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Villa Maria - Là où le juge Monk fit construire sa résidence en 1803

L’école se veut un milieu bilingue, multiculturel et ouvert sur le monde

15 septembre 2012 | Benoit Rose | Éducation
Ce sont les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont la fondatrice a été Marguerite Bourgeoys, qui y ouvriront un premier pensionnat bilingue pour filles, en 1854.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir Ce sont les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont la fondatrice a été Marguerite Bourgeoys, qui y ouvriront un premier pensionnat bilingue pour filles, en 1854.
Situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, le collège privé Villa Maria est un établissement d’enseignement secondaire français et anglais pour filles. Sa directrice générale, Mme Marie Anna Bacchi, est la première laïque aux commandes, succédant aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, qui l’avaient fondé en 1854. Au coeur d’un campus verdoyant où les siècles font bon ménage, cette école offre à ses deux clientèles distinctes un milieu bilingue, multiculturel et ouvert sur le monde.

Découvrir le campus qui borde l’école Villa-Maria peut se révéler être une expérience étonnante, tant cet espace vert tranche avec le béton du boulevard Décarie voisin. Celui qui s’est habitué à rejoindre à pied l’avenue Monkland, qui s’allonge en direction opposée, après s’être extirpé de la station de métro Villa-Maria, sera un brin charmé par l’atmosphère qu’il y trouvera.


C’est à James Monk, juge en chef de la Cour du banc du roi de son époque, qu’on attribue la construction de l’édifice central de cette école, en 1803. Nommée Monklands, cette résidence coloniale en pierre sera louée à la Couronne en 1844, qui y abritera trois de ses gouverneurs généraux, dont le dernier sera Lord Elgin. Celui-ci sanctionnera la Loi sur l’indemnisation des personnes ayant subi des pertes pendant la rébellion des Patriotes, et, devant le danger d’une émeute, quittera la ville. Aujourd’hui, la maison Monk est considérée comme un lieu historique national par le Canada et comme un monument historique par le Québec. Au fil des époques, de nombreuses ailes ont été érigées sur ses flancs.


Ce sont les soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont la fondatrice a été Marguerite Bourgeoys, qui y ouvriront un premier pensionnat bilingue pour filles, en 1854. Les premières élèves sont anglophones et francophones et proviennent des milieux aisés du Québec, de l’Ontario et des États-Unis. On dit que, en 1900, des diplômées de Villa Maria figurent parmi les premières femmes à s’inscrire dans des universités canadiennes et américaines.


Deux secteurs distincts


Soucieux de son patrimoine, mais bien adapté aux réalités contemporaines, ce collège présente aujourd’hui deux secteurs distincts, l’un français et l’autre anglais, à des filles dont les origines sont extrêmement variées : environ 80 pays peuvent être dénombrés dans les racines de la population estudiantine de Villa Maria. Mais ce n’est pas une école bilingue à proprement parler : l’enseignement se fait en français pour les filles qui s’inscrivent dans le premier secteur et en anglais pour celles qui choisissent le second. Ces dernières doivent nécessairement y être autorisées en vertu des critères de la loi 101. Y a-t-il d’autres écoles qui fonctionnent selon cette structure particulière ? « C’est la seule à Montréal », nous répond sa directrice générale, Marie Anna Bacchi, qui nous résume au passage le cas de Notre-Dame de Sion, la seule école réellement bilingue qui offre à une même clientèle une demi-journée dans chacune des langues.


Toutefois, précise-t-elle, le programme ministériel « Français, langue d’enseignement » permet, du côté anglophone, d’enseigner près de la moitié de la matière dans les deux langues à des filles qui sont très avancées en français. Il faut dire qu’un bon nombre des élèves de Villa Maria maîtrisent déjà plutôt bien les deux langues. Elles proviennent de partout sur l’île de Montréal, mais généralement de Notre-Dame-de-Grâce, Westmount, Côte-des-Neiges, Ville Mont-Royal, du West Island et de la Rive-Nord. Environ 650 élèves fréquentent chacun des secteurs, pour une population totale de près de 1300 adolescentes.


Malgré la séparation structurelle, le campus offre un espace qui permet des échanges fréquents. « Il s’effectue un rapprochement de plus en plus grand entre les deux secteurs de l’école, grâce à des activités communes », affirme Mme Bacchi. Le sport, des concerts, un concours d’art et des projets d’échange permettent aux élèves de chaque rive de mieux se connaître, sans compter que la cafétéria, la bibliothèque et le très moderne pavillon Marguerite-Bourgeoys, où se trouvent les nouveaux laboratoires de science, les studios multimédias dernier cri et la salle de spectacle Thérèse-Casgrain, constituent des aires communes. « Notre environnement est bilingue, donc nous parlons et maîtrisons les deux langues. Les filles ont la possibilité de s’exprimer avec l’une et l’autre », souligne-t-elle.


Elles doivent aussi choisir, à partir de la quatrième année, entre un programme axé sur les arts et un autre axé sur les sciences. Elles devront trancher ensuite entre les sciences et les affaires. « Je vous dirais que notre secteur francophone a une prédominance pour les langues et les arts, tandis que le côté anglophone a une prédominance pour les sciences, constate la directrice. Notre réalité nous pousse à être à la fine pointe dans tous les domaines d’activité, pour être en mesure de répondre aux besoins des parents et des élèves. »


Espagnol, latin et mandarin


L’apprentissage d’une troisième langue est aussi au menu. Si, du côté anglophone, on a désigné l’espagnol pour toutes, les francophones peuvent choisir entre l’espagnol, le latin et le mandarin. « Ce sont des populations différentes, donc les besoins le sont aussi. Du côté anglophone, les filles vont miser beaucoup plus sur la maîtrise du français, alors on y met davantage d’accent. Beaucoup de filles francophones parlent déjà l’anglais, donc le choix d’une troisième langue devient particulièrement important pour elles. »


Pour enseigner le mandarin, un choix stratégique bien ancré dans le xxie siècle, le collège compte sur une enseignante et une stagiaire en enseignement, toutes deux d’origine chinoise. « C’est très populaire », dit Mme Bacchi. L’apprentissage du latin, quant à lui, découle à la fois d’un héritage bien connu ici et d’une demande de parents. Après l’avoir retiré du programme il y a plusieurs années, le collège a fini par le réintroduire. « Et on y trouve beaucoup de valeur. » Il s’inscrit dans le profil d’enrichissement du français et est vu comme « un outil de formation intellectuelle développant l’aptitude au raisonnement et l’esprit d’analyse et de synthèse ».


« Filles d’ici. Femmes du monde. » Tel est le nouveau slogan de Villa Maria. « Ça rejoint vraiment qui l’on est, croit Mme Bacchi. Ça fait partie de la culture de l’école de les exposer et de les ouvrir au monde. » Que ce soit en valorisant la diversité des origines de sa population (notamment via sa Semaine multiculturelle, en novembre) ou à travers des voyages linguistiques, culturels et humanitaires offerts à des élèves qui se distinguent, le collège se tourne vers l’ailleurs. « Cette année, nous sommes allés au Kenya, au Bénin et au Brésil avec les filles. » La direction de l’école mise sur cette orientation pour les années à venir.


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