ÉTS - Le doctorat en génie s’inscrit dans une vision industrielle
«Les études de nos étudiants diffèrent de celles des étudiants des autres facultés de génie»
L’offre de doctorats en génie, dont la direction a été confiée à Robert Sabourin, qui est également professeur de génie en production automatisée, est de même nature que pour tout doctorat ou maîtrise. « La formule que nous avons retenue est celle de deux cours optionnels obligatoires : en vertu de celle-ci, l’étudiant, en fonction de son programme d’études et selon la recommandation de son directeur de thèse, choisit deux cours en vue de parfaire ses connaissances, ce qui lui servira à réaliser son projet de recherche. »
Il dégage le caractère distinctif de l’ÉTS, qui prend forme dès le baccalauréat : « Dans le programme, il y a un examen doctoral, ce qui suppose un exercice d’apprentissage qui s’échelonne sur une année. C’est en partie ce qui nous distingue par rapport à d’autres facultés, dans le sens que, il ne faut pas se le cacher, on offre un doctorat en génie se situant dans les sciences appliquées ; alors, ici, la mission de l’école, c’est le génie mis au service de l’industrie, et je pense que tout le monde vise le même objectif pour y arriver. Toutefois, à l’ÉTS, par la nature même de la clientèle que nous avons au premier cycle, qui fait en sorte que les gens possèdent déjà une formation de technicien, il s’ensuit que cela leur donne une saveur qui fait que les études de nos étudiants diffèrent de celles des étudiants des autres facultés de génie. »
En route vers le doctorat
Il apporte certaines précisions : « À ce niveau, on se distingue vraiment par des enseignements qui se déroulent systématiquement dans le cadre des laboratoires, ce qui rend la démarche pratique très prépondérante. Au doctorat, on favorise les projets en industrie, mais, sur le plan de la formation elle-même, elle se traduit par une distinction en matière d’encadrement ; très tôt, il y a un processus dans ce sens-là qui est enclenché et il en découle rapidement que, dès le deuxième trimestre, l’étudiant doit définir avec son directeur de thèse son sujet de recherche ; de mon côté, j’organise un séminaire en fin de session où chaque étudiant doit présenter, durant 15 ou 20 minutes, celui-ci à tous ses collègues inscrits dans le même cheminement. » Professeur et directeur effectuent par conséquent une première évaluation au début même de la thèse ; par la suite, un comité d’évaluation est formé qui sera chargé de piloter les deux étapes suivantes.
À la fin de cette période, l’étudiant est encore une fois soumis à d’autres tests : « Il passe un examen contrôlé d’une durée de trois heures et il doit préparer une dissertation sur une période de 17 jours, ce qui sert à vérifier les différents aspects de son évolution par rapport à son programme d’études. »
Les chaires font la différence
L’ÉTS se démarque au doctorat par le caractère appliqué des travaux effectués par ses étudiants, qui empruntent deux profils. Le directeur fait le point : « Le programme de recherche appliquée est un classique et il est essentiellement orienté sur la recherche. Celui portant sur l’innovation industrielle relève davantage de la gestion de l’innovation et, actuellement, il n’est pas très populaire, puisqu’il compte tout au plus de trois à cinq étudiants. C’est le premier profil qui est prépondérant, dans lequel on compte environ 360 étudiants. »
La formation en innovation cible une clientèle plus restreinte : « On s’adresse à des gens qui ont déjà un poste en industrie et qui sont appelés à parfaire leurs connaissances. On va reformuler ce programme-là pour l’actualiser, de manière à favoriser davantage les étudiants qui se trouvent dans notre programme de deuxième cycle ou de la maîtrise en gestion de l’innovation ; c’est là une des priorités de l’école dans les années à venir. »
Le fer de lance de l’ÉTS repose donc actuellement sur la recherche appliquée, pour laquelle des alliances ont été tissées avec le milieu industriel : « C’est bien le cas, comme le montre le site web de l’école. On y voit bien qu’on a au total 20 chaires de recherche ; parmi celles-ci, ce qui nous distingue des autres facultés de génie, c’est qu’on a des chaires industrielles qui travaillent vraiment, j’oserais dire “ par définition ”, en partenariat avec l’industrie. On a aussi des chaires de recherche du Canada et, dans ce cas, il importe qu’il y ait des retombées dans le secteur industriel. De plus, on a innové avec la présence de chaires institutionnelles. »
Dès le premier cycle
L’ÉTS se signale à tous les niveaux d’enseignement par le rapprochement avec les activités industrielles qui la caractérise véritablement, comme le confirme Robert Sabourin : « Tout cela est teinté historiquement par le premier cycle, qui a toujours été un programme coopératif comportant trois stages obligatoires en industrie, ce qui se reflète sur les projets qui sont définis au deuxième cycle et ce qui a de plus des répercussions sur le troisième. »
Il cerne la mission première de l’école : « C’est bel et bien le génie pour l’industrie, ce qui date de sa fondation même. Je dirais que, essentiellement, la préoccupation de l’administration et des quelque 150 professeurs, c’est vraiment le partenariat avec le milieu industriel dans les différentes disciplines qui recouvrent pas mal tout le spectre du génie : il y a les départements du génie de la construction, du génie mécanique et électrique, du génie logiciel, de même que celui des technologies de l’information et de la production automatisée. »
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