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    Québec nie le sous-financement des universités

    Les recteurs dénoncent «une manière de compter qui donne un reflet incomplet et faussé de la réalité»

    9 novembre 2012 |Marie-Andrée Chouinard | Éducation
    La première ministre Pauline Marois, flanquée du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, et de l’adjoint parlementaire Léo Bureau-Blouin, a dévoilé jeudi la démarche qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur, un engagement du Parti québécois formulé en campagne électorale en réponse à la crise étudiante historique du printemps.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre Pauline Marois, flanquée du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, et de l’adjoint parlementaire Léo Bureau-Blouin, a dévoilé jeudi la démarche qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur, un engagement du Parti québécois formulé en campagne électorale en réponse à la crise étudiante historique du printemps.
    Le Sommet sur l’enseignement supérieur n’est pas aussitôt lancé qu’une première pomme de discorde rompt l’harmonie espérée : les recteurs sont en effet déçus et mécontents de constater que Québec ne reconnaît pas le sous-financement de leurs universités, comme en fait foi le document d’information dévoilé jeudi.

    La première ministre Pauline Marois, flanquée du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, et de l’adjoint parlementaire, Léo Bureau-Blouin, a dévoilé jeudi la démarche qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur, un engagement du Parti québécois formulé en campagne électorale en réponse à la crise étudiante historique du printemps.


    Dans le document d’information Préparons le Sommet dévoilé à cette occasion, une présentation des principaux indicateurs de l’enseignement supérieur rappelle que « la dépense globale par étudiant des universités du Québec » en 2009-2010 était de 29 414 $, selon un calcul additionnant le fonctionnement général, la recherche subventionnée et les immobilisations. On y indique que, « malgré le fait que le coût de la vie est moins élevé » au Québec que dans certaines autres provinces, « nous investissons plus », avec une facture de 1 % plus importante que dans le reste du Canada.


    Les recteurs s’évertuent plutôt depuis des années à démontrer le retard du Québec, en matière de financement des universités, par rapport à la moyenne canadienne. L’impression de ces chiffres dans un document officiel destiné à lancer la discussion prend les allures d’un désaveu du sous-financement qu’ils revendiquent.


    Le calcul choisi par Québec fait donc bondir les recteurs. « Nous sommes très déçus », a indiqué jeudi Daniel Zizian, p.-d.g. de la CREPUQ (Conférence des recteurs et principaux d’université du Québec). « Cette manière de compter donne un reflet incomplet et faussé de la réalité du financement des universités parce que, dans les faits, les fonds de recherche octroyés aux chercheurs pour des fins spécifiques ne peuvent pas être transférés par les universités pour l’enseignement. Suivant cette logique erronée, on pourrait déshabiller la recherche pour habiller l’enseignement. Or on ne peut pas faire ça ! »


    La CREPUQ a fait connaître au ministère de l’Enseignement supérieur son mécontentement par rapport à ce choix et s’inquiète pour la suite des choses. « Nous allons le répéter sur toutes les tribunes : ce n’est pas vrai que le sous-financement des universités a disparu comme par magie », poursuit M. Zizian.


    Rappelons que, sitôt nommé, Pierre Duchesne avait indiqué qu’il souhaitait voir tous les chiffres afin d’être convaincu du sous-financement des universités, que la CREPUQ, dont la dernière étude sur le sujet remonte à 2010, estime maintenant à 620 millions de dollars par an.

     

    Le dialogue après la crise


    La première ministre Marois a indiqué que son gouvernement ouvrait son « grand-angle » pour aborder un « enjeu vital », celui de la prospérité de la nation par le truchement du savoir. « Nous voulons poser les jalons d’une véritable société du savoir pour tous », a-t-elle indiqué, rappelant l’importance, à une autre époque, des conclusions du rapport Parent.


    Pour permettre le « débat constructif », la démarche retenue prévoit d’abord une longue période de consultation sur quatre thèmes choisis : la qualité de l’enseignement ; l’accessibilité et la participation aux études ; la gouvernance et le financement des universités ; et la contribution des établissements et de la recherche au développement du Québec. Cette préparation en amont comprendra des échanges avec la population, une tournée et des événements spéciaux, et quatre rencontres thématiques, dont la première, sur la qualité de l’enseignement, aura lieu à Québec les 29 et 30 novembre prochains.


    Le Web, les réseaux sociaux et l’expertise de l’Institut du Nouveau Monde en animation citoyenne nourriront les échanges, le tout devant mener au sommet lui-même, en février.


    « On était dans la politique de la division. On est maintenant dans la politique du dialogue », a indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, qui a précisé qu’il souhaite ratisser beaucoup plus large que les seuls droits de scolarité. « Tout est sur la table », a-t-il dit.


    Interrogée sur le droit de grève des étudiants, la première ministre a répondu que « la démocratie étudiante devrait être abordée dans le cadre des réflexions ». Son gouvernement croit toujours à l’indexation des droits de scolarité, une position défendue en campagne électorale, mais souhaite entendre toutes les propositions, de la gratuité scolaire à la hausse.


    La Fédération étudiante universitaire du Québec voit d’un bon oeil la démarche choisie par Québec, mais l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) a l’impression que les dés sont jetés avant la tenue du débat, notamment sur la question de l’indexation des droits.

     
     
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