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«La demande est au-delà de nos espérances»

L’Université de Montréal s’agrandit à… Laval!

3 novembre 2012 | Jessica Nadeau | Éducation
Encouragée par le succès inespéré de son campus à Laval, ouvert il y a à peine un an, l’Université de Montréal envisage déjà un agrandissement et une diversification de son offre, notamment au deuxième cycle.

« La demande est au-delà de nos espérances, soutient Raymond Lachance, vice-recteur aux études de l’Université de Montréal. Nous avons environ 50 % d’étudiants de plus que ce qui était prévu dans le plan de match initial. »


Pour l’université, il s’agit d’un « heureux problème ». Mais le vice-recteur aux études s’interroge sur les répercussions éventuelles d’un tel achalandage, craignant que cela ne se fasse au détriment de l’offre de services, comme ce fut le cas, il y a quelques années, au campus principal de l’Université de Montréal. « Ce serait dommage si, d’une certaine façon, nous nous retrouvions dans une situation où la demande est trop forte et que, dans un campus où les espaces physiques sont limités, nous nous retrouvions dans une situation où nous ne pourrions plus répondre à la demande. C’est peut-être ce qui va arriver dans les prochaines années, je ne le sais pas. »


Agrandir!


Il ne rejette pas l’idée d’agrandir le tout nouveau campus de Laval, dont une large proportion de la clientèle est issue de la couronne nord. « Si jamais les besoins et la demande sont là et que la preuve est faite qu’une expansion doit être faite, elle va se faire à Laval. Nous n’allons pas refaire un autre campus. Nous sommes dans un endroit où il y a du potentiel d’agrandissement possible, c’est cela qui sera la prochaine étape. »


Afin d’évaluer et de mieux cibler les besoins futurs du campus de Laval, la direction de l’Université de Montréal a commandé une étude. Celle-ci fera suite à une première analyse, réalisée au début des années 2000, qui a permis de dégager les grandes tendances de la région pour offrir des programmes adaptés à la clientèle de la couronne nord, qui devenait de plus en plus présente dans le campus montréalais.


« L’étude nous démontrait que Laval allait tranquillement devenir une ville ressemblant à Montréal, avec des problèmes croissants liés aux iniquités sociales et à l’immigration. Sur le plan de la formation, cela nous permettait d’entrevoir des besoins en psychologie, en intervention sociale et en psychoéducation. » Comme le campus montréalais de l’université n’avait pas les espaces et la capacité d’absorber cette nouvelle clientèle, le campus de Laval devenait une option plus qu’intéressante pour l’établissement centenaire.


Idem pour l’enseignement scolaire, avec l’ouverture de nouvelles écoles primaires sur le territoire, et pour le programme de sciences infirmières, qui formera déjà de nouvelles cohortes en janvier pour répondre à la demande croissante. « Notre enquête avait démontré que le Centre de santé et de services sociaux de Laval, qu’on nommait à l’époque la Cité de la santé, allait devenir l’un des plus gros centres hospitaliers au Québec et qu’un deuxième hôpital allait sans doute voir le jour dans la région, ce qui s’est concrétisé à Repentigny. Nous pouvions donc croire que la demande pour les infirmières serait majeure. »


Financement et délocalisation


Le campus de Laval compte actuellement 3500 étudiants, dont le tiers sont à temps partiel, principalement dans des programmes de premier cycle ou de formation continue. Raymond Lalande estime que, lorsque l’université aura atteint sa vitesse de croisière, dans deux ans, elle sera en mesure d’en accueillir 7000. Et il espère être en mesure d’offrir davantage de programmes de deuxième cycle, qui n’avaient pas été ciblés comme prioritaires au départ.


« Ce n’est pas tant qu’il n’y avait pas de besoins aux deuxième ou troisième cycles, répond le vice-recteur aux études. La question était : est-ce que nous, comme université, sommes prêts à offrir des programmes de deuxième ou de troisième cycles ? Nous étions prêts dans certains cas. Mais je peux vous dire que nous avons certains projets de deuxième et de troisième cycles qui sont axés sur l’analyse qui avait été faite à l’époque et qui se sont confirmés. »


Pour lui, le fait d’avoir misé sur le premier cycle, plutôt que sur les cycles supérieurs dès le départ, est garant du désir de l’université d’offrir un service vraiment adapté aux besoins de la collectivité, plutôt qu’à l’aspect économique de la chose. « Certains peuvent dire que plus il y a d’étudiants, plus il y a de financement. Mais l’idée n’est pas là […]. Si nous avions eu un intérêt purement pécuniaire, nous aurions pu dire que nous allions nous concentrer sur des programmes de deuxième ou de troisième cycles, qui sont mieux financés. »


Délocalisation?


Raymond Lalande se défend par ailleurs d’avoir construit un campus délocalisé, un thème qui a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années, et plus particulièrement pendant la crise étudiante du printemps. L’an dernier, à pareille date, des chercheurs associés au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) ont remis en cause la pertinence de la délocalisation des grandes universités francophones et ont recommandé un moratoire sur l’ouverture de campus satellites. La ministre de l’Éducation à l’époque, Line Beauchamp, avait rejeté cette proposition. Mais le sujet est resté sensible et le vice-recteur de l’Université de Montréal l’aborde avec circonspection.


« On a entendu beaucoup de gens décrier la délocalisation des universités. À l’Université de Montréal, nous avons bien réfléchi et nous sommes arrivés à un projet qui est socialement bien pensé. Pour nous, c’est le bassin naturel de l’Université de Montréal, il s’agit simplement de savoir comment l’Université de Montréal adapte son offre en fonction de la clientèle et de la population de sa région. »


Sur ce point, Raymond Lalande est catégorique. « Laval, ce n’est pas un campus délocalisé. On est à 35 minutes de métro de l’université. On est dans notre territoire normal. L’Université de Montréal ne s’est pas installée à Québec ou en Abitibi-Témiscamingue, on a installé un campus dans notre région. »


Pourtant, l’Université de Montréal n’est pas contre la délocalisation des universités en soi. Elle dispose même d’une faculté de médecine à Trois-Rivières. « Notre philosophie, par rapport à la délocalisation, c’est que, si l’Université de Montréal pense que, dans certains cas, cela peut être avantageux de se délocaliser, elle le fera. »


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