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    Sommet sur l'enseignement: rebâtir des ponts et définir l'avenir de l'éducation

    8 novembre 2012 16h52 | La Presse canadienne | Éducation
    Le ministre Duchesne est fort conscient que certaines associations étudiantes plus revendicatrices préconisent la gratuité scolaire plutôt que l'indexation des frais de scolarité.<br />
    Photo : Jacques Nadeau -Le Devoir Le ministre Duchesne est fort conscient que certaines associations étudiantes plus revendicatrices préconisent la gratuité scolaire plutôt que l'indexation des frais de scolarité.
    L'heure n'est plus à la confrontation, mais plutôt à la discussion, a fait valoir jeudi le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, tendant la main aux étudiants qu'il invite au Sommet sur l'enseignement qui aura lieu à la mi-février.

    «Je pense qu'on manifeste fortement quand on n'est pas entendu, quand il n'y a pas d'espace pour s'exprimer, quand il n'y a pas de table où on peut se réunir (...) Moi, je dis à ces gens, au mouvement étudiant en général, que ce temps-là est terminé», a-t-il tranché lors du dévoilement de la démarche consultative qui mènera au Sommet sur l'enseignement supérieur.

    Le ministre Duchesne est fort conscient que certaines associations étudiantes plus revendicatrices, dont l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), préconisent la gratuité scolaire plutôt que l'indexation des frais de scolarité, formule privilégiée par le gouvernement Marois.

    La veille, l'ASSÉ avait d'ailleurs prévenu Pierre Duchesne qu'il pouvait s'attendre à des manifestations en marge de ce sommet, qui aura lieu à Montréal à la mi-février après quatre rencontres thématiques à Québec, Trois-Rivières, Rimouski et Sherbrooke.

    Et à l'issue de la conférence de presse, auquel participaient également la première ministre Pauline Marois et son adjoint parlementaire pour les dossiers jeunesse, Léo Bureau-Blouin, le regroupement étudiant a signifié que ses associations membres ne se bousculaient pas au portillon.

    «On attend que les associations étudiantes se prononcent sur le sujet, mais pour l'instant, il n'y a pas d'intérêt à y participer qui a été manifesté par les assemblées générales», a déclaré laconiquement l'un des porte-parole de l'ASSÉ, Jean-Michel Savard.

    La première ministre Pauline Marois a invité les participants à ce sommet
    à faire preuve d'ouverture et de sérénité. Elle a nié que le gouvernement avait déjà fait son lit sur la question des frais de scolarité et a assuré que la gratuité scolaire n'était «pas exclue d'office». Elle a cependant réitéré que l'atteinte de cet objectif demeurerait très difficile.

    Mme Marois a par ailleurs formulé le souhait que le débat des frais de scolarité n'occulte pas les autres thèmes qui feront l'objet de discussions, dont la qualité de l'enseignement supérieur, la gouvernance et le financement des universités ainsi que la recherche universitaire.

    «Le champ de réflexion est très large, très vaste, et moi, ce que je souhaite, c'est que les autres aspects de ce sommet aient autant d'importance (que les frais de scolarité), si ce n'est davantage, parce qu'on veut sortir de là en définissant quelle sera la société du savoir dans laquelle nous vivrons», a-t-elle déclaré.

    La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) se réjouit à l'idée de participer aux consultations et juge l'exercice très positif pour l'avenir de l'éducation post-secondaire au Québec.

    «Tous les éléments sont là pour avoir un débat fructueux qui va mener à des conclusions qui vont permettre de faire évoluer notre système d'enseignement supérieur. Évidemment, ça va dépendre de l'ouverture et de l'intelligence de chacun de ces acteurs qui seront invités à ce débat-là», a indiqué la présidente de la FECQ, Éliane Laberge.

    Scepticisme

    Du côté de Québec, les partis d'opposition ont accueilli avec beaucoup de scepticisme l'annonce du gouvernement péquiste.

    L'opposition libérale ne s'engage même pas pour l'instant à y participer, tellement elle estime que «les dés sont pipés» en faveur d'un gel des droits de scolarité, qui aura pour effet de miner le financement des universités selon elle.

    Le sommet est «déjà orienté», a commenté en point de presse le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, le député Gerry Sklavounos.
    Chose certaine, à ses yeux, le gouvernement met la table pour qu'au lendemain du sommet «c'est le contribuable qui va finir par payer» la note du financement des universités. «Ça part mal», selon lui.

    La Coalition avenir Québec (CAQ) ne paraît pas davantage rassurée. Elle estime que le gouvernement a mal posé la question de départ, en refusant de reconnaître et d'évaluer le sous-financement des universités avant de se lancer dans un exercice de consultation.

    En point de presse, le chef de la CAQ, François Legault, a dit qu'en 2010, le sous-financement des universités québécoises était évalué à 500 millions $, une donnée de base que le gouvernement semble vouloir ignorer.

    «Si on ne reconnaît pas le sous-financement, ce sera le sommet des illusions», a-t-il dit craindre, plaidant pour que les universités québécoises demeurent compétitives avec celles des autres provinces.

    Mais contrairement aux libéraux, les caquistes affirment d'emblée qu'ils vont participer aux travaux et chercher à y défendre leurs idées.

     
     
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