Droits de scolarité - Une hausse supérieure à l’inflation
La facture des étudiants universitaires de premier cycle a crû de 5% alors que l’inflation a augmenté d’à peine 1,3%
Dentisterie 16 910 $
Médecine 11 891 $
Pharmacie 10 297 $
Génie 6552 $
Éducation 4006 $
Source : Statistique Canada
On savait la tendance à la hausse des droits de scolarité ces dix dernières années, voilà que cette augmentation s’est accrue de façon encore plus soudaine depuis l’an dernier, révèle une étude de Statistique Canada. Les étudiants canadiens inscrits à temps plein à un programme de premier cycle universitaire ont payé en moyenne 5 % de plus cet automne en frais de scolarité qu’ils l’ont fait en 2011-2012, une hausse nettement plus élevée que l’inflation (1,3 %).
« Les gouvernements continuent de transférer aux étudiantes et étudiants et à leurs familles le coût de l’éducation publique », a fait savoir Adam Awad, président national de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, par voie de communiqué. Seule exception : la province de Terre-Neuve-et-Labrador semble choyer ses étudiants, elle qui a gelé ses frais depuis l’année 2003-2004, tant au premier cycle qu’aux cycles supérieurs.
Bien qu’ils augmentent aussi cette année, les droits de scolarité pour les 2e et 3e cycles connaissent une hausse toutefois moins marquée en général au Canada. Même si c’est au Québec que l’augmentation a été la plus élevée (9,2 % contre une moyenne de 4,5 %), la province, avec Terre-Neuve-et-Labrador, demeure toujours parmi les plus abordables pour les étudiants à la maîtrise ou au doctorat (2969 $).
Tout comme les droits de scolarité, les frais supplémentaires obligatoires que doivent payer les étudiants canadiens n’échappent pas à cette ascension. Cette année, ces frais afférents, qui servent à payer les services aux étudiants, comme le centre sportif, ont augmenté de 3,3 % par rapport à l’an dernier, passant de 726 $ à 750 $ en moyenne pour un étudiant au baccalauréat.
Pour Martine Desjardins, la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), le Québec est « loin d’être un exemple ». « Ici, c’est en moyenne 775 $, mais ça peut aller de 400 $ à l’Université du Québec à Rimouski, par exemple, jusqu’à 1200 $ à McGill », a-t-elle soutenu.
Mme Desjardins rappelle que la tendance à hausser les frais afférents était telle qu’en 2008, le ministère de l’Éducation avait instauré une réglementation limitant l’augmentation. « D’ailleurs, on attend toujours la reconduction de la réglementation sur ces frais obligatoires. Si on ne l’a pas, ça rouvre la porte à l’augmentation », s’est-elle inquiétée.
Les étudiants étrangers ayant choisi de venir étudier au Canada reçoivent aussi une facture plus salée par rapport à l’an dernier. Partout au pays, les droits de scolarité moyens pour les étudiants étrangers du premier cycle ont augmenté de 5,5 % pour atteindre 18 641 $ en 2012-2013. Encore une fois, Terre-Neuve-et-Labrador fait exception. Fait à noter, les étudiants étrangers inscrits à temps plein à la maîtrise et au doctorat paient en moyenne 13 163 $ en droits de scolarité, soit pas mal moins que leurs camarades du premier cycle.
Le Québec, qui possède une réglementation pour limiter la hausse, demeure une destination de choix pour les étudiants étrangers. « Mais maintenant, on ne sait toujours pas ce qui va arriver avec les frais de scolarité des étudiants étrangers, s’ils vont être encore plus déréglementés ou pas, a dit Martine Desjardins. C’est un dossier à suivre, surtout quand on sait que les étudiants étrangers sont la vache à lait des universités. C’est dommage, mais c’est ça. »








