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    Rentrée universitaire - Avec ou sans matraque

    La rentrée tout en douce dans les collèges du Québec avait permis de croire à un quasi-retour à la normale, qui ne pourrait alimenter le refrain « violence et intimidation » prisé par certains. Eh bien ! Le printemps s’est transporté hier jusqu’aux portes de l’UQAM et de l’Université de Montréal, fournissant la preuve que le conflit couve encore, malgré les verrous d’une loi spéciale. Autopsie d’une journée mouvementée.


    était digne du plus authentique déjà-vu : côté UQAM, des classes se vidant avec efficacité par la présence seule de manifestants-terreur - tous étudiants ? permettez-nous d’en douter… Efficace, impressionnant : des jeunes masqués, lunettes au visage, investissant les classes pour encercler les étudiants venus assister à leur cours. Chahut sur les bureaux, engueulades, cris, lumières ouvertes puis refermées ; de quoi faire déguerpir rapidement les anti-grève.


    Côté Université de Montréal, même scénario, à ceci de différent que la direction a décidé d’y ajouter le piquant d’une opération policière. On se serait cru au plus coulant de notre printemps érable, les gaz lacrymogènes en moins… Des étudiants masqués faisant corps pour bloquer l’accès à un cours et, face à eux, une ligne bien rangée de casques anti-émeute. Le tout, dans une institution d’enseignement supérieur où des cours se donnaient dans une relative quiétude. Contexte d’apprentissage ? Très peu gagnant, merci.


    Sur fond de loi 12, il faut concéder que la marche à suivre n’est pas claire pour les institutions, aux prises avec de cruciales décisions à prendre en mode express. Un peu de compréhension avant de tirer à boulets rouges sur les autorités. La confusion explique peut-être en partie que l’UQAM et l’UdeM aient réagi hier de manière diamétralement opposée face à des scénarios somme toute assez semblables, tout en invoquant toutes deux « la sécurité des personnes ». La loi spéciale oblige les établissements à tout mettre en oeuvre afin de fournir la prestation de cours, grève ou pas, on le sait. Mais dans la « réalité », comment appliquer une phrase alambiquée comme « tout établissement, ses dirigeants et ses représentants doivent prendre les moyens appropriés pour que soient dispensés les services d’enseignement à l’ensemble des étudiants qui y ont droit » ? Quels sont les moyens appropriés au juste ?


    Hier, l’UQAM a jugé que ces moyens ne comprenaient pas le SPVM. « Ça pourrait envenimer les choses, c’est risqué », expliquait Jenny Desrochers, aux relations de presse. À l’Université de Montréal, la décision fut « difficile à prendre », note Mathieu Filion, porte-parole, mais les policiers ont été appelés en renfort. Leur travail a mené à 20 arrestations, dont 19 jeunes faisant désormais l’objet d’une enquête en vertu de la loi 12. À l’université de la montagne, seuls 4 cours ont été levés sur 200 (contre plusieurs dizaines à l’UQAM), et 2000 étudiants sont toujours en grève sur 45 000 (contre 10 000 à l’UQAM).


    Ces scénarios opposés nous enseignent le casse-tête confus et complexe que constitue l’application d’une loi-matraque aux balises floues balancée aux pattes des collèges et universités tel un cadeau empoisonné.













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