Vague de désaffiliation à la FECQ

Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services.

Maintes fois critiquée pour son manque de transparence et aux prises avec des problèmes financiers, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) est de nouveau dans la tourmente. Elle s’apprête à faire face à une nouvelle vague de désaffiliation, alors que des consultations sur le sujet se tiendront dans plusieurs cégeps au cours des prochains mois, a appris Le Devoir.

En effet, des votes de reconsidération de l’affiliation à la FECQ se tiendront au cégep de Rimouski (28, 29 et 30 novembre), et le cégep de Granby-Haute Yamaska lance lundi une campagne de désaffiliation. D’autres consultations devraient se tenir prochainement dans deux autres associations, soit au cégep de Chicoutimi et à l’École nationale d’aérotechnique (un campus d’Édouard-Montpetit).


Dans une lettre ouverte envoyée aux médias signée par 29 actuels et anciens membres d’associations étudiantes d’au moins une dizaine de collèges différents, on parle de « la plus grande vague de consultation de désaffiliation dans un si court laps de temps de toute l’histoire de la fédération ». « La crise qui frappe actuellement la FECQ est le fruit d’une dynamique interne malsaine résultant d’un profond manque de transparence, d’une valorisation très déficiente de la démocratie et d’un manque flagrant de respect pour les décisions prises démocratiquement par le congrès ou une association étudiante membre », peut-on lire.


Les reproches à l’origine de ce ras-le-bol collectif envers la FECQ sont nombreux. À commencer par le manque de transparence, un problème récurrent. Les états financiers et plans de campagne sont tenus confidentiels et les délégués se plaignent de devoir approuver des budgets auxquels ils ne comprennent rien. Certains procès-verbaux contenant des décisions prises par la fédération ne seraient pas publiés depuis un an, malgré l’adoption d’une résolution obligeant à les rendre publics.


La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, admet que la question de la transparence revient souvent. « Mais c’est un débat où participent tous les membres de la FECQ. Il y a eu un appel de mémoires par rapport à la question de la confidentialité et il a été décidé que les états financiers et les plans de campagne devaient être confidentiels. On essaie de faire croire que c’est une grosse clique méchante qui prend les décisions, mais ça a été fait démocratiquement », a-t-elle dit.


Les signataires de la lettre ouverte jugent la culture démocratique « déficiente ». Ils dénoncent le fait que les orientations des plans d’action soient débattues au début de l’été et adoptées à la mi-août, alors que les campus sont déserts. Ils déplorent que les décisions soient souvent prises par l’exécutif national de la fédération et ensuite soumises aux associations locales.


Enfin, dans cette lettre coup de gueule qui dresse une longue liste de reproches, les signataires s’estiment très mal représentés. Aucune intervention publique du président de la FECQ pendant la grève, Léo Bureau-Blouin, n’a reflété un mandat adopté qui évoquait la gratuité scolaire, pas plus que la violence de l’État à l’égard des étudiants n’a été condamnée, se désolent des exécutants à qui Le Devoir a parlé. Même la proposition prônée par M. Bureau-Blouin de compenser une réduction de la hausse des droits de scolarité en rendant moins généreux le crédit d’impôt pour les études postsecondaires ne faisait pas l’unanimité. « Elle avait été tablettée pour sauver la face à Léo, mais il l’a ressortie pendant les négos. Ça me révolte qu’il prétende parler au nom des étudiants », a dit Sean-Olivier Parent, ancien représentant externe des étudiants du cégep de Rimouski.

 

Autodétermination


Autre pomme de discorde entre certaines associations locales qui ont tenu des consultations pour se désaffilier et la fédération : cette dernière refuse de reconnaître l’issue du vote parce qu’elle juge que les processus de renoncement n’étaient pas conformes aux lois. C’est ainsi que les associations représentant les étudiants des cégeps André-Laurendeau, Alma, Saint-Félicien et Shawinigan (environ 7000 au total) figurent toujours sur le site Web de la FECQ et sont comptées dans ses 80 000 membres, malgré des votes de désaffiliation.


Le président de l’Association des étudiants du Cégep d’Alma, Pierre-André Lebeuf, considère que son association n’est plus membre de la FECQ depuis mai dernier, à l’issue d’un vote en assemblée générale. « Contrairement à ce que dit la FECQ, ce sont nos statuts et règlements qui ont préséance », a-t-il dit, précisant que son association cessera de payer ses cotisations à la FECQ à l’hiver. « La FECQ envisage de doubler ses cotisations devant le gouffre financier. Elle ne veut pas reconnaître les cégeps qui se désaffilient. […] J’appelle ça un mensonge. »


Selon Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services. « Elles suivent un processus qui n’est pas légitime. Oui, ils suivent leurs statuts, sauf que quand on est affilié à un syndicat, on adhère aux règlements généraux de cette centrale-là, c’est la même chose pour nous », a-t-elle soutenu.


Même si le processus n’est pas respecté, il est difficile d’aller à l’encontre de ce qui relève du principe internationalement reconnu de l’autodétermination des peuples, note Stéphane Beaulac, professeur de droit à l’Université de Montréal. « La forme ne doit jamais l’emporter sur le fond. C’est un adage bien ancré dans le monde juridique. Même si une procédure en place devrait être respectée à la lettre, il peut y avoir des accrocs quand même », a-t-il indiqué. « Ultimement, on voit mal comment on pourrait forcer une association, contre son gré, à rester à l’intérieur d’une structure fédérale. »

  • Jean-François Filion - Abonné 24 novembre 2012 06 h 13

    Qu'arrive-t-il des associations désaffiliées?

    C'est étrange: l'article ne dit pas si cette vague se fait en faveur de l'ASSÉ; on doit le deviner...

    • Anouk M.Renaud - Inscrite 24 novembre 2012 11 h 59

      Peut-être, mais elles peuvent aussi restées indépendantes, comme le cégep du Vieux-Montréal.

    • Alexandre Trottier - Inscrit 25 novembre 2012 18 h 28

      C'est aussi possible qu'ils forment une toute autre association nationale...

      En 2005-2006, je crois, la même chose est arrivée au niveau universitaire avec la FEUQ. Ça a mené à la formation de la TaCEQ qui est différentes sur plusieurs points de l'ASSÉ et de la FEUQ.

    • Jean-François Belley - Inscrit 27 novembre 2012 19 h 19

      Il peut arriver que ces associations étudiantes s'affilient à l'ASSÉ, mais ça entre dans le domaines des possibles. Cependant, plusieurs associations préfèrent conserver leur indépendance et n'être affiliées à aucune fédération, malgré que cette possibilité a été très peu évoquée durant la crise étudiante. Rien n'oblige une association locale à être fédérée. Seul l'avenir nous dira si ces désaffiliations vont se faire au profit d'une autre ou non.

  • Paul Gagnon - Inscrit 24 novembre 2012 08 h 05

    Suite logique

    Une nouvelle série de victoires en perspective pour l'ASSÉ et la démagogie dite participative.
    Comme pour notre démocratie défaillante, une petite minorité va profiter de l'apathie de la masse pour prendre le pouvoir dans le merveilleux monde estudiantin.
    50 en contrôlent 500 qui imposent leur volonté aux 5000 autres qui, eux, se laissent tondre...

    • Julien Villeneuve - Abonné 24 novembre 2012 11 h 27

      L'apathie comme cause de changement. Vous habitez un drôle d'univers, M. Gagnon.

    • Hélène Paulette - Abonnée 24 novembre 2012 12 h 13

      Que voilà un jugement de valeur sans aucun fondement. Qu'est-ce qu'elle vous a fait la démocratie participative? Y avez-vous seulement goûté?

    • Alexis Lupien-Meilleur - Abonné 24 novembre 2012 12 h 56

      Démagogie participative? Il est dommage qu'après une saison de discorde, des gens ne tentent même pas de comprendre la démocratie directe... J'imagine que, souvent, les convictions sont plus fortes que les faits...

      Vous parlez de 50... pour le premier vote, peut-être... Il est vrai que, malheureusement, les gens sont souvent plus intéressés par leurs propres affaires que par une assemblée générale. Par contre, lors du deuxième vote (disons une semaine plus tard), ils sont où les autres? Duhaime, l'homme au mille sophismes, disait par rapport à la table de concertation que les associations étudiantes et syndicats ont quittée: «les absents ont toujours tord». Pourquoi est-ce que son principe ne pourrait pas s'appliquer ici aussi?

      Supposons qu'une poignée de militant pour une hausse des frais de scolarité se réunissaient et réussissaient à faire passer une position pro-hausse au sein de leur association, est-ce que vous accepteriez le résultat ou non?

      J'ai l'impression que vous êtes contre le message plus que contre la méthode utilisée pour l'écrire.

    • Gabriel Langlois - Inscrit 24 novembre 2012 15 h 34

      Vraisemblablement vous ne connaissez pas grand chose au monde estudiantin M. Gagnon, vous confondez la FECQ avec l'ASSÉ... ironiquement c'est vous même qui utilisez le sophisme pour inverser le mensonge et la vérité.

    • Denis Therrien - Inscrit 25 novembre 2012 11 h 36

      Monsieur Gagno a raison de voir cela comme une clique qui risque d'imposer ses volontés aux autres mais c,est le cas de toutes les associations étudiantes, de celles de diplômés aussi, c'est la démocratie représentative qui est ici en jeu et le comportement de free-riders des étudiants qui ne s'impliquent pas.

      Monsieur Lupien-Meilleur parle de militants pro-hausse mais c'est pas ainsi que cela fonctionne, regardez une association comme celle du B.A.A. à HEC-Montréal, elle a plutôt été silencieuse et tournée vers ses affaires internes pendant ce conflit et pour tenir un vote de grève eux il faut d'abord que des étudiants fassent signer une pétition par un nombre suffisants de gens avant que cela se fasse, des règlements internes, somme toute, assez peu favorables au mouvement étudiant.

      Regardons aussi un Collège privé (niveau cégep) comme André-Grasset, ils ont eux aussi une association étudiante et certains diront que ce sont des gosses de riches, c'est en partie vrai mais ils iront pas à l'université eux aussi ? Pourquoi sont-ils silencieux ? Du moins, j'ai pas entendu leurs positions sur la place publique.

      Il faut que tous prennent part au débat, riches, pauvres et adversaires politiques.

      Pour des désaffiliations FECQ, ils peuvent avoir de bonnes raisons de critiquer la FECQ mais qui va les représenter au Sommet de l'éducation dans ce cas là ? Gain de terrain pour l'Assé ? Pas dans tous les cas, un cégep avait refusé de se joindre à la CLASSE pendant le conflit soit celui de Rimouski.

  • Léna Carrier - Abonnée 24 novembre 2012 11 h 03

    L'héritage de Léo

    Le voilà, le vrai lègue de Léo au mouvement étudiant.

    • Solange Bolduc - Abonnée 24 novembre 2012 15 h 31

      Qu'insinuez-vous au juste ? J'aimerais bien comprendre ce que vous entendez par "le vrai lègue de Léo..." ?

    • Hélène Paulette - Abonnée 24 novembre 2012 20 h 29

      @madame Bolduc, cet extrait de l'article vous éclairera sûrement:
      ''Enfin, dans cette lettre coup de gueule qui dresse une longue liste de reproches, les signataires s’estiment très mal représentés. Aucune intervention publique du président de la FECQ pendant la grève, Léo Bureau-Blouin, n’a reflété un mandat adopté qui évoquait la gratuité scolaire, pas plus que la violence de l’État à l’égard des étudiants n’a été condamnée, se désolent des exécutants à qui Le Devoir a parlé.''

  • Denis Therrien - Inscrit 25 novembre 2012 01 h 00

    Ils sont combien ?

    Ils sont combien d'étudiants dans les associations locales pour voter pour ces désaffiliations ?

    Le manque d'implication dans les associations étudiantes et le manque de suivi font en sorte que c'est pas évident du tout que les intérêts de la majorité des étudiants est mieux servie.

    Bien voyez à vos affaires sin on vous vous faîtes organisés. J,ai l'impression que la FECQ est plus représentative dans beaucoup de Cégeps mais si les étudiants laissent ceux en place prendre presque seuls les décisions bien qu'ils vivent avec.

    C'est pas juste dans la politique étudiante cela... Au moins quand il ya des votes de grève, présentez-vous ou sinon allez faire vos études dans un autre cégep.

    Partez-vous pas des recours devant les tribunaux après ou des assemblées de carrés verts. Entrez direct dans les exécutifs des associations étudiantes et présentez vous au sommet de l'éducation.

    Ont-ils été plus nombreux à voter aux dernières élections provinciales et pour qui ont-ils voté ? Seuls Q.S. et O.N., proposaient la gratuité scolaire... Est-ce qu'une majorité d'étudiants ont voté pour eux ? Ou bien leur vote est plus PQ ? Combien ont voté pour la CAQ et le PLQ ? Quoi, ils sont plus nombreux que ceux ayant voté QS et O.N. ?

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 25 novembre 2012 11 h 20

      « J,ai l'impression que la FECQ est plus représentative dans beaucoup de Cégeps».

      Et cette impression vous permet de formuler des jugements?

      Quel esprit critique!

      Moi j'ai l'impression que la majorité des Québécois approuvent la gestion libérale, et c'est évident que les Lavalois étaient très contents de M. Vaillancourt. Par chance, une minorité impliquée et informée a permis de se sortir de cette apathie.

      Ce qu'on ne comprend pas avec notre mentalité monarchiste, c'est que le changement doit être issu de la base, pas du bon berger. C'est ce que la FECQ est incapable de faire, et qui heurte les étudiants qui se sont impliqués sans se sentir représentés.

      Permettre aux étudiants, verts ou rouges, de débattre et de prendre des décisions à toutes les échelles serait sain pour leur engagement civique, et conséquemment pour l'implication citoyenne. Cela passe par une désafiliation de la FECQ.

    • Denis Therrien - Inscrit 25 novembre 2012 11 h 57

      @Alexis Lamy-Théberge

      Faux. Les Québécois désapprouvent et désapprouvaient fort majoritairement la gestion libérale et celle de Vaillancourt aussi.

      pour ce qui est de la désaffiliation de la FECQ, les organisations locales peuvent avoir des reproches justifiés.

      Autre point, j'ai rien contre les mouvements sociaux et encore moins les étudiants et c'est bien vrai qu'ils sont des facteurs de changements. Mais, par contre, ceux, qui vont mettre en oeuvre les changements devront nécessairement passer par le pouvoir sinon on rete dans l'utopie pour l'utopie.

      Non c'est pas un berger la personne qui met en oeuvre les changements mais c'est quelqu'un de pragmatique, un moment donné. Que les mouvements sociaux disent après coup que c,est grâce à eux qui en parlaient pendant des années que cela s,est fait, je veux bien et ensuite ils poursuivent la lutte.

      Les mouvments sociaux dans leur vision idéaliste et pargois utopiste ne peut pas être au pouvoir mais peut le surveiller, le critiquer et proposer des changements pour l'avenir. On verra bien.

      Je suis pour la participation et l'implication des citoyens et selon leurs disponibilités, c'est pour cela qu'il faut une part de représentation.

      Les jeunes de la présente génération seraient moins apathiques que la précédente ? Pas certain, pour ma part, ils sont juste plus nombreux et conscients de leur poids politique. C'est cela la différence avec les ''X''. Peut-être plus cyniques car, ils auraiet eu beau se plaindeleur poids n'était pas là. Et il l'est toujours pas.

      Les ''Y'' auront probablement un réel pouvoir à Québec dans 15 ans et plus quand les baby-boomers seront retirés.

    • Denis Therrien - Inscrit 25 novembre 2012 12 h 17

      Qui vous dit que c'est mieux géré à Montréal présentement ? Et à Laval ?

      Bien sûr qu'ilfaut dénoncer un système corrompu mais il faut aussi former les futurs fonctionnaires et élus à être intègres et les surveiller.

      Oui les citoyens puevent participer, s'impliquer, débattre mais ils sont aussi obligés de déléguer des fonctions et de se faire représenter politiquement.

      Pour les cas de corruption et pour d'autres scandales, ils sont pour la plupart très grossiers. Et il faut vraiment avoir fermer les yeux pour ne pas les avoir vus. Cela n'avait et n'a aucun sens.

      Si on fait une vérification rigoureuse des finances, il est pas possible de cacher de l'argent aussi facilement. Il a aussi des principes de gestion et de contrôle interne aussi simples que la séparation des tâches qui ne sont pas impliqués dans plusieurs cas de fraudes pour élargir encore plus le sujet.

      Oui, oui les gens peuvent débattre mais pendant qu'ils débattent sur des politiques d'autres magouillent dans les comptes publics.

      Oui,oui, les étudiants, impliquez-vous... Localement et surveillez les fédérations et demandez qu'on vous rende des comptes. Aux étudaints d'y voir et d,aller rencontrer leurs représentants locaux ou même de faire parti du comité exécutif. À eux aussi d'accepter d'être dans le même comité que des potentiels adversaires politiques. C,est pas possible ? Bien au moins parlez-vous, plutôt que cela se retrouve devant les tribunaux.
      .

    • Denis Therrien - Inscrit 25 novembre 2012 13 h 15

      Moi j'irais avec un défi...

      On prendrait une université dont on remercierait le recteur ou bien on ne le remplacerait pas.

      Maintenant, on va faire de l'auto-gestion et de la gestion participative par les profs, les étudiants et les autres membres du personnel.

      Votre budget pour l'année x ou y est de tant. Arrangez-vous por le respecter. Augmenter les frais de scolarité, vivez la gratuité scolaire, admettez plus ou moins d'étudiants dans les programmes...

      Il faut apprendre à négocier avec du concret et vous devriez rendre des comptes, vous fixer des objectifs à court, moyen et long terme.

      Comme aussi des travailleurs dans des coopératives de travail, vont-ils se payer des salaires plus élevés que leurs concurrents au détriment de la survie à long terme de leur emploi ? je ne penserais pas.

      Il y a déjà une part de participation mais insuffisante, il me semble avoir lu que les projets immobiliers de l'UQAM étaient pourtant rejetés par la communauté des professeurs. Îlôt Voyageur était un fantasme et idées de grandeur de la direction. Une gestion plus participative aurait pas empêché ce projet là ? Une meilleure reddition de comptes, également.

      Votre budget alloué par Québec serait de tant de $$$. Venez pas vous plaindre après d'être sous-financés, rendez des comptes. C'est à Québec que le débat doit se faire.

      Vous pourriez quand même essayer de convaincre avec tant d'argent, nous obtenons tels résultats avec plus d'argent nous ferions ceci et cela en plus.

      Que les profs décident eux-mêmes de couper ou d,augmenter leurs salaires mais avec des résultats à obtenir. Des objectifs sociaux, économiques, culturels et tout que l'on mesurerait quantitativement et qualitativement.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 25 novembre 2012 19 h 03

      Assez d'accord avec l'esprit de vos commentaires. Pour en finir avec la FECQ, disons que la frustration resurgit après chaque période de négociations, puisque les étudiants ont souvent l'impression qu'il faut pousser les «représentants» pour qu'ils embarquent dans le mouvement de grève, qu'ils torpillent parfois, tout en cherchant à faire rejaillir sur eux tout succès, jusqu'à s'en servir en politique...

      Autrement, les mouvements étudiants sont une bonne école de participation, qui aide à outiller les futurs citoyens et à leur faire prendre conscience de l'importance de l'engagement, et des défis qui découlent de la démocratie, dont les interminables assemblées. D'accord pour dire qu'il faut déléguer, jusqu'à un certain point, les pouvoirs politiques, mais cela ne doit pas nous conduire à fermer les yeux. Comme les électeurs libéraux, ou les Lavallois. Je ne sais pas si ça va mieux aujourd'hui, la démocratie et la surveillance qui doit l'accompagner est lente à s'implanter, surtout quand le peuple a le ventre bien rempli.

      Pour la gestion des universités, depuis 20 ans la proportion de gestionnaires issus de l'éducation a chuté, au profit de gestionnaires issus de l'administration. Dans le cadre d'une gestion saine, accompagnée des suivis que vous proposez, il est nécessaire de permettre aux intervenants de participer à la définition des objectifs et des indicateurs. Cela est très difficile dans le cadre de la scolarisation d'une société (je suis évaluateur de programmes), mais mérite certainement d'être tenté.

      Les gestionnaires de carrière, qui dirigent actuellement le système universitaire, sont plutôt obsédés par la question du financement, beaucoup trop lié au nombre d'étudiants, ce qui les pousse à ouvrir des campus régionaux, à multiplier l'offre de cours et le nombre de programmes, sans toujours assujetir ces orientations à une bonification de l'enseignement.