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    Collège Jean-Eudes - Des iPad sur les bureaux!

    «Le défi pour les profs est de trouver comment ils vont intégrer la tablette au quotidien»

    15 septembre 2012 |Caroline Rodgers | Éducation
    La tablette pourrait faciliter la tâche de l’enseignant lorsqu’il s’agit de repérer rapidement un élève en difficulté.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La tablette pourrait faciliter la tâche de l’enseignant lorsqu’il s’agit de repérer rapidement un élève en difficulté.
    L’hiver dernier, le Collège Jean-Eudes est devenu le premier collège privé à annoncer qu’il rendrait la tablette électronique obligatoire pour une partie de ses élèves. Depuis, plusieurs autres établissements d’enseignement privés ont emboîté le pas. Certains observateurs voient dans ce virage un coup de marketing. Mais si ce nouvel outil est bien exploité, il peut s’avérer très avantageux pour l’apprentissage, plaide-t-on au Collège Jean-Eudes.

    «Il y a deux ans, nous avons amorcé une réflexion sur nos outils informatiques et sur l’utilisation pédagogique des nouvelles technologies, explique Nancy Desbiens, directrice du Collège Jean-Eudes. Nous en sommes venus à la conclusion que la tablette iPad offrait tellement de possibilités que c’était le bon virage à prendre. »


    Par exemple, un professeur de français peut concevoir un livre numérique sur Boris Vian et aller plus loin qu’un simple manuel en incluant de courtes vidéos, des extraits sonores, des capsules géographiques ou des hyperliens. « Cela permet de rendre l’apprentissage plus vivant, et l’élève plus curieux peut facilement aller plus loin et approfondir ses connaissances grâce à un accès immédiat à des références supplémentaires », ajoute la directrice.


    Interaction


    L’un des objectifs de l’utilisation de la tablette est aussi d’amener les élèves à apprendre en agissant, au lieu de rester passifs comme dans un cours magistral. « Les élèves produisent des documents, créent des choses et mettent à profit leur créativité et leurs talents artistiques, ce qui est tout à fait dans l’esprit du renouveau pédagogique, car cela met l’élève au coeur de son apprentissage », dit Alexandre Gagné, professeur d’informatique et conseiller en TIC au Collège Jean-Eudes.


    Mais les cours magistraux ne seront pas éliminés pour autant, dit-il. « On veut varier les approches pédagogiques. L’utilisation de la tablette doit demeurer saine et cohabiter avec le matériel traditionnel, si on ne veut pas que les élèves en deviennent saturés », ajoute-t-il.


    De plus, on vise à ce que les élèves, en plus d’acquérir de meilleures compétences en informatique et l’habileté de traiter le texte, le son et l’image, développent de meilleures compétences informationnelles. « On parle d’apprendre comment aller chercher de l’information, mais aussi comment mieux l’analyser, la comprendre et la vulgariser. Il faut enseigner aux élèves à exercer leur jugement critique pour discriminer les sources d’information et les sites Internet qui sont crédibles de ceux qui ne le sont pas », dit M. Gagné.


    Dans la classe, un professeur peut projeter le contenu de sa propre tablette sur un écran afin qu’il soit vu de tous et circuler librement avec celle-ci pour observer les élèves. Quant à ces derniers, ils devront mettre leur tablette à plat sur le bureau, de façon à ce que l’enseignant puisse voir facilement ce qu’ils font et éviter qu’ils s’amusent au lieu d’accomplir les tâches demandées. Car, pour éviter que l’outil pédagogique se transforme en jouet coûteux, il faut bien établir des règles !


    « Nous avons développé un code d’éthique pour l’utilisation de la tablette, qui aborde les responsabilités et les comportements vis-à-vis de cet outil, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, explique Nancy Desbiens. Si un élève était trop distrait et allait dans Facebook au lieu de suivre les consignes, on pourrait toujours enlever de sa tablette l’icône permettant d’aller dans Internet, ou contrôler l’accès au réseau sans fil. »

     

    Aide en temps réel


    D’autre part, la tablette pourrait bien faciliter la tâche de l’enseignant lorsqu’il s’agit de repérer rapidement un élève en difficulté.


    « Le professeur peut concevoir un questionnaire sur la tablette et demander aux élèves de répondre en classe. Il peut ainsi recevoir les réponses immédiatement et constater, en temps réel, quels élèves ne comprennent pas », dit Alexandre Gagné.


    C’est sans compter le côté pratique qui vient avec la possibilité d’emmagasiner beaucoup de matériel et de tâches sur une seule plate-forme. Il y a moins de livres à transporter, car plusieurs sont convertis en format numérique, l’élève a donc un sac d’école moins lourd, et la prise de notes et l’information sont centralisées au même endroit.


    « On gagne beaucoup de temps dans une période, car auparavant on avait des chariots d’ordinateurs portables. Le temps d’aller les chercher, de les déployer, de se brancher à Internet, puis de les ranger avant la fin du cours, on perdait facilement une vingtaine de minutes », ajoute le conseiller.

     

    Adaptation des professeurs


    Pour que les enseignants aient la possibilité de se familiariser avec la tablette avant qu’elle ne fasse son entrée en classe, on leur a remis un iPad dès l’an dernier. Des journées de formation ont également eu lieu avec des conseillers d’Apple.


    « Le défi pour les profs est de trouver comment ils vont intégrer la tablette au quotidien dans leur enseignement, dit M. Gagné. Ils ont déjà l’habitude de concevoir eux-mêmes du matériel pédagogique et de le renouveler. Ils avaient tous des ordinateurs portables et ils connaissent bien l’environnement Windows. Ce qui est plus long, au départ, est de convertir tout le matériel existant d’un système à l’autre, car c’est une façon différente d’aborder l’informatique. Au départ, il y a eu quelques réticences de la part de certains enseignants envers la tablette, mais, en constatant l’enthousiasme des élèves et les possibilités de cet outil, ils lui sont rapidement devenus favorables. »


    Collaboratrice













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