Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Les professeurs de l’UQAM sont prêts à défier la loi spéciale

    Le syndicat choisit de refuser de donner un cours si les conditions ne le permettent pas

    24 août 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    L’Association facultaire des étudiants en arts de l’UQAM aurait laissé entendre au syndicat des professeurs qu’il y aurait une levée de cours lundi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’Association facultaire des étudiants en arts de l’UQAM aurait laissé entendre au syndicat des professeurs qu’il y aurait une levée de cours lundi.

    La rentrée à l’UQAM lundi s’annonce moins calme que prévu. Les professeurs se sont dotés d’un mandat leur permettant de refuser de donner un cours si les conditions ne le permettent pas, ce qui contrevient à la loi spéciale. Les professeurs réitèrent ainsi leur appui aux associations étudiantes toujours en grève, comme celle de la Faculté des arts et de la Faculté des sciences humaines, comptant 8000 étudiants, qui décideraient de ne pas se présenter en classe ou de perturber la tenue des cours.

     

    Réunis hier en assemblée générale, les membres du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) ont finalement voté à majorité pour un déclenchement « d’un arrêt de prestation », si l’université les obligeait à donner un cours coûte que coûte, comme le prévoit la loi 78. Le syndicat serait alors considéré comme en « grève illégale », passible de 50 000 $ d’amende par jour de débrayage et de 250 000 $ par jour à partir du deuxième jour de grève en vertu de la loi spéciale.


    « La direction souhaite relayer intégralement le message de la loi et donc forcer le professeur ou chargé de cours à donner des enseignements dans toutes les conditions, sauf s’il y a manifestation tangible de violence », a expliqué Jean-Marie Lafortune, le président du SPUQ. « Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il faut que l’enseignant puisse exercer son jugement. Et s’il n’y a qu’une personne pour un séminaire de trois personnes, c’est correct. Mais une personne dans une classe de 80, ce n’est pas normal », a-t-il ajouté.


    La décision des professeurs, jeudi, a sans doute été confortée par le fait qu’ils pourront désormais bénéficier du fonds de défense de la CSN pour défrayer les coûts judiciaires en cas de poursuite. Pour ce faire, le syndicat a dû remplir certaines modalités, notamment faire valider le texte de proposition par les services juridiques et mettre un point « vote de grève » à l’ordre du jour.


    « On a respecté à toutes les conditions, procédé à un vote secret et 30 % de nos membres sont venus et la proposition a été appuyée à 65 % », a souligné M. Lafortune. « L’idée était de dire aux professeurs : “N’obéissez pas aveuglément et vous aurez l’assurance que vous serez défendus.” »


    L’Association facultaire des étudiants en arts, qui a reconduit la grève, aurait laissé entendre au président du SPUQ qu’il y aurait une levée de cours lundi, ce qui lui fait dire qu’il y aura certainement du « brasse-camarades ».


    Jointe avant de connaître l’issue du vote de l’assemblée, la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers, n’a pas souhaité commenter l’affaire. « On va attendre à lundi pour voir comment ça se passe », a-t-elle dit. Lundi, 27 000 étudiants de l’UQAM prendront le chemin de l’école pour une session de rattrapage. Parmi eux, plus de 8000 étudiants seront toujours en grève.


    Le projet de loi 78 adopté en mai par le gouvernement Charest stipule que les enseignants doivent se présenter au travail et accomplir les devoirs attachés à leurs fonctions dès l’entrée en vigueur de la loi. Tous ceux qui ne s’y conforment pas, étudiants comme professeurs, peuvent écoper d’amendes sévères.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.