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Fondation pour l'alphabétisation – Pour que les adultes lisent

« Le meilleur modèle pour un enfant est de voir ses parents en train de lire »

1 septembre 2012 | Martine Letarte | Éducation
La Fondation pour l’alphabétisation s’attardera au développement des compétences de base sur le marché du travail.
Photo : Agence France-Presse Olivier Morin La Fondation pour l’alphabétisation s’attardera au développement des compétences de base sur le marché du travail.
La Fondation pour l’alphabétisation souhaite mettre l’adulte au coeur de plusieurs initiatives, dans les prochaines années, en matière de formation de base et de développement du goût de la lecture.

La Fondation pour l’alphabétisation est particulièrement connue pour son programme La lecture en cadeau. En mai, 30 775 enfants défavorisés ont reçu un livre neuf grâce aux nombreux donateurs québécois. La Fondation souhaite poursuivre ce programme, couronné de succès, mais aussi obtenir des réussites semblables ces prochaines années auprès des adultes. « Il y a énormément de projets au Québec, surtout en milieu défavorisé, pour encourager la persévérance scolaire des enfants et pour engager les parents dans l’éveil de leurs enfants à lecture, et c’est très bien », fait remarquer Diane Mockle, présidente-directrice par intérim et directrice des programmes à la Fondation pour l’alphabétisation.


Elle constate toutefois que ces efforts vont tous dans le même sens, alors qu’aucun ne tente de développer le goût de lire des parents pour eux-mêmes. « Par contre, le meilleur modèle pour un enfant, en matière de lecture, est de voir ses parents en train de lire eux-mêmes », affirme-t-elle.


On parle donc de faire aimer la lecture à de faibles lecteurs, ou encore à des gens qui ont mis la lecture de côté depuis longtemps. « Avec le temps, ces gens perdent leurs compétences en lecture et redeviennent de faibles lecteurs. Souvent, ils associent la lecture à l’école, à des obligations comme devoir lire un livre en trois semaines et en faire un résumé ou un exposé oral », indique Mme Mockle.


 

Le plaisir de lire


L’équipe de la Fondation pour l’alphabétisation est en train de réfléchir à des façons de faire la promotion de la lecture chez ces adultes : « Nous avons plusieurs pistes et projets en tête pour développer une stratégie cohérente avec différents partenaires. »


Il faudrait par exemple que cette clientèle particulière ait accès à des collections d’ouvrages appropriées. « On ne va pas commencer à faire lire à ces gens À la recherche du temps perdu, de Proust. Il faut respecter leur rythme. Même Marie Laberge, ce n’est pas qu’elle est difficile à lire, mais l’épaisseur de ses livres peut être rebutante pour un faible lecteur. Il faudrait diviser ses oeuvres par chapitre », explique Diane Mockle.


La Fondation pour l’alphabétisation aimerait aussi qu’on arrive à éliminer l’élitisme qui entoure l’acte de lire.


« J’aimerais que ces gens retrouvent vraiment le strict plaisir de la lecture, qu’ils commencent un livre, qu’ils le referment s’ils le trouvent ennuyant et qu’ils en choisissent un autre. Les gens peuvent aussi choisir de lire des magazines. Ils doivent s’autoriser à lire sur des sujets qui les intéressent, à leur rythme, dans des conditions qui sont les leurs, sans jugement », affirme Mme Mockle.


Des exemples inspirants


Ces faibles lecteurs pourront par la suite décider d’entreprendre une démarche de formation pour améliorer leur niveau de littératie et leurs autres compétences de base.


D’ailleurs, pour une deuxième année consécutive, la Fondation pour l’alphabétisation remettra, en collaboration avec la Fondation Desjardins, deux bourses « Je ne lâche pas, je gagne ». Ces bourses de 1000 $ chacune soulignent la persévérance et la détermination d’adultes qui ont effectué avec succès une démarche d’alphabétisation ou de formation de base. « Les gagnants de cette année seront annoncés le 5 septembre, précise Diane Mockle. Je peux déjà vous dire que ce sont des gens qui sont partis de loin et qui ont persévéré malgré les nombreuses embûches qu’ils ont rencontrées. Alors qu’ils n’avaient pas complété leur secondaire, ils sont maintenant en train de réaliser leur rêve en apprenant un métier dans une école de formation professionnelle. »


Ces gens pourront servir de modèle à plusieurs qui hésitent à se lancer. « Certains décrocheurs ne raccrochent pas parce qu’ils se disent que ce n’est pas faisable ! Mais ce l’est et les gagnants de ces bourses en sont la preuve. Entreprendre une démarche de formation permet de réaliser ses rêves, de sortir de la précarité », observe Mme Mockle.


Promouvoir la formation de base


La Fondation pour l’alphabétisation souhaite aussi s’attaquer prochainement au développement des compétences de base des gens sur le marché du travail. L’organisme a réalisé une enquête dernièrement dans 300 PME de Montréal. « Nous soupçonnions que les formations offertes dans les PME s’adressaient principalement aux cadres et aux professionnels, donc à des gens déjà formés. Nous nous doutions que fort peu de PME avaient le souci d’offrir de la formation pour rehausser les compétences de base des autres types de travailleurs, comme ceux du secteur de la production », affirme la présidente-directrice par intérim.


Lorsqu’elle fait allusion aux compétences de base, cela inclut les compétences d’écriture, de lecture et de calcul, mais aussi d’autres compétences essentielles aujourd’hui sur le marché du travail. « Je pense par exemple aux connaissances de base en informatique, indique Mme Mockle. Les travailleurs doivent aussi développer leurs capacités à travailler en équipe, à résoudre des problèmes. Il faut mieux sensibiliser les employeurs aux avantages d’avoir une main-d’oeuvre semi-spécialisée qui détient des compétences de base plus importantes. Cela permet le maintien en emploi, le rehaussement de la productivité et, éventuellement, une mobilité dans l’entreprise. »


La Fondation pour l’alphabétisation pourra diffuser les résultats de son enquête cet automne, après avoir complété le processus de validation des chiffres. Toutefois, Mme Mockle affirme déjà que le besoin de formation est évident dans les PME.


« Je crois que la Fondation pour l’alphabétisation pourrait faire beaucoup de sensibilisation à ce sujet. Nous pourrions aussi faire le lien entre ceux qui offrent de la formation et les entreprises qui en ont besoin, par exemple via une ligne info. Nous souhaitons convaincre Emploi-Québec et la Commission des partenaires du marché du travail de l’importance d’aller de l’avant dans le domaine. »


 
 
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