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    Un fonds d’aide embarrasse les étudiants de l’UQAM

    L’université propose de bonifier une caisse d’urgence, mais uniquement pour les étudiants qui ne sont pas en grève

    1 septembre 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Une proposition d’aide financière faite par l’UQAM embarrasse les étudiants. La direction de l’université a offert de bonifier substantiellement de plusieurs milliers de dollars un fonds de dépannage pour aider les étudiants dans le besoin, mais à la condition que ceux-ci ne soient pas en grève.

    « On est confrontés à nos principes de solidarité envers les camarades qui sont encore en grève, mais en même temps, on aimerait bien qu’ils aient accès à de l’argent pour subvenir à leurs besoins », résume un membre de l’exécutif d’une association étudiante qui a voulu garder l’anonymat.


    Selon lui, cette condition posée par l’UQAM place les associations étudiantes entre l’arbre et l’écorce. Cinq associations sur sept (les étudiants de sciences de la gestion et de sciences de l’éducation ont accepté la proposition, selon l’UQAM) ont rédigé une lettre afin de signifier leur malaise devant les conditions posées pour avoir accès aux fonds d’urgence. « C’est une proposition carrément déconnectée de la réalité », a indiqué le membre de l’exécutif. « La condition n’est peut-être pas un moyen de pression, mais c’est de la discrimination quand même. »


    C’est la semaine dernière, lors d’une instance informelle appelée « table des présidents », que des représentants du Service à la vie étudiante (SVE) ont fait cette proposition. Soucieuse de venir en aide à sa clientèle en difficulté, l’UQAM, grâce au SVE et à sa Fondation, a ainsi proposé de verser 85 000 $ au fonds de dépannage en échange d’une contribution de 15 000 $ de toutes les associations étudiantes. Ce fonds d’urgence, qui existe depuis plusieurs années, est une aide de dernier recours versée sous forme de prêts sur l’honneur à des étudiants qui ont besoin d’un coup de pouce pour payer leur loyer ou l’épicerie.


    Selon le membre de l’exécutif d’une association, qui a participé à cette table des présidents, l’UQAM craint que donner accès à cette aide d’urgence aux étudiants en débrayage les incite à faire la grève. « On s’est aussi fait dire que la direction de l’université aurait de la difficulté à dénicher de l’argent auprès de certains services, notamment la Fondation de l’UQAM, si les bourses s’étendaient aux étudiants en grève », a-t-il rapporté.


    L’UQAM ne fait qu’appliquer la condition du fonds de dépannage déjà existant, indique la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers. Mais si elle reconnaît son caractère exceptionnel, l’UQAM se défend de ne pas avoir adapté les conditions du fonds à la situation actuelle. « La condition ne change pas dans le contexte actuel. C’est le même fonds qui existe depuis toujours, mais on va encore mieux le nantir », a-t-elle expliqué.


    Ce prêt étant réservé aux étudiants qui ne sont plus en débrayage, les quelque 4000 étudiants encore en grève, soit les membres de l’Association facultaire des étudiants en arts de l’UQAM (AFÉA), n’y ont pas accès. Les membres des associations étudiantes seront appelés à se prononcer sur cette question la semaine prochaine lors d’assemblées générales postélections.

     

    Guignolée étudiante


    En attendant l’aide monétaire, les associations étudiantes se sont organisées pour fournir une aide directe aux leurs. En plus d’avoir établi des partenariats avec Moisson Montréal et Jeunesse au Soleil, elles ont lancé un appel à la collectivité pour recueillir des denrées non périssables, des vêtements et du matériel scolaire, une sorte de grande guignolée pour les étudiants de l’UQAM.


    Les étudiants récupèrent aussi ce que les boulangeries, les restaurants traiteurs ou les épiceries jettent, dans le but de nourrir, les mercredis et les dimanches, leurs camarades les plus démunis. « Ce sont beaucoup des parents-étudiants, des étudiants qui ont des enfants en jeune âge qui ont besoin d’une aide très directe. Des étudiants qui ont honte de demander de l’aide. Parfois, il y a eu certains froids dans les familles au sujet de la grève », explique Marjolaine Denault, de l’AFÉA. « On essaie de les rassurer. »













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