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La confusion règne sur les nouvelles mesures d’aide financière

1 septembre 2012 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
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	«Personne n’a vécu une reprise de session comme en ce moment»  –Éliane Laberge, présidente de la FECQ</div>
Photo : Archives
«Personne n’a vécu une reprise de session comme en ce moment»  –Éliane Laberge, présidente de la FECQ

Les nouvelles mesures bonifiant l’aide financière aux études annoncées en avril dernier par le gouvernement entreront-elles en vigueur dès cet automne ? Difficile à dire. Une note du ministère de l’Éducation (MELS) a semé la confusion chez les étudiants qui en sont bénéficiaires.


En effet, plusieurs d’entre eux ont reçu ces derniers jours une lettre intitulée « Nouveau relevé de calcul » les informant que leurs prestations allaient être modifiées à la suite d’une révision. Si on précise que le calcul tient compte des mesures de bonification adoptées l’an dernier dans le budget 2011-2012, il est toutefois écrit que « les mesures annoncées depuis le mois d’avril 2012 ne sont pas considérées pour le moment ».


Céline Jarrousse et son conjoint, tous deux étudiants et parents de deux enfants, ont reçu le mémo en question sur leur dossier d’étudiant qu’ils consultent par Internet. Mme Jarousse, qui a compris que les nouvelles mesures n’allaient pas s’appliquer, a aussitôt déploré cette tromperie du gouvernement Charest. « C’est un pur mensonge de la part de Jean Charest », a-t-elle dénoncé. En effet, pourquoi ne pas rendre effectives les nouvelles mesures d’aide, alors que la hausse annuelle de 254 $, elle, l’est ? s’est-elle interrogée.


Vérification faite au ministère : toutes les bonifications annoncées par le gouvernement seront effectives à l’automne 2012. « À l’exception de la bonification du Programme de remboursement différé et de la création du Régime de remboursement proportionnel au revenu qui seront mises en place pour l’automne 2013 », a-t-on indiqué au Devoir. Toutefois, personne au MELS n’a été capable d’expliquer pourquoi cette note avait été envoyée aux étudiants et ce qu’elle voulait dire. Le cabinet de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, n’a pas rappelé Le Devoir.


Le conseil des ministres a bel et bien entériné le Règlement modifiant le Règlement sur l’aide financière aux études le 4 juillet dernier. Les mesures suivantes entreront donc en vigueur cet automne : le maintien des montants maximaux de prêts, le droit, pour étudiants dont le revenu des parents n’excède pas 100 000 $, à un prêt permettant de couvrir les droits de scolarité et le coût du matériel scolaire, l’augmentation à 60 000 $ du seuil de revenu familial pour l’obtention d’un prêt, l’augmentation des bourses en amenant le seuil de la contribution parentale à 45 000 $ en 2016-2017 et la reconnaissance d’une dépense relative au transport pour les étudiants à temps partiel qui étudient en région. Ces mesures, faisant partie du budget Bachand de 2011, ont été également annoncées en avril dernier. D’où la confusion des étudiants devant la lettre qu’ils ont reçue.

 

Poule sans tête


Le ministère n’a pas non plus répondu au Devoir lorsqu’il a demandé à maintes reprises si un Conseil d’évaluation des universités allait être créé, tel qu’annoncé en avril par le cabinet du premier ministre dans une proposition de « solution globale ». Rien, non plus, sur l’octroi d’un mandat de vérification au Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études concernant les conséquences des nouvelles hausses, aussi annoncé en avril par le gouvernement.


Pour la présidente de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Éliane Laberge, l’aide financière aux études est « une poule pas de tête qui court ».


« Plus personne [au sein du ministère] ne sait ce qu’il fait. On est dans une situation extraordinaire et personne n’a vécu une reprise de session comme en ce moment. Et pourtant, j’ai l’impression que [le gouvernement] a été plus concentré sur le possible déclenchement des élections que sur ce qui se passait avec les étudiants », a-t-elle déploré. « Peu importe si les étudiants ont fait la grève, la ministre de l’Éducation est censée être là pour s’assurer que tout se passe bien avec les étudiants. C’est un échec. »

 
 
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