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Aide financière - Plus facile pour les étudiants étrangers que pour les Québécois

1 septembre 2012 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
L’aide financière pour les études collégiales et universitaires est plus accessible pour les étudiants étrangers que pour les étudiants nés au Québec.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir L’aide financière pour les études collégiales et universitaires est plus accessible pour les étudiants étrangers que pour les étudiants nés au Québec.

Les étudiants étrangers ont plus facilement accès aux prêts et bourses que les étudiants québécois. La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) juge sévèrement cette « faille » du Règlement sur l’aide financière aux études et déplore qu’elle ne soit toujours pas corrigée par le gouvernement Charest.


En effet, un étudiant réfugié, résident permanent ou citoyen naturalisé dont les parents vivent hors du Canada est automatiquement considéré comme « autonome » et la contribution parentale n’est jamais comptabilisée dans le calcul des prêts et bourses. Cela lui garantit automatiquement l’accès à une aide financière de 10 000 $ minimum et pouvant aller jusqu’à 15 000 $, quel que soit le revenu réel de ses parents.


L’étudiant québécois, lui, est d’emblée considéré comme une personne bénéficiant du soutien financier de ses parents et doit présenter une flopée de documents pour prouver le contraire. Pour être déclaré autonome, il doit notamment prouver qu’il a vécu hors du foyer familial depuis au moins deux ans ou que ses parents ont un faible revenu. N’ayant pas à faire cette preuve jugée invérifiable par les fonctionnaires du ministère de l’Éducation, l’étudiant étranger a donc un avantage par rapport aux Québécois, soutient Éliane Laberge, présidente de la FECQ.


«L’idée, ce n’est pas de dire que les étudiants étrangers n’ont pas droit à cette aide, mais c’est plutôt de souligner qu’on est devant une faille qui favorise les étudiants étrangers. Et à cette faille-là, le gouvernement libéral répond : on ne peut pas rien faire», souligne-t-elle.


Elle en veut pour preuve un échange entre un citoyen et le cabinet du premier ministre, dont sa fédération a obtenu copie, qui confirme, selon elle, que le gouvernement est bel et bien au courant des faits et qu’il cautionne le calcul. « Les revenus des parents sont déclarés et vérifiés lorsque ceux-ci habitent au Canada. Par contre, lorsque les parents habitent hors Canada, il est impossible pour le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport de vérifier l’exactitude des montants et ils sont donc exonérés de contribution parentale comme le prévoit le Règlement sur l’aide financière aux études », peut-on lire dans une lettre officielle de la direction de la planification et des programmes du ministère de l’Éducation.

 

Lenteur du gouvernement


En clair, avec cette disposition de la loi, il est possible qu’un étudiant étranger bénéficie de prestations allant jusqu’à 15 000 $, et ce, même s’il est issu d’une famille très riche, constate Mme Laberge.


Reconnaissant que cette disposition de la loi n’est pas nouvelle, elle dénonce la lenteur du gouvernement à corriger ce qu’elle considère comme des « failles » du système. « Le système n’est pas mauvais, mais il a de nombreuses failles. Comment se fait-il que [le service de l’aide financière aux études] calcule toujours que l’étudiant a besoin de 8 $ par jour pour manger ? L’indexation n’a pas été faite bien qu’on ait relancé plusieurs fois le gouvernement », note-t-elle. « Chaque fois qu’on parle d’injecter plus d’argent pour rendre l’aide plus adéquate, il y a une fermeture. »

 
 
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