement.


    « J’espère que tout le monde fasse partie de la solution, y compris l’ASSE. Je souhaite que tous les partenaires soient là, étudiants, enseignants, directeurs d’université et recteurs. Je crois que le débat doit être ouvert et c’est ce que j’ai dit cette semaine aux recteurs. Nous avons eu une excellente rencontre avec les recteurs. »


     

    Avec Isabelle Paré

     
     
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