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    Les étudiants touchés par la grève voient leur aide financière amputée

    25 août 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
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	Selon la loi, les étudiants perdent leur supplément si l’interruption des études a excédé quatre mois.</div>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Selon la loi, les étudiants perdent leur supplément si l’interruption des études a excédé quatre mois.

    Les étudiants qui se sont inquiétés du retard de leurs prestations d’aide financière ne sont pas au bout de leurs peines. Car celle-ci pourrait être sérieusement amputée en raison de la grève, a constaté Le Devoir.


    Des étudiants verront en effet leur aide financière retranchée de montants allant jusqu’à 3000 $, dans certains cas. C’est la mauvaise nouvelle que plusieurs d’entre eux apprennent ces jours-ci.


    En allant vérifier son dossier d’étudiant sur le site Internet de l’aide financière aux études, Julien, un étudiant de l’Université Laval qui préfère taire son nom de famille, a été surpris d’apprendre qu’on allait le priver d’une somme de 3072 $, appelée «supplément». On l’a informé que cette somme, qui est un coup de pouce additionnel souvent octroyé pendant la période creuse de l’été, ne lui sera pas versée, en vertu du règlement 44 de la Loi sur l’aide financière aux études.


    En clair, ce règlement stipule que le « supplément » est accordé à l’étudiant qui n’interrompt pas ses études pendant plus de quatre mois durant une même année. Or, pour le ministère de l’Éducation, la session s’est terminée le 30 avril, malgré la grève, et celle d’automne recommence le 1er octobre, ce qui constitue une interruption de cinq mois.


    Dans le cas de Julien, c’est une amputation de 777 $, un montant qu’il aurait dû recevoir début septembre. Il a également été privé d’un montant de près de 2300 $ qu’il devait recevoir parce qu’il a suivi des cours d’été.


    « Je rage depuis que j’ai appris la nouvelle », a dit Julien, dont la situation précaire lui fait bénéficier du maximum des prêts et bourses. « Je vais finir encore plus endetté. » Il songe à déposer une plainte à l’ombudsman dans les prochains jours.


    Plusieurs seraient dans cette situation, mais le ministère de l’Éducation (MELS) n’a cependant pas été en mesure de confirmer combien d’étudiants sont visés par cette décision en vertu du règlement 44. Même qu’on avait du mal à comprendre la requête du Devoir. « On ne peut pas répondre à savoir pourquoi l’aide financière dans ce cas-là ou dans des cas similaires ne se rend pas. On a de la difficulté à comprendre », a dit la porte-parole du MELS, Esther Chouinard.


    Vérification faite au bureau de l’aide financière de l’Université Laval : grève ou pas, la loi a été appliquée à la lettre, tel que décidé par le MELS. Les étudiants perdent leur supplément si l’interruption des études a excédé quatre mois. Plusieurs étudiants ont appelé pour signifier leur mécontentement, confirme-t-on.

     

    « Improvisation »


    Pour la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, c’est « de l’improvisation pure et dure ». « On a lancé des bonifications pour faire croire aux gens que ça allait être mieux, alors qu’on leur fait plutôt payer doublement le coût de la grève. Car non seulement les étudiants vont devoir rattraper [leurs cours] dans des conditions difficiles, mais on ne leur donne pas leur aide à temps et on n’a pas adapté le système en fonction de la grève pour qu’ils aient droit à des allocations supplémentaires », a-t-elle lancé. Selon elle, les étudiants continueront d’avoir de mauvaises surprises. « Ceux qui vont avoir travaillé pendant la grève vont se voir couper leurs bourses, parce qu’ils auront eu trop de revenus et parce qu’ils auront interrompu leurs études pendant plus de quatre mois », a-t-elle expliqué.


    Mme Desjardins déplore le flou entourant l’aide financière. « La façon de calculer les prêts et bourses a été changée et les fonctionnaires sont incapables de nous dire comment ça va s’opérationnaliser. Le nombre d’étudiants qui vont en bénéficier est inconnu », a-t-elle soutenu.













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