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    Rentrée universitaire - «Une situation schizophrénique»

    Les professeurs de l’UdeM dénoncent l’intervention de policiers

    29 août 2012 |Nancy Caouette | Éducation
    Comme lundi (notre photo), des étudiants ont arpenté mardi les corridors de l’Université du Québec à Montréal pour prévenir la tenue des cours.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Comme lundi (notre photo), des étudiants ont arpenté mardi les corridors de l’Université du Québec à Montréal pour prévenir la tenue des cours.

    L’histoire s’est répétée, mardi, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et à l’Université de Montréal (UdeM), alors que des manifestants exhortaient, pour une deuxième journée, les étudiants de quitter les salles de cours dispensés par des facultés toujours en grève.

     

    Des 70 cours levés sans grabuge ni grand vacarme en matinée à l’UQAM, 50 ont été annulés parce qu’aucun étudiant ne s’y était présenté, selon la direction. À l’UdeM, plusieurs dizaines de policiers ont dispersé les manifestants et procédé à l’arrestation pour voies de fait de 16 personnes.


    « C’est une situation schizophrénique ! s’indigne la vice-présidente du Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), Marianne Kempeneers. La liberté académique et même fondamentale des professeurs est atteinte », juge-t-elle, décrivant l’intervention des policiers comme une « réelle agression ».


    Accompagnée d’une vingtaine de professeurs rassemblés devant le pavillon de la rue Jean-Brillant où leurs collègues enseignaient en dépit des perturbations, Mme Kempeneers a précisé que son syndicat a demandé à l’administration de ne plus faire entrer les policiers jugés à la source des faux pas de cette rentrée.


    Les professeurs de l’UQAM n’ont, pour leur part, pas été contraints d’enseigner en présence d’agents de la paix. Tirant les leçons des interventions policières contre les manifestants opposés aux compressions dans le régime de prêts et bourses en 2005 et au plan de redressement de l’UQAM en 2008, l’administration a préféré garder les policiers en dehors de ses murs.


    « Ce sont de mauvaises situations que nous n’avons pas voulu répéter, précise la conseillère en relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers. Nous sommes toutefois constamment en contact avec le service de police de Montréal. »


    Présence policière ou non, les préoccupations des chargés de cours de l’UQAM quant aux éventuelles sanctions de la loi 12 sont tangibles. « Les chargés de cours qui décident d’annuler un cours en raison de perturbations sont laissés à eux-mêmes pour le moment, regrette une chargée de cours sous le couvert de l’anonymat. Contrairement aux professeurs, qui sont, en quelque sorte, protégés par le fonds de leur syndicat et de la CSN, nous, notre syndicat a bâillonné le vote sur cette protection la semaine dernière », déplore-t-elle.


    L’administration de l’UQAM envoie des rapports journaliers sur la reprise des cours au ministère de l’Éducation, sans toutefois savoir comment s’effectueront d’éventuelles sanctions.


    Par ailleurs, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) et le module de science politique tiendront respectivement une assemblée générale spéciale mercredi et jeudi pour revoter la grève en raison de pétitions signées par des membres exigeant un second vote de grève.


    ***
     

    « C’est assez », lance Charest

    Le « message » des opposants à la hausse des droits de scolarité a été assez entendu, estime Jean Charest. Il faut que ceux-ci, jusqu’au 4 septembre, arrêtent de manifester et de bloquer les cours. « C’est assez. À une semaine du vote, là, on devrait permettre aux Québécois de s’exprimer et de le faire paisiblement sans verser dans l’intimidation, et j’espère que ce message-là va être accepté », a-t-il déclaré hier après-midi lors d’un point de presse non prévu à l’horaire à Sainte-Marie-de-Beauce.
     

    Il a trouvé « désolant qu’à une semaine d’un vote au Québec il y a des gens qui se prêtent à ce jeu-là ». Mais il compte sur l’élection pour trancher la question : « Ça va être une voix forte qui va s’exprimer le 4 septembre prochain. La majorité silencieuse dont on parle depuis le début de cette campagne-là va s’exprimer. » M. Charest invite les autorités universitaires dans les deux campus à « assumer les responsabilités » en soulignant qu’elles ont « ce qu’il faut pour le faire ».


    Antoine Robitaille













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