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Un deuxième plan d’action se fait attendre depuis longtemps…

«On a à mettre l’accent sur les bons moyens à prendre pour relever notre taux d’alphabétisation et nos difficultés lamentables en matière de littératie»

22 septembre 2012 | Réginald Harvey | Éducation
Formation continue du Collège Lionel-Groulx
Photo : Collège Lionel-Groulx Formation continue du Collège Lionel-Groulx
Il existe bel et bien une politique de la formation continue élaborée par les partenaires du marché du travail, mais l’appareil gouvernemental retarde depuis quelques années déjà l’adoption d’un deuxième plan d’action qui en assure l’application. À quoi s’attendre maintenant?

La Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue a vu le jour en 2002 sous le gouvernement de Bernard Landry et s’est accompagnée d’un plan d’action quinquennal de 450 millions de dollars, qui a pris fin en 2007. Ce choix politique était motivé à cette époque par « les nouveaux défis que représentent la société du savoir et les changements technologiques et sociaux accélérés pour les adultes ».


Vice-présidente de la CSN, Denise Boucher réclame le suivi de ce premier plan depuis belle lurette ; elle revient à la charge quand Le Devoir lui demande de dire quel discours sur les priorités en formation continue sur le marché du travail elle tiendrait en tête-à-tête au futur ministre responsable de ce dossier : « Je dirais à la ou au ministre qu’on s’est doté d’une politique sur la formation des adultes ou la formation continue pour laquelle on attend toujours la suite des choses, soit un autre plan d’action. Avant que Mme Beauchamp ne quitte ses fonctions, quand elle a été interrogée sur les crédits de son ministère qu’elle aurait à défendre, elle avait annoncé qu’elle travaillerait à déposer le fameux plan avec les sommes qui allaient suivre, sans aucun doute. Elle a démissionné, en laissant en attente du plan numéro deux des organismes communautaires, des organisations syndicales et même certains employeurs. Elle est partie, on n’avait plus de gouvernement, et là on en a un nouveau… »


Large consensus


Elle plaiderait cette cause-ci : « On sait que les fonctionnaires ont planché là-dessus et on pourrait sans doute réanimer ce dossier-là pour qu’on obtienne enfin le suivi auquel on s’attend. Il faut rappeler que cette politique a été mise de l’avant par les partenaires de l’emploi et les partenaires communautaires ; il est rare qu’on en arrive à un consensus aussi élargi et qu’on ait voulu le tuer en ne poursuivant pas le travail qui allait dans ce sens-là. Je dirais honnêtement qu’on attend cela depuis au moins quatre ou cinq ans ; je suis tenace et j’en parle chaque année. Si j’avais à rencontrer la nouvelle ou le nouveau ministre, ce serait un des sujets prioritaires que je placerais à l’ordre du jour. »


Elle poursuit son exposé : « Il reste à mettre le plan en action et à voir quels sont les sommes qui suivent cette démarche ; le gouvernement dit qu’il a mis des sous dans toutes sortes de petites affaires pour soutenir les entreprises et qu’il a fait ceci et cela, mais il s’agit de saupoudrage. Il faut aller de l’avant avec quelque chose de plus complet et on doit aussi soutenir les organismes communautaires dans leurs actions sur la question de la formation des adultes ; il serait bon que les gens puissent savoir vers où ils se dirigent pour les cinq prochaines années et qu’ils soient en mesure d’organiser leur propre plan d’action en fonction d’une vision quinquennale. C’est loin d’être banal. »


Sans que ce soit pour l’instant le free for all, elle émet ce voeu : « C’est quelque peu épars et ce serait plus pratique de savoir sur quoi le gouvernement veut plancher et quels sont ses propres objectifs dans ce domaine. Je rappelle quand même ce que nous avons souvent dit : “ Sans avoir à recourir à de multiples mesures, on a à mettre l’accent sur les bons moyens à prendre pour relever notre taux d’alphabétisation et nos difficultés lamentables en matière de littératie : si on veut relever les défis de demain, c’est inévitable. En même temps, on doit se serrer les coudes pour qu’il y ait de la formation continue. ” »

 

Le face-à-face se poursuit…


Mme Boucher souhaiterait aborder d’autres sujets avec le nouveau titulaire du ministère : « Compte tenu que ce sera peut-être la ou le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, je lui demanderais de ne pas créer des bouleversements aussi grands que ceux qu’on a pu connaître lors du premier budget du gouvernement libéral en 2003 ; à partir de là, les entreprises n’ont plus été assujetties à la loi du 1 % à investir en formation, de telle sorte qu’on a senti leur déresponsabilisation à l’égard de celle-ci. Je lui dirais d’agir avec beaucoup de prudence ; il y en a qui veulent parfois faire leurs marques, mais ils ne le font pas toujours de la bonne façon ; on a plutôt intérêt à faire en sorte que les gens puissent avoir le plus possible accès à une formation. »


Elle souligne un autre point qui serait abordé : « Si le gouvernement décidait d’aller de l’avant avec le Plan Nord, je lui dirais de lancer un message aux entreprises : compte tenu d’un manque de main-d’oeuvre qui semble assez évident, je les inviterais à ne pas faire appel à des jeunes qui n’ont pas complété leur scolarité ; il peut paraître avantageux d’embaucher présentement des jeunes qui n’ont pas terminé leur cinquième secondaire et de les envoyer dans le Grand Nord pour travailler, parce qu’une telle démarche correspond aux impératifs économiques actuels de l’État ; mais cette façon de faire risque d’avoir un coût social parce que, lorsque le mirage des mines disparaîtra, on va se retrouver avec des gens qu’on devra former pour qu’ils soient en mesure de réintégrer le marché du travail dans le Sud, un marché qui ne sera pas tout à fait le même que celui du Nord. »


Elle se montre insistante sur ce plan : « Quand un employeur décide de recruter un jeune, il faut que le contrat entre les deux parties stipule que celui-ci puisse terminer ses formations. On est en plein dans le volet de l’adéquation formation-emploi et il existe des moyens qui peuvent être pris pour lui faciliter cette tâche ; autrement, on aura des coûts sociaux à assumer. »



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