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    Étude - Technologie à l’école : les étudiants sont moins enthousiastes que leurs professeurs

    10 octobre 2012 | Fabien Deglise | Éducation
    L’enseignement à l’aide d’outils technologiques d’apprentissage est davantage valorisé par les enseignants que les étudiants.
    Photo : Jacques Grenier - Le Devoir L’enseignement à l’aide d’outils technologiques d’apprentissage est davantage valorisé par les enseignants que les étudiants.

    Au-delà des idées reçues. À l’heure où le monde de l’éducation cherche lui aussi à trouver sa place dans les mutations sociales et technologiques en cours, le constat est troublant : les étudiants universitaires du Québec semblent davantage valoriser un mode d’éducation classique, reposant sur des cours magistraux, entre autres, alors que les enseignants penchent massivement pour une plus grande présence des outils technologiques d’apprentissage, de communication ou de socialisation dans les classes. Paradoxalement. C’est en tout cas ce que vient de faire ressortir une vaste étude des perceptions de la technologie en milieu scolaire menée au Québec dans les derniers mois, étude qui souligne au passage que pour ces jeunes, peu importe le canal de diffusion utilisé, l’important serait le contenu et la stimulation intellectuelle qu’il peut induire.


    « Le portrait est assez étonnant », résume Vivek Venkatesh, professeur au département d’éducation de l’Université Concordia et un des auteurs de cette étude financée en partie par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). « Selon notre analyse, les étudiants apprécient davantage les méthodes d’enseignement traditionnelles et sont même moins enthousiastes face à la technologie que les enseignants. Les nouveaux outils d’apprentissage, ce n’est pas ce que les étudiants demandent en priorité. Ce qu’ils veulent, ce sont des professeurs inspirants et stimulants intellectuellement ».


    Entre mars et février 2011, près de 15 000 étudiants et 2500 professeurs ont été sondés par l’entremise d’un questionnaire électronique envoyé dans 12 universités de la province. Dans les grandes lignes, cette mesure de la perception montre que pour près de la moitié des étudiants, le numérique peut s’inscrire de manière positive dans le milieu scolaire, peut-on lire, alors que les enseignants sont 86 % à le croire.


    Par ailleurs, lorsque vient le temps de numériser leur pratique, les enseignants sont davantage habiles avec les applications utilitaires, alors que les étudiants, eux, le sont davantage avec les outils de partage, d’échange en réseau et de travail collaboratif, met en lumière cette enquête.


    Autre constat : même s’ils sont de grands consommateurs de technologies et de grands utilisateurs d’ordinateurs, les étudiants de niveau universitaire se plaisent encore à s’exposer à des cours magistraux, surtout s’ils sont intéressants, indiquent les auteurs. « La technologie a beau se présenter comme une nouvelle façon de concevoir l’éducation, on constate que c’est encore et toujours le contenu qui prime », a indiqué mardi au Devoir Magda Fusaro, professeure au département de management et de technologie de l’UQAM et coauteure de l’étude. Selon elle, si le coup de sonde était envoyé d’ailleurs dans le milieu du secondaire ou du primaire, il donnerait des résultats similaires.


    « Nous allons continuer à explorer, pour mieux la comprendre, cette différence dans les perceptions entre élèves et professeurs, dit M. Venkatesh. Le cours magistral est apprécié aujourd’hui peut-être parce que la transposition des méthodes classiques d’enseignement d’un univers à un autre n’arrive pas à convaincre les élèves. » Dans certaines classes, d’ailleurs, note Mme Fusaro, le tableau blanc interactif (TBI), qui commence à s’exposer aux enfants du primaire, confirmerait d’ailleurs la tendance. « Dans une école de Montréal, on a constaté que l’enseignante est très enthousiaste devant cette technologie en ce moment, dit-elle. Les élèves, par contre, expriment en choeur un bof », un « bof » lancé, tout comme cette étude, à la face de la modernité et de ses préjugés.

     
     
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