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    Vague de désaffiliation à la FECQ

    La Fédération étudiante se voit notamment reprocher par des membres un manque de transparence et une culture démocratique déficiente

    24 novembre 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services.
    Pour lire la lettre ouverte envoyée aux médias
    Maintes fois critiquée pour son manque de transparence et aux prises avec des problèmes financiers, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) est de nouveau dans la tourmente. Elle s’apprête à faire face à une nouvelle vague de désaffiliation, alors que des consultations sur le sujet se tiendront dans plusieurs cégeps au cours des prochains mois, a appris Le Devoir.

    En effet, des votes de reconsidération de l’affiliation à la FECQ se tiendront au cégep de Rimouski (28, 29 et 30 novembre), et le cégep de Granby-Haute Yamaska lance lundi une campagne de désaffiliation. D’autres consultations devraient se tenir prochainement dans deux autres associations, soit au cégep de Chicoutimi et à l’École nationale d’aérotechnique (un campus d’Édouard-Montpetit).


    Dans une lettre ouverte envoyée aux médias signée par 29 actuels et anciens membres d’associations étudiantes d’au moins une dizaine de collèges différents, on parle de « la plus grande vague de consultation de désaffiliation dans un si court laps de temps de toute l’histoire de la fédération ». « La crise qui frappe actuellement la FECQ est le fruit d’une dynamique interne malsaine résultant d’un profond manque de transparence, d’une valorisation très déficiente de la démocratie et d’un manque flagrant de respect pour les décisions prises démocratiquement par le congrès ou une association étudiante membre », peut-on lire.


    Les reproches à l’origine de ce ras-le-bol collectif envers la FECQ sont nombreux. À commencer par le manque de transparence, un problème récurrent. Les états financiers et plans de campagne sont tenus confidentiels et les délégués se plaignent de devoir approuver des budgets auxquels ils ne comprennent rien. Certains procès-verbaux contenant des décisions prises par la fédération ne seraient pas publiés depuis un an, malgré l’adoption d’une résolution obligeant à les rendre publics.


    La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, admet que la question de la transparence revient souvent. « Mais c’est un débat où participent tous les membres de la FECQ. Il y a eu un appel de mémoires par rapport à la question de la confidentialité et il a été décidé que les états financiers et les plans de campagne devaient être confidentiels. On essaie de faire croire que c’est une grosse clique méchante qui prend les décisions, mais ça a été fait démocratiquement », a-t-elle dit.


    Les signataires de la lettre ouverte jugent la culture démocratique « déficiente ». Ils dénoncent le fait que les orientations des plans d’action soient débattues au début de l’été et adoptées à la mi-août, alors que les campus sont déserts. Ils déplorent que les décisions soient souvent prises par l’exécutif national de la fédération et ensuite soumises aux associations locales.


    Enfin, dans cette lettre coup de gueule qui dresse une longue liste de reproches, les signataires s’estiment très mal représentés. Aucune intervention publique du président de la FECQ pendant la grève, Léo Bureau-Blouin, n’a reflété un mandat adopté qui évoquait la gratuité scolaire, pas plus que la violence de l’État à l’égard des étudiants n’a été condamnée, se désolent des exécutants à qui Le Devoir a parlé. Même la proposition prônée par M. Bureau-Blouin de compenser une réduction de la hausse des droits de scolarité en rendant moins généreux le crédit d’impôt pour les études postsecondaires ne faisait pas l’unanimité. « Elle avait été tablettée pour sauver la face à Léo, mais il l’a ressortie pendant les négos. Ça me révolte qu’il prétende parler au nom des étudiants », a dit Sean-Olivier Parent, ancien représentant externe des étudiants du cégep de Rimouski.

     

    Autodétermination


    Autre pomme de discorde entre certaines associations locales qui ont tenu des consultations pour se désaffilier et la fédération : cette dernière refuse de reconnaître l’issue du vote parce qu’elle juge que les processus de renoncement n’étaient pas conformes aux lois. C’est ainsi que les associations représentant les étudiants des cégeps André-Laurendeau, Alma, Saint-Félicien et Shawinigan (environ 7000 au total) figurent toujours sur le site Web de la FECQ et sont comptées dans ses 80 000 membres, malgré des votes de désaffiliation.


    Le président de l’Association des étudiants du Cégep d’Alma, Pierre-André Lebeuf, considère que son association n’est plus membre de la FECQ depuis mai dernier, à l’issue d’un vote en assemblée générale. « Contrairement à ce que dit la FECQ, ce sont nos statuts et règlements qui ont préséance », a-t-il dit, précisant que son association cessera de payer ses cotisations à la FECQ à l’hiver. « La FECQ envisage de doubler ses cotisations devant le gouffre financier. Elle ne veut pas reconnaître les cégeps qui se désaffilient. […] J’appelle ça un mensonge. »


    Selon Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services. « Elles suivent un processus qui n’est pas légitime. Oui, ils suivent leurs statuts, sauf que quand on est affilié à un syndicat, on adhère aux règlements généraux de cette centrale-là, c’est la même chose pour nous », a-t-elle soutenu.


    Même si le processus n’est pas respecté, il est difficile d’aller à l’encontre de ce qui relève du principe internationalement reconnu de l’autodétermination des peuples, note Stéphane Beaulac, professeur de droit à l’Université de Montréal. « La forme ne doit jamais l’emporter sur le fond. C’est un adage bien ancré dans le monde juridique. Même si une procédure en place devrait être respectée à la lettre, il peut y avoir des accrocs quand même », a-t-il indiqué. « Ultimement, on voit mal comment on pourrait forcer une association, contre son gré, à rester à l’intérieur d’une structure fédérale. »

    Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, les étudiants dans les associations locales ne sont pas bien informés sur ce que la FECQ peut leur offrir comme services. L’ex-président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, reçoit aussi sa part de reproches.












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