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    McGill - La chimie «verte» est la chimie de l’avenir

    Science, santé et environnement doivent être des préoccupations constantes

    3 novembre 2012 |Jacinthe Leblanc | Éducation
    Les étudiants aux cycles supérieurs en chimie à McGill ont une occasion d’avoir un impact réel sur les enjeux planétaires.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Les étudiants aux cycles supérieurs en chimie à McGill ont une occasion d’avoir un impact réel sur les enjeux planétaires.
    Il est non seulement possible de passer par la chimie pour résoudre des problèmes concrets du XXIe siècle, mais il est aussi souhaitable de le faire dans une perspective de durabilité et de compatibilité avec l’environnement et la santé. Reconnue mondialement dans le domaine de la chimie verte, l’Université McGill peut compter sur le dynamisme de ses professeurs et de ses étudiants aux deuxième et troisième cycles pour continuer d’innover dans cette matière.

    Audrey Moores est professeure de chimie à McGill. Elle est l’une des quatre personnes au Département de chimie à avoir l’étiquette « chimie verte » accolée à son sarrau. Pour elle, la chimie verte cherche à résoudre des problèmes concrets comme la pollution, « tout en faisant de la science, avec les mêmes niveaux d’excellence que les autres ». Deux aspects sont liés à ce concept : « S’occuper à rendre la chimie plus compatible avec l’environnement et la santé » et « s’attaquer à des problèmes écologiques bien particuliers et utiliser la chimie pour y répondre », clarifie-t-elle.


    Bien consciente que beaucoup perçoivent la chimie comme source d’agents polluants, Mme Moores admet volontiers que « des problèmes viennent du fait qu’on a mal géré la chimie. Mais, précise-t-elle, il faut aussi comprendre que, selon les défis que l’humanité a devant elle, cela ne se fera pas sans la chimie. Ce n’est pas possible. » Les étudiants aux cycles supérieurs en chimie à McGill ont donc une occasion d’avoir un impact réel sur les enjeux planétaires.


    Meilleur et moins cher!


    À l’Université McGill, le département est spécialisé dans les procédés, soit les moyens d’obtenir un résultat. Autrement dit, il s’agit de « faire de la “ meilleure chimie ”, [d’]être capable de fabriquer des matériaux de façon moins coûteuse », indique Mme Moores.


    Ceux qui se concentrent principalement sur la chimie verte travaillent aussi sur la catalyse, au sens où « on essaie de trouver de nouveaux catalyseurs, c’est-à-dire des matériaux qui vont accélérer les réactions, les rendre plus faciles et plus simples pour qu’on n’ait pas besoin d’utiliser autant de ressources ». Actuellement, la professeure et son équipe expérimentent avec le fer, qui est moins cher et moins toxique, comme solution de remplacement aux métaux lourds dans certains procédés.


    Et il est important d’avoir des étudiants aux cycles supérieurs dans le domaine de la chimie verte. Leur présence est absolument essentielle, aux yeux de la professeure, puisque « ce sont eux qui font la recherche derrière » ! Ils en deviennent une partie intégrante. « Pour eux, explique Mme Moores, c’est une exposition très forte à ces problématiques, et, en même temps, ils développent des techniques associées au fait de travailler dans ces conditions-là. Les [cycles supérieurs] sont vraiment un échelon essentiel de cette recherche. »

     

    Un atelier précurseur


    Ayant constaté que la quantité de technologies partant du laboratoire vers l’industrie n’était « pas si grande que ça », Audrey Moores et ses collègues ont décidé de bâtir des ponts entre les divers domaines pour voir comment l’information pourrait mieux circuler d’une discipline à l’autre. « Ce n’est pas facile, parce qu’on parle un langage différent. Et on a des temps typiques qui sont différents, souligne Mme Moores. Le temps de la recherche n’est pas du tout le temps du business. On n’a pas de contact les uns avec les autres. » C’est donc pour cette raison, entre autres, que les différents professeurs ont mis sur pied un atelier multidisciplinaire, les 7 et 8 septembre derniers, mettant en contact les étudiants des cycles supérieurs de chimie, d’ingénierie et du programme de MBA.


    À partir d’un cas réel, ils ont travaillé ensemble et appris à communiquer et à adapter leur discours pour bien se comprendre. Ce qui leur permet de briser des préjugés et les aide à mieux comprendre « les barrières à l’implantation de la chimie verte dans l’industrie ». Audrey Moores résume ainsi : « Il y a de grosses barrières culturelles, en fait. […] Et on pense que, parmi la formation des étudiants diplômés, on doit répondre à ce problème et essayer de changer la culture des étudiants. » Voir l’envers du décor aide ces étudiants à « défendre la chimie verte dans le contexte professionnel ». L’atelier multidisciplinaire sur des projets de chimie verte sera à nouveau donné l’année prochaine, étant donné son succès et sa pertinence dans les différents champs d’étude.


    La chimie de l’avenir


    La chimie verte remplacera un jour la chimie dite traditionnelle, puisqu’elle s’insère dans l’air de son temps et prend en compte la complexité du système. « Intellectuellement, c’est ça qui se passe », soutient la professeure. Toutes les sciences sont d’ailleurs en train de vivre ce virage. Tout est relié et, « dès qu’on touche à quelque chose, ça change tellement d’autres aspects qu’on doit regarder le système global ». La chimie verte devient donc la porte d’entrée de la chimie vers le système complexe.


    Dans son travail, Audrey Moores soulève des questions qui sont d’actualité : « Si j’arrête de faire du pétrole et que je passe à la biomasse, qu’est-ce que ça change dans mon industrie chimique ? Comment cela va changer les molécules dont on dispose ? Le prix de ces molécules ? Leur utilisation ? » L’intégration de la chimie verte devient donc nécessaire lorsqu’il est question de transition. « Je pense, conclut la professeure, que c’est la chimie de l’avenir, parce qu’elle se place vraiment au confluent de la science et de la société et qu’elle permet de penser cette transition-là. »


    Il est non seulement possible de passer par la chimie pour résoudre des problèmes concrets du XXIe siècle, mais il est aussi souhaitable de le faire dans une perspective de durabilité et de compatibilité avec l’environnement et la santé. Reconnue mondialement dans le domaine de la chimie verte, l’Université McGill peut compter sur le dynamisme de ses professeurs et de ses étudiants aux deuxième et troisième cycles pour continuer d’innover dans cette matière.



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