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    Et si on dotait Montréal d’un centre de technologie spatiale?

    McGill dépose son projet consistant à être pour le Canada ce qu’est Caltech en recherche

    27 octobre 2012 |Claude Lafleur | Éducation
    L’Université McGill rêve de doter Montréal d’un grand centre de recherche spatial. Nous avons un potentiel unique au Canada, constate-t-on. C’est ainsi que nos universités pourraient s’associer à l’Agence spatiale canadienne pour créer un centre d’excellence comparable au fameux Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

    Le JPL fait autorité : nous lui devons l’exploration de Mars à l’aide de véhicules tout-terrain, de Jupiter, de Saturne et bientôt de Pluton grâce aux sondes Galileo, Cassini et New Horizons, de même que l’étude des confins du système solaire par les Voyager…


    « La NASA dispose de plusieurs campus de recherche, relate Matt Dobbs, professeur au Département de physique de l’Université McGill. Il y a entre autres le JPL en Californie, l’un des centres de recherche les plus performants au monde. On y développe principalement des technologies servant à explorer l’espace. Or le JPL est associé à Caltech [California Institute of Technology], un établissement universitaire. Il s’agit d’un mariage de rêve, puisqu’il combine les deux pôles de la recherche scientifique. »

     

    «Le meilleur des deux mondes!»


    Le professeur Dobbs explique en effet que Caltech est une université où, par conséquent, ceux qui y enseignent bénéficient de la liberté de recherche. « Ces chercheurs dis


    Par contre, poursuit-il, le fonctionnement d’un laboratoire comme le JPL est avant tout « pragmatique », c’est-à-dire qu’on se doit d’y appliquer des plans à long terme avec des objectifs précis à réaliser, comme envoyer un robot sur Mars. « Par conséquent, ceux qui y travaillent doivent se concentrer sur des tâches précises, et non se lancer vers n’importe quelle idée ! », souligne M. Dobbs.


    Ce sont là les deux pôles de la recherche scientifique, note-t-il. La liberté de recherche pour la poursuite d’idées novatrices et la réalisation de projets concrets. En outre, dans le cas du JPL et de Caltech, ce sont des établissements voisins, de sorte que bon nombre de chercheurs qui oeuvrent dans la première travaillent également pour le second « Voilà qui permet de tirer parti des meilleures idées, tout en les appliquant de façon concrète à la réalisation de projets. C’est le meilleur des deux mondes ! »


    Nous pourrions faire de même à Montréal, en associant nos universités aux laboratoires de l’ASC situés à Saint-Hubert. « L’Agence spatiale canadienne réalise des travaux de classe mondiale, estime le chercheur, mais elle ne fonctionne pas comme une université. Ceux qui y travaillent n’ont pas la liberté de poursuivre n’importe quelle idée. Toutefois, si on associait directement la recherche universitaire et ce qui se fait à Saint-Hubert, là, on créerait une synergie digne du JPL de la NASA. »


    Matt Dobbs insiste cependant sur un fait capital : « La proximité est la clé du succès. » Il importerait en effet que les spécialistes puissent à la fois effectuer de la recherche à l’université et des travaux pratiques à l’ASC. Voilà pourquoi Montréal, et non Toronto, Winnipeg ou Vancouver, possède un atout unique au Canada. « Le JPL n’est pas associé à l’Université de Berkeley, pourtant une très très bonne université, dit-il, parce que celle-ci est trop éloignée pour que les chercheurs se promènent d’un lieu à l’autre. »

     

    Naissance d’une expertise spatiale


    Peu de gens savent que, depuis l’an 2000, l’Université McGill a développé une expertise particulière dans le domaine spatial, qui pourrait servir de noyau à un éventuel centre d’excellence en technologie spatiale. Cette expertise s’étend de l’étude du cycle de l’eau jusqu’aux balbutiements de l’Univers, en passant par la mise au point d’équipements servant à contrôler les satellites et à explorer Mars, y compris même la recherche de vie extraterrestre.


    C’est ainsi qu’un chercheur comme Wayne Pollard étudie l’environnement désertique polaire depuis la station de recherche canadienne dans l’Arctique. « Notre capacité à vivre dans le Grand Nord et à étudier ce qui s’y passe nous donne un aperçu de ce qui se passe sur des planètes froides », relate Matt Dobbs. En quelque sorte, on y apprend à étudier une planète comme Mars.


    De son côté, Pavlos Kollias étudie le cycle de l’eau à l’aide de satellites qui scrutent le sol et l’atmosphère terrestres : comment l’eau arrose les grandes prairies de l’Ouest, puis s’écoule jusqu’aux Grands Lacs, avant de s’évaporer pour former des nuages et finalement retomber à nouveau ? « Ces travaux concernent non seulement l’avenir économique du Canada et la gestion de notre vaste territoire, mais également les impacts des changements climatiques sur l’avenir du pays », résume son collègue Dobbs.


    Pour sa part, Boswell Wing s’intéresse à la recherche de la vie dans l’Univers… en regardant ce qui se passe sur la Terre ! « Si on veut espérer un jour être capable de repérer des signes de vie sur une autre planète, il faut d’abord comprendre comment celle-ci s’est propagée sur la Terre, relate-t-il encore. C’est justement ce à quoi se consacre le professeur Wing. »


    Quant à lui, Matt Dobbs fait partie d’une équipe internationale qui tentera bientôt de lancer un ballon stratosphérique depuis l’Antarctique qui portera un télescope destiné à étudier la naissance de l’Univers, rien de moins ! « Nos théories prédisent que, peu de temps après le Big Bang, il s’est dégagé, en même temps que de la lumière et de la chaleur, des vagues gravitationnelles, dit-il. Or personne n’est jamais parvenu à détecter ces vagues. Nous pensons avoir conçu un télescope capable d’y parvenir. » Si tout va bien, donc, le ballon porteur du télescope EBEX sera lancé au début de décembre et permettra des observations astronomiques durant un mois.


    Peut-être une grande première à l’horizon?


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