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    Collège de Montréal - Le sport de haut niveau cohabite avec les études

    «S’il ne réussit pas à l’école, l’athlète ne pourra plus faire partie du programme Art-sport-étude»

    15 septembre 2012 |Assïa Kettani | Éducation
    En tout, 15 heures d’entraînement par semaine enrichissent ce programme Art-sport-étude, amorcé il y a six ans.
    Photo: Source Collège de Montréal En tout, 15 heures d’entraînement par semaine enrichissent ce programme Art-sport-étude, amorcé il y a six ans.
    Seul collège privé à offrir un programme Art-sport-étude officiellement reconnu dans l’île de Montréal, le Collège de Montréal intègre 169 élèves, athlètes et danseurs, au sein de ce programme qui s’avère aussi riche en défis qu’en énergie. En tout, pas moins de 15 disciplines peuvent être pratiquées, dont la natation, le golf, le ski alpin, la danse, le patinage artistique, le triathlon ou encore le tennis.

    Le programme Art-sport-étude du Collège de Montréal est organisé autour d’une double structure : les matinées se passent à l’école, alors que les après-midis sont consacrés aux entraînements dans les différents clubs. Les élèves poursuivent ainsi leur scolarité entre deux lieux, puisqu’aucun sport ne se pratique dans l’enceinte du collège, à l’exception du golf, qui s’est récemment vu doter d’une salle. En tout, 15 heures d’entraînement par semaine enrichissent ce programme amorcé il y a six ans, qui accueille un maximum de 37 élèves par groupe à raison d’un groupe par niveau.


    Le programme s’adresse à de véritables athlètes reconnus par leur fédération. « Nous sommes loin du petit gars qui aime bouger », précise Patricia Steben, directrice générale adjointe du Collège de Montréal. Ici, il faut avoir fait ses preuves avant de pouvoir y être admis. Et, pour déterminer ceux qui seront sélectionnés pour un tel programme, le collège évalue le côté scolaire, alors que le côté sportif incombe aux partenaires. « Il y a deux responsabilités distinctes. Nous évaluons les élèves en fonction de leur parcours scolaire, alors que les clubs partenaires ont le soin de déterminer si l’élève correspond à leurs niveaux. L’excellence sportive ne relève pas de l’école, mais de la fédération », poursuit-elle.


    Les fédérations, quant à elles, reconnaissent le potentiel des athlètes tout en imposant leurs critères en matière de programme, d’horaire ou encore de formation des entraîneurs. « Nous nous assurons que les entraîneurs qui encadrent les athlètes ont les qualifications adéquates et que le programme répond aux besoins des élèves », précise Éric Préfontaine, directeur athlétique de la Fédération de ski alpin du Québec.


    Gymnastique scolaire


    Sur le plan scolaire, les élèves et le personnel doivent se plier à toute une gymnastique. Les enseignants, les entraîneurs mais aussi le directeur adjoint du collège ainsi qu’un titulaire affecté à chaque groupe ont la charge de s’assurer du suivi des élèves, dont l’horaire se trouve compressé et morcelé en raison des absences prolongées pour les entraînements et les compétitions. Ainsi, les intervenants sont régulièrement mis au courant des calendriers d’entraînement et de compétition des élèves et adaptent leur travail au cas par cas. « Quand un élève-athlète doit s’absenter une semaine pour un entraînement ou participer à une compétition à l’extérieur du Québec, il part avec un plan d’absence prolongée. On s’organise pour rattraper les travaux manqués ou pour lui donner du travail à l’avance. Lorsqu’il manque une évaluation, il peut aussi la rattraper à son retour ou alors la faire avant de partir », explique Annie Dubois, directrice des services à la vie étudiante.


    Pourtant, il n’y a rien ici pour faire reculer ces adeptes de tous les exploits physiques. Malgré les contraintes, le parcours scolaire ne s’écarte en rien de celui de leurs camarades. Les élèves inscrits subissent une compression du temps horaire, mais aucune modification n’est apportée au programme du MELS. « Nous exigeons les mêmes compétences et ils sont soumis aux mêmes évaluations finales. La seule différence, c’est que leur horaire de cours est amputé d’une période. » Ont-ils des cours le soir ou davantage de travail à la maison ? Non, répond Patricia Steben. « Le mandat de sport-étude, c’est une compression de l’horaire scolaire, mais pas plus de travail à la maison : le programme pédagogique est couvert de façon différente. De leur côté, les élèves s’habituent et développent un très bon sens de l’organisation et de l’autonomie », poursuit-elle.


    Les enseignants, eux, pratiquent avec autant de dextérité les mêmes exercices de souplesse scolaire. « Les enseignants doivent faire preuve d’ouverture d’esprit. Il faut modifier les pratiques d’enseignement pour les adapter aux contraintes », avance Annie Dubois, qui a également été enseignante de mathématiques au programme Art-sport-étude. Et pour se mettre à la page, c’est encore une fois sur le terrain que les enseignants apprennent à accompagner les élèves. « Les enseignants connaissent les contraintes du programme. En général, ceux qui ont de l’expérience en Art-sport-étude conseillent ceux qui débutent au jour le jour. »


    Une gymnastique qui atteint son paroxysme avec des disciplines comme le ski. Au Collège de Montréal, trois clubs accueillent ainsi les élèves inscrits en sport-étude. Les entraînements, qui les ont menés jusqu’au Chili l’année dernière et qui les mèneront cette année en Autriche, les obligent à s’absenter parfois plusieurs semaines d’affilée. Les 17 skieurs inscrits sont ainsi amenés à manquer 85 jours d’école sur un total de 190 prévus au programme. « C’est énorme, mais nous arrivons à les faire réussir », affirme Patricia Steben. Ainsi, « un de nos élèves a participé aux Jeux olympiques juniors et a manqué huit semaines consécutives de cours, renchérit Annie Dubois. Cela ne l’a pas empêché de réussir. »


    Pour que la machine roule, tous les intervenants ont leur rôle à jouer. « Quand un athlète a un problème, les entraîneurs sont rapidement mis au parfum, explique Éric Préfontaine. Ils ont un bon suivi sur la route et il y a toujours une période de la journée consacrée aux cours. De plus, tous les entraîneurs ont une formation universitaire et, à l’occasion, les élèves peuvent aussi avoir des tuteurs sur la route avec eux. »


    Et si les difficultés s’installent, c’est toujours le scolaire qui prime sur le sportif. « Si l’élève prend du retard, nous contactons le club. Il pourra alors manquer un ou plusieurs entraînements et recevoir un appui pédagogique pour travailler les notions difficiles. Ensuite, il pourra retourner s’entraîner, souligne Patricia Steben. C’est dans l’intérêt de tous : s’il ne réussit pas à l’école, il ne pourra plus faire partie du programme Art-sport-étude. Et, en général, ça réussit très bien. » Une formule qui a tant de succès, d’ailleurs, que le collège envisage de doubler dès l’année prochaine le nombre de groupes dans le programme.



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