Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Financement de l’enseignement supérieur - Les cégeps crient à l’injustice

    Les cégeps, à l’instar des universités, ont sollicité un entretien avec le ministre Pierre Duchesne pour discuter de l’épineuse question de leur financement.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Les cégeps, à l’instar des universités, ont sollicité un entretien avec le ministre Pierre Duchesne pour discuter de l’épineuse question de leur financement.
    Au tour des collèges de rugir. La confirmation d’une hausse réduite de leur budget par rapport à celui des universités, pour l’année 2013-1014, est la goutte qui fait déborder le vase. À l’approche d’un sommet crucial, les cégeps refusent de jouer un rôle de second plan dans la famille de l’enseignement supérieur et demandent au ministre Pierre Duchesne de « refaire ses devoirs ».

    « Ce n’est pas vrai que l’appartenance au réseau de l’enseignement supérieur va vouloir dire pour nous de faire les frais d’un réinvestissement dans les universités », tonnait lundi le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. Peu avant la période des vacances, il a reçu la confirmation appréhendée : si les universités verront leur budget 2014 et 2015 augmenter, celui des collèges doit être rehaussé de manière minimale. Cela ne couvrira même pas les hausses de salaire dictées par les conventions collectives. Le réseau crie à l’injustice. « Dans ce contexte-là, quel est notre intérêt à faire partie de l’enseignement supérieur, je vous le demande ? Nous voulons que le ministre refasse ses devoirs. Ce calcul-là n’est pas acceptable », dit M. Beauchesne.


    C’est à Trois-Rivières, le 13 décembre dernier, lors de la deuxième rencontre thématique en prévision du Sommet sur l’enseignement supérieur, que le ministre Pierre Duchesne avait laissé tomber la nouvelle lors de son allocution d’ouverture. Son mot d’entrée visait notamment à expliquer le contexte budgétaire difficile justifiant les compressions imposées aux universités (124,3 millions) et collèges (21,5 millions) pour l’exercice en cours. Histoire de rassurer l’auditoire, il avait alors dit : « Un budget n’est qu’un exercice annuel. Dès 2014, il est déjà prévu que les sommes consacrées aux universités augmenteront de 3,3 %, et de 5,4 % en 2015. »


    Ce sont ces données, confirmées plus tard par le ministère, qui ont fait bondir les collèges. Ils les comparent à la hausse de 1,28 % qu’on leur consent pour 2013-2014 et estiment qu’ils font les frais d’un combat mené par les universités pour éviter le sous-financement. « Nous n’acceptons pas du tout, mais pas du tout, de passer ainsi à la trappe », ajoute M. Beauchesne, qui a sollicité un entretien avec le ministre Duchesne avant la tenue de la troisième rencontre thématique, qui doit avoir lieu à Sherbrooke les 17 et 18 janvier prochains.


    Si trois ou quatre cégeps, sur les 48 que compte le réseau public, sont en ce moment en situation déficitaire, ce nombre risque d’augmenter, craint M. Beauchesne. Car les mauvaises nouvelles s’accumulent depuis l’arrivée au pouvoir des troupes de Pauline Marois : un budget réajusté, pour tenir compte d’une « impasse budgétaire de 1,6 milliard de dollars en 2012-2013 », comme le rappelait le ministre à la mi-décembre. Mais aussi la nouvelle d’une compensation réduite destinée aux collèges pour les coûts engendrés par le conflit étudiant. En lieu et place des 33,1 millions espérés, les 14 cégeps concernés ne recevront que 15,2 millions, soit moitié moins.


    « Tout cela va avoir des effets », explique le président de la Fédération des cégeps, qui doit tenir un c.a. extraordinaire au cours de la semaine sur cette question. « Nous avons besoin de stabilité financière pour offrir une qualité de service aux étudiants. En lieu et place, c’est devenu une mode de sabrer en cours d’année, ce qui nous empêche de planifier sainement. »

     

    Plaidoyer pour un nouveau débat


    Malgré les augmentations qu’on leur fait miroiter pour les deux prochains exercices financiers, les universités plaident elles aussi pour la stabilité financière. Dans une lettre publiée aujourd’hui en page Idées et intitulée « Universités : gérer dans l’incertitude », la présidente du conseil d’administration de la CREPUQ, Luce Samoisette, et son p.-d.g., Daniel Zizian, déplorent l’impossible défi que représente la gestion d’un navire amiral aussi imposant qu’une université lorsqu’on impose des compressions en cours d’exercice.


    Québec a exigé un effort additionnel de 124,3 millions $ d’ici au 30 avril prochain. « Ces compressions sont dramatiques, écrivent les auteurs. [Elles] sapent le moral de la communauté universitaire et créent un environnement financier instable. »


    En entrevue, la rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, en rajoute. « Cette demande place les universités dans un contexte à ce point difficile qu’elles ajouteront un poids à leur déficit cumulé », explique la fiscaliste. Celles qui présentent des budgets déficitaires voient une portion de leur subvention retenue le temps que le gouvernement entérine le plan de redressement exigé. « Pendant ce temps, on doit aller sur la marge de crédit et payer des intérêts, ce qui ajoute au fardeau. »


    La Conférence des recteurs et principaux d’université du Québec a elle aussi sollicité un entretien avec le ministre Pierre Duchesne au cours duquel ses représentants espèrent pouvoir illustrer de manière très concrète les impacts qu’auront ces ponctions sur la vie universitaire. « Chez nous, on a demandé à nos facultés de faire l’exercice de couper encore. On pense pouvoir y arriver à hauteur de 25 ou 30 % de la somme demandée [11 à 12 millions], mais le reste ira dans notre déficit cumulé », dit Mme Samoisette.


    Ces débats d’ordre financier risquent de faire dévier de l’essentiel, croit l’administration de l’Université de Sherbrooke. « À partir du conflit étudiant, on a glissé dans un débat autour du fait que les universités étaient mal gérées », déplore Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales. « Mais on doit maintenant revenir à la question de départ : que veut-on faire de nos universités ? Veut-on qu’elles se développent ? Qu’elles soient à la page ? Si oui, comment faire de nos universités une priorité ? C’est de cela qu’il faut parler. »

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel