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    À l'automne 2013 - Des filles à Brébeuf!

    L’ancienne résidence des pères devient un collège pour jeunes filles

    15 septembre 2012 |Claude Lafleur | Éducation
    Les jeunes filles aménageront donc dans le pavillon Vimont, laissé vacant par les jésuites. Cette aile longe le boisé Jean-de-Brébeuf, qui fait partie du site historique et naturel du mont Royal.
    Photo: Source Collège Jean-de-Brébeuf Les jeunes filles aménageront donc dans le pavillon Vimont, laissé vacant par les jésuites. Cette aile longe le boisé Jean-de-Brébeuf, qui fait partie du site historique et naturel du mont Royal.
    C’est finalement après 85 ans d’existence que le réputé Collège Jean-de-Brébeuf offrira aux filles de niveau secondaire la même qualité d’enseignement qu’aux garçons. Le pavillon Vimont rouvrira ses portes à l’automne 2013.

    «Depuis des années et des années, des parents de nos élèves nous disent que c’est dommage pour eux de devoir envoyer leurs filles dans d’autres collèges, relate Michel April, directeur général du Collège Jean-de-Brébeuf. Moi-même, j’ai ce problème avec mes propres filles… qui me disent : “ Papa, vous êtes archaïques puisqu’on ne peut aller au Collège ! ” »


    En conséquence, le conseil d’administration de l’établissement a pris la décision d’admettre un contingent de 72 filles dès la première secondaire à partir de l’automne 2013. Il faut dire que, depuis 1969, les élèves sont déjà admises à Brébeuf, mais seulement en cinquième secondaire et au collégial.


    Mixité? Non!


    Par contre, les classes ne seront pas mixtes, car garçons et filles vont étudier dans des pavillons différents. « Au fil des années, on a confirmé que des classes uniquement de garçons de la première à la quatrième secondaire, c’est bénéfique pour eux », insiste M. April.


    Il affirme en fait que la direction de collège constate que les élèves de Brébeuf se démarquent réellement de l’ensemble des élèves du secondaire. « Bien sûr, dit-il, on suppose qu’en quelque part l’enseignement qu’on donne y est pour beaucoup, mais nous sommes tout aussi convaincus qu’un milieu uniquement de garçons y est aussi pour quelque chose. » Voilà pourquoi la direction du collège a décidé d’ouvrir ses portes aux filles, mais dans un contexte de non-mixité. Celles-ci seront logées dans un pavillon remis à neuf et distinct de celui où étudient les garçons.


    « Ça faisait des années qu’on examinait cette possibilité, poursuit Michel April, mais on se disait qu’il n’était pas question qu’on permette la mixité. À Brébeuf, on croit beaucoup, au niveau scolaire et pédagogique, aux classes séparées. Par contre, comme on vit en société, on est aussi conscient qu’il est un peu “ anormal ” de n’avoir que des garçons dans un groupe. C’est pourquoi, à partir de la cinquième secondaire, notre enseignement devient mixte. »


    Pour le moment, le Collège Jean-de-Brébeuf accueille 780 élèves au secondaire, dont 60 filles. À partir de septembre 2013, il comprendra un premier contingent de 72 filles - deux classes de 36 élèves en première secondaire - puis, l’année suivante, un deuxième, jusqu’à un total de 360 jeunes filles d’ici quatre ans (en plus des 60 filles en cinquième secondaire). « Nous allons toujours accueillir des filles à la cinquième secondaire qui ont le goût de se préparer pour le collégial », précise M. April.


    « Si nous maintenons la non-mixité dans les classes de première à quatrième secondaire, poursuit-il, il faut aussi, et c’est très important, que nos jeunes socialisent entre eux. Par conséquent, des endroits sont prévus à cet effet, dont la nouvelle bibliothèque, la cafétéria et le complexe sportif. » Cependant, les cours d’éducation physique seront séparés, alors que les élèves des deux sexes pourront se côtoyer lors d’activités parascolaires, « surtout lors des sorties éducatives et culturelles, nous favoriserons les échanges entre élèves », ajoute le directeur général.


    « Je préciserais pour les filles qui vont entrer en première secondaire, si elles ont le goût de demeurer entre elles jusqu’en cinquième secondaire, que nous allons le leur permettre, alors que celles qui voudront rejoindre les garçons le pourront, puisque la cinquième secondaire est déjà mixte. C’est vraiment un choix qu’elles auront à faire dans quelques années. »

     

    Nouveau pavillon


    Le directeur général trace les grandes lignes de l’évolution du collège fondé en 1928 par les jésuites. « Au fil des années, le collège s’est transformé, dit-il. En 1969, les cégeps ont été créés, ce qui a fait qu’on a converti le cours classique de l’époque en une vocation collégiale et secondaire. On a également accueilli pour la première fois des filles, à la cinquième secondaire et au collégial. Tout cela nous amène petit à petit vers la situation qu’on connaît aujourd’hui… »


    Même si le collège est devenu un établissement laïque, les pères jésuites ont continué d’y résider, se réservant l’une des ailes de l’établissement. Or, la communauté vieillissant, ils se sont finalement regroupés dans une autre résidence. Les pères ont donc redonné leur espace à la corporation du Collège, relate Michel April.


    « On s’est alors dit : aussi bien accomplir notre mission d’éducation en s’ouvrant aux filles dès la première année du secondaire… Sans toutefois faire de compromis quant au rendement scolaire de nos garçons. Voilà pourquoi on maintient la non-mixité, puisque nous croyons que c’est la solution ! Bien entendu, on offrira la même qualité d’enseignement et d’encadrement aux jeunes filles. »


    Celles-ci aménageront donc dans le pavillon Vimont laissé vacant par les jésuites. « Ce qui est merveilleux, c’est que les pères s’étaient établis dans un bel endroit », souligne Michel April. Cette aile, à l’arrière du collège, longe le boisé Jean-de-Brébeuf, qui fait partie du site historique et naturel du mont Royal. « C’est la plus belle partie du collège !, affirme-t-il. J’aime à dire que la nature devient le prolongement de la salle de cours ! Les jeunes filles bénéficieront vraiment d’un site enchanteur. »


    C’est ainsi que le Collège Jean-de-Brébeuf procède actuellement au recrutement de filles pour la première secondaire qui débutera en septembre 2013. « Je m’attends à ce que les parents nous visitent ce mois-ci lors de nos journées portes ouvertes, pour voir ce que nous avons à offrir », indique M. April, ajoutant qu’il s’attend à recevoir cinq fois plus de visiteurs que de places disponibles.


    « Pourquoi envoyer sa fille à Brébeuf ?, poursuit-il. Vous connaissez la réputation du collège pour les garçons, n’est-ce pas ? Or ce n’est pas seulement une réputation, les faits l’ont démontré ! Nous offrons une formation de très haute qualité, une formation enrichie dans toutes les matières, avec un encadrement très serré qui prépare réellement les jeunes à une formation universitaire. Voilà notre mission ! »


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