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    Jour de retour en classe - Imbroglio à l’Université de Montréal

    Les chahuteurs pourraient être récompensés

    27 août 2012 |Jessica Nadeau | Éducation

    Il pourrait s’avérer plus payant pour les étudiants de l’Université de Montréal de perturber les classes lundi matin que de ne pas s’y présenter. C’est du moins ce que laisse entendre une note interne envoyée par le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, à l’intention des cadres.


    La « consigne sur le cadre administratif », qui circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, précise que s’il n’y a « aucun étudiant en classe », l’enseignant doit avertir le doyen et que le « cours est annulé ».


    Par contre, s’il y a des étudiants en classe, « mais que le climat est impropre à donner un cours (bruits, perturbations, etc.) », l’enseignant doit prévenir la sécurité et la séance sera annulée. Le recteur précise : « Les étudiants ne seront pas remboursés, mais pourront se réinscrire sans frais aux cours annulés à un trimestre ultérieur. »


    Contacté par Le Devoir, le président du Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), Jean Portuguais, estime que la lettre contient « des choses étonnantes ».


    « Pour moi, cela signifie que si les étudiants ne se présentaient pas et décidaient d’avoir des classes vides, le cours serait annulé et les étudiants auraient une pénalité directement, sans possibilité de reprise. Alors que s’ils se présentent et font des bruits et des perturbations, ils ne seront pas remboursés, mais ils pourront le reprendre à une date ultérieure. » Selon lui, une telle directive exacerbe « l’incertitude qui plane ». Le « double standard » véhiculé par le recteur lui laisse croire que « l’université se met elle-même en contravention de la loi, car elle envoie le message à ses cadres que s’il y a du bruit, on va annuler le cours qui sera repris à un autre moment ».

     

    Conséquences


    À l’Université de Montréal, le responsable des communications, Mathieu Filion, ne voit aucune contradiction dans le message envoyé par le recteur et rappelle qu’une note explicative a été envoyée à tous les étudiants pour encadrer la reprise des cours. Il dit être au courant que la consigne adressée aux cadres circule sur les réseaux sociaux, mais répète ad nauseam qu’il n’y voit aucune incitation à la perturbation des classes.


    « Il va y avoir des conséquences si un étudiant vient perturber la classe, précise le porte-parole. Quels seront les résultats de ces actions, ce n’est pas à moi de juger, mais il va y avoir des conséquences. »


    Il laisse également planer la possibilité que la reprise des cours sans frais puisse s’appliquer uniquement aux étudiants qui n’auraient pas participé aux perturbations.


    Les étudiants de l’Université de Montréal doivent rentrer en classe lundi matin, et le syndicat des professeurs entend respecter la loi. « On ne va pas pouvoir aller aussi loin que nos collègues de l’UQAM, affirme Jean Portugais. On aimerait avoir le même courage, mais on n’a pas les fonds. »


    Il déplore que les professeurs ne soient « pas considérés » et s’attend à avoir un conseil syndical « mouvementé » lundi soir.













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