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    Universités : les perturbations persistent

    L’Université de Montréal suspend ses cours jusqu’à vendredi

    30 août 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Des manifestants masqués ont forcé la direction de l’UQAM à annuler ses cours mercredi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des manifestants masqués ont forcé la direction de l’UQAM à annuler ses cours mercredi.

    Les cours ont été perturbés pour une troisième journée consécutive dans les universités montréalaises. À l’Université de Montréal, la direction a pris la décision de les suspendre jusqu’à vendredi (ce qui porte le retour en classe à mercredi prochain, étant donné le congé férié de la Fête du travail et la journée de l’élection). À l’UQAM, plus d’une centaine de cours de facultés et de départements en grève ont été levés, soit parce qu’aucun étudiant ne s’y est présenté, soit parce qu’ils ont été perturbés par des manifestants.


    Mercredi matin, de petits groupes d’individus masqués ont marché à travers divers pavillons pour faire lever les cours commandés par des facultés et départements toujours en grève. C’est ainsi que, par exemple, le cours « Système international contemporain » donné dans le pavillon Sainte-Catherine a été levé.


    Le Devoir a suivi des dizaines d’individus masqués qui sont entrés dans le local du cours pour demander aux étudiants de partir. L’enseignant a finalement levé le cours. À la sortie, certains étudiants avaient l’air exaspérés. L’un d’entre eux a quitté prestement les lieux en haussant les épaules et en lâchant : « Moi, j’abandonne. On ne peut plus étudier ! »


    Sur le trottoir, deux de ses camarades ont commenté avec un certain ahurissement la situation. « Ce cours-là n’était pas dans la liste des cours donnés par les départements en grève. Mais on nous a finalement dit que oui », s’est étonnée une étudiante de sciences politiques qui a requis l’anonymat, déplorant l’imbroglio. Son camarade, qui a toujours soutenu la grève jusqu’ici, admet qu’il a « décroché » devant les faibles taux de participation aux assemblées générales. « Les gens de science po se sont dissociés de l’AFESPED [Association facultaire étudiante de science politique et droit] et ils ont voté pour la reconduction de la grève avec 40 personnes. C’était légal, parce que le quorum de 30 personnes était atteint, mais ç’a été mal fait », a-t-il dit en laissant entendre que ce ne sont pas tous les étudiants qui ont été avertis de la tenue de la nouvelle assemblée formée.


    Les étudiants du module de science politique de l’UQAM doivent se reprononcer aujourd’hui sur la grève. Hier, dans un vote serré, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) a voté pour le retour en classe. Il ne reste plus qu’environ 4000 étudiants en grève à l’UQAM.

     

    L’UQAM porte plainte


    L’UQAM a confirmé qu’elle a bel et bien déposé des plaintes au Service de police de Montréal « contre les auteurs » d’actes d’intimidation et de perturbation. Elle n’en a pas dit davantage sur la nature des plaintes ni sur leur nombre. « On continuera d’en déposer. On ne fait pas intervenir la force pour obliger le retour en classe, par contre, on est en mode surveillance. On a des agents, on regarde ce qui se passe et on documente. Quand on a assez de preuves, on dépose une plainte », a expliqué Jenny Desrochers, porte-parole de l’UQAM.


    Les enquêtes de la police suivent leur cours. Le ministère de l’Éducation serait quotidiennement tenu informé de la situation.


    Mme Desrochers constate que les manifestants qui souhaitent perturber la tenue des cours sont de moins en moins nombreux. « Ils étaient une centaine lundi et ils ne sont plus qu’une trentaine depuis deux jours », a-t-elle noté.


    Pendant ce temps, à l’Université de Montréal, les directeurs de département et les doyens en sont à décider s’il est toujours possible de rattraper les cours malgré les séances levées ou si ceux-ci doivent être annulés. Aucun remboursement n’est prévu en cas d’annulation, mais le cours pourra être repris sans frais à une session ultérieure. Le nombre de cours annulés devrait être connu d’ici la fin de la semaine.


    Par ailleurs, une pétition exigeant la démission du recteur Guy Breton est actuellement en circulation.


    ***
     

    CUTV dénonce le travail des agents

    Le média communautaire de l’Université Concordia CUTV dénonce « les attaques du SPVM et de l’équipe Garda » dont auraient été victimes ses équipes de reporters pendant les manifestations étudiantes de lundi et mardi à l’Université de Montréal.
     

     « Nos journalistes ont été attaqués et bousculés », a dit Laura Kneale, directrice générale de la station lors d’un point de presse organisé mercredi matin devant l’UQAM. 
     

    Elle a ajouté que des plaintes pourraient être déposées, notamment pour obtenir le remboursement du matériel de tournage endommagé. La télé communautaire a diffusé en streaming toutes les manifestations étudiantes et populaires au cours des derniers mois.

    Des manifestants masqués ont forcé la direction de l’UQAM à annuler ses cours mercredi.












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