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DESS - Les nouveaux diplômes d’études supérieures ont la cote

«Les gens veulent un développement de carrière sans écrire un mémoire de maîtrise»

22 septembre 2012 | Amélie Daoust-Boisvert | Éducation
Formation collée sur le monde du travail oblige, il y a beaucoup de mouvement du côté des DESS.
Photo : - Le Devoir Formation collée sur le monde du travail oblige, il y a beaucoup de mouvement du côté des DESS.
De la météorologie à la musique de film, en passant par l’écologie internationale, les microprogrammes et les diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) sortent des sentiers battus. Pour que votre carrière prenne aussi une nouvelle tangente !

« Les départs à la retraite laissent des postes élevés à combler. Ça prend une réflexion plus profonde pour assumer ces responsabilités », selon Guy Mineau. Pour le directeur général de la formation continue de l’Université Laval, c’est ce qui explique la popularité croissante des microprogrammes de 2e cycle et des DESS.


En 1990, les universités québécoises n’offraient qu’une centaine de microprogrammes et de diplômes courts de 2e cycle. En 2007, 14 000 étudiants fréquentaient plus de 300 programmes. C’est le tiers de l’effectif étudiant au 2e cycle !


C’est en sciences de l’administration que ces formations sont les plus prisées : le tiers des programmes sont dans cette discipline. Suivent les sciences humaines (19 %), les sciences de la santé (15 %), les sciences appliquées (13 %) et les sciences de l’éducation (12 %), selon un rapport du Conseil supérieur de l’éducation publié en 2010.


La nouvelle formation continue


« Ces programmes ont connu une augmentation incroyable depuis dix ans », dit Richard Patry, vice-doyen à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal. Il observe que la formation continue a migré du premier au deuxième cycle. Normal : « De plus en plus, les gens ont déjà un baccalauréat, dit Françoise Braun, directrice du Bureau du recrutement à l’UQAM. Ce n’est pas intéressant pour ces professionnels de poursuivre leur formation au premier cycle. »


« Les gens veulent un développement de carrière sans écrire un mémoire de maîtrise, poursuit Guy Mineau. Comme c’est directement lié à un projet de carrière, les gens sont très motivés et les taux de diplomation sont plus élevés qu’en formation régulière. »


Alors que les microprogrammes comptent de 9 à 18 crédits, les DESS comportent 30 crédits. La plupart des universités offrent des formations gigognes, c’est-à-dire que les crédits obtenus dans un microprogramme peuvent être reconnus dans un DESS. Ensuite, quelques cours et un essai, et le diplôme de maîtrise professionnelle est à portée de la main.


La majorité des inscrits sont des professionnels en quête de perfectionnement. Ils cherchent non seulement de nouvelles compétences, mais un avancement d’échelon ou l’accès à un poste de gestion ou de responsabilité.


À l’UQAM, on note également que des immigrants récents s’inscrivent à un DESS pour obtenir rapidement une formation reconnue au Québec et accéder au marché du travail dans leur domaine. Retourner sur les bancs d’école leur permet également de garnir leur carnet d’adresses de nouveaux contacts.

 

L’administration encore très populaire


Bien que les domaines représentés au DESS soient très diversifiés, les programmes qui permettent d’acquérir des compétences de gestion sont encore très prisés, observe Guy Mineau. « Quand on occupe un poste élevé dans son domaine, on finit par gérer une partie de la boîte. On doit se débrouiller en ressources humaines et en gestion d’une équipe performante… »


Certains programmes sont créés expressément en réponse à un besoin sur le marché du travail. En santé, les ordres professionnels observent des besoins émergents et collaborent avec les universités pour y répondre. Par exemple, l’école d’optométrie de l’Université de Montréal offre maintenant une formation en intervention en déficience visuelle. Car un des grands défis des personnes âgées qui souhaitent rester à leur domicile le plus longtemps possible, c’est la vision qui décline. Des optométristes spécialement formés pourront maintenant les aider à rester autonomes.


Certaines formations sont carrément obligatoires pour obtenir une promotion. Par exemple, les directeurs d’école primaire et secondaire doivent passer par un DESS en gestion de l’éducation.

 

Une formation en mouvement


Formation collée sur le monde du travail oblige, il y a beaucoup de mouvement du côté des DESS. Autant de nombreux nouveaux programmes voient le jour, autant d’autres, devenus désuets, disparaissaient naturellement. « Certains programmes peuvent devenir obsolètes. Il faut s’adapter et en créer de nouveaux », selon Richard Patry.


Le programme court de 2e cycle en administration scolaire de l’UQAM, par exemple, n’attire que quelques nouveaux inscrits par année. La raison en est simple : le bassin d’étudiants s’est tari, explique François Braun. Créé au moment où le DESS en gestion de l’éducation était devenu obligatoire pour obtenir un poste de direction dans une école primaire ou secondaire, ce programme était destiné aux directeurs déjà en poste. Peu à peu, ces derniers ont gradué, et les nouveaux aspirants directeurs s’inscrivent plutôt au DESS.


Richard Patry prédit un bel avenir aux DESS et aux microprogrammes de deuxième cycle. « Les connaissances, les pratiques professionnelles : les défis changent de plus en plus vite et les professionnels ont besoin d’une mise à jour constante de leurs compétences. C’est là pour rester ! »


***

Quelques microprogrammes et DESS

Architecture moderne et patrimoine (UQAM)
Gestion de l’éducation (UQAM)
Théâtre de marionnette contemporain (UQAM)
Gestion de l’environnement (Université de Sherbrooke)
Interprétation jazz (Université de Sherbrooke)
Développement de jeu vidéo (Université de Sherbrooke)
Développement du médicament (Université de Montréal)
Santé et sécurité du travail (Université de Montréal)
Journalisme (Université de Montréal)
Nutrition-alimentation fonctionnelle et santé (Université Laval)
Adaptation scolaire (Université Laval)
Études féministes (Université Laval)

 
 
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