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    Budget du Québec - Ça change quoi?

    22 novembre 2012 |Josée Boileau | Éducation
    En entrevue au Devoir il y a quelque vingt ans, Yves Séguin, qui fut ministre du Revenu comme des Finances, avait eu cette jolie phrase : le discours du budget, « c’est le moment par excellence où un gouvernement parle à son peuple ». Le gouvernement de Pauline Marois ayant plutôt eu le souci de parler aux marchés pour les rassurer, faut-il s’étonner que le peuple s’en trouve un peu mêlé ?

    Passe encore que, par réalisme économique, le budget péquiste de mardi ait laissé de côté une hausse des redevances minières, promesse pourtant dûment faite et répétée en campagne électorale. On consultera, dit-on maintenant, comme le souhaitait l’industrie minière. Entre l’étiquette de gouvernement écologique et la nécessité de ménager l’industrie, le choix a été fait.


    Mais il n’y a pas de raison économique à plaider pour expliquer qu’en matière d’éducation, le gouvernement du Parti québécois ait décidé, apprend-on dans les documents budgétaires, de maintenir deux idées libérales que les péquistes avaient sévèrement critiquées quand ils étaient dans l’opposition : l’anglais intensif en 6e année et l’achat de tableaux blancs interactifs. Des mesures improvisées, qui auraient bien mérité qu’on les range dans la catégorie : à stopper !


    Interrogée mardi, la ministre de l’Éducation Marie Malavoy s’est retranchée derrière une panoplie d’arguments : on ne va pas abolir ce qui se fait déjà, il n’y a pas d’économies à faire là, nous ferons un bilan et réfléchirons avant de bouger.


    Quel curieux raisonnement ! Prenons d’abord le programme des tableaux interactifs. Il a été lancé sans avertissement et sans consultation par les libéraux l’an dernier. Au total, 240 millions lui sont réservés sur cinq ans, et la mise en place de ces tableaux est toujours loin de faire l’unanimité dans le milieu de l’enseignement. Les arguments ne manquent pas pour bloquer les dépenses à venir, quitte à redessiner un autre programme de développements technologiques dans les écoles.


    Des économies de bouts de chandelle ? L’achat de 5000 tableaux actuellement en appel d’offres (au total, il s’agit d’en acquérir 40 000) représente 30 millions de dollars - autant, pour ne donner qu’un exemple, que la construction de 390 logements sociaux qui auraient pu s’ajouter aux 3000 unités annoncées dans le budget, soit en deçà des besoins.


    Quant à l’anglais intensif en 6e année, entre l’engouement des parents qu’on affole parce que leur enfant n’est pas bilingue à 10 ans et le réalisme de la mesure, la ministre a choisi de ne pas trancher, même si là aussi, les libéraux avaient lancé l’idée sans mesurer ce qu’ils faisaient.


    Les obstacles sont nombreux. Citons simplement le manque d’enseignants en anglais. Ou le sort des élèves en difficulté. Ou le cas de Montréal, où les enfants d’immigrants occupent une place dominante dans les écoles et où passer la moitié de l’année scolaire en anglais contredit parfaitement le message d’une société qui dit que s’intégrer doit se faire en français. Trouver des solutions à tant d’écueils, on s’en doute, coûtera cher. Et la pertinence même du programme peut être rediscutée.


    Au lieu de quoi, en dépit de déclarations antérieures, la ministre continue d’avancer au prétexte que l’application intégrale du programme n’est prévue que pour 2015 et que les expériences actuelles n’ont pas d’incidence dans le budget. De toute manière, « on n’a jamais pensé l’abolir », a-t-elle indiqué à notre journaliste.


    Mais alors, au rythme des promesses oubliées et de tout ce qui ne change pas, même quand il s’agit de dossiers mal ficelés, peut-on poser la question : ça sert à quoi un nouveau gouvernement ?

     
     
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