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    «Charest dehors», mot d’ordre des manifestants

    En période électorale, la manifestation du «22 du mois» a débordé du thème de l’éducation

    23 août 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Des milliers de manifestants ont marché dans les rues de Montréal, mercredi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des milliers de manifestants ont marché dans les rues de Montréal, mercredi.
    Estimant qu’on avait peu parlé d’eux pendant la campagne électorale, ils ont pris la rue pour se faire entendre. Des milliers de manifestants étudiants et anticapitalistes ont marché hier au centre-ville de Montréal, livrant en bloc un message sans équivoque : « Cha-rest ! De-hors ! »

    La bonne humeur et le calme dans lesquels s’est déroulée la grande marche de protestation contrastaient avec la véhémence du ras-le-bol des marcheurs, tous sympathiques au mouvement des « carrés rouges ». « Le thème de la manif, c’est de mettre Charest dehors. Je me devais d’être là », a lancé franchement Alicia, qui n’est pas étudiante, mais qui s’est laissé rapidement gagner par le mouvement. « Les Québécois sont dans la rue en ce moment, et c’est assez clair pour qui ils prennent ! »


    Encore une fois, la marche du 22e jour du mois, une tradition instaurée par le mouvement étudiant depuis le mois de mars, a eu de plus larges desseins. Elle a servi de prétexte à des citoyens de tous âges et des organismes de la société civile en ont profité pour dénoncer les politiques néolibérales du gouvernement, la tendance à la privatisation, sans oublier, bien sûr, la hausse des droits de scolarité. « Je suis tannée du gouvernement et je suis contre son néolibéralisme », a lancé Maritza Hernandez, une résidante de l’arrondissement Saint-Léonard, pour expliquer sa présence.


    « On espère porter un grand coup. C’est notre dernière chance pour nous donner une grande visibilité et montrer aux libéraux et au reste du Québec qu’on n’a pas lâché, malgré un relâchement normal pendant l’été », a soutenu Pascale André, étudiante à l’UQAM et mère de famille.


    La porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, Véronique Laflamme, souhaite voir les formations politiques proposer de nouvelles avenues fiscales afin de tourner le dos aux « politiques néolibérales instaurées en douce […] depuis près de 20 ans ». « On a les moyens », mais « il faut faire des choix fiscaux », a dit Mme Laflamme, dont l’organisme a coorganisé la manifestation avec la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).


    La manifestation, dont le trajet n’a pas été divulgué à la police, s’est mise en branle vers 15 h pour se terminer environ deux heures plus tard, à la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal. Les policiers ont procédé à une arrestation, mais aucun affrontement avec des manifestants n’a eu lieu. Dix cégeps et plusieurs associations étudiantes universitaires avaient voté une levée des cours pour participer à la journée, décision que les directions d’établissements n’ont finalement pas contrecarrée.


    Dans ce grand rassemblement portant assez volontiers les couleurs du Parti québécois (PQ) mais surtout celles de Québec solidaire et d’Option nationale, les manifestants en voulaient d’abord au Parti libéral et à la Coalition avenir Québec (CAQ). Une poignée d’individus ont été aperçus en train d’arracher les pancartes de ces partis en début de parcours.


    Lors d’un point de presse, en début d’après-midi, les leaders étudiants ont appelé à ne pas voter pour ces deux partis. « On rappelle au Parti libéral du Québec, mais aussi aux caquistes, car ils semblent [afficher] le même mépris envers nous, que la “rue”, c’est aussi les Québécois », a souligné Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). « Dans les débats des derniers jours, il n’y a pas beaucoup de partis qui offrent une vision de l’éducation et une vraie évaluation de nos besoins. C’est déplorable de voir si peu de leadership, notamment du gouvernement et d’autant plus des caquistes, qui disent vouloir le changement, mais qui répètent exactement la même plateforme que le gouvernement libéral en 2003. »


    Est-ce un appel à voter pour le PQ ? « Pas nécessairement », a répondu Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale (FECQ). « Mais on invite les citoyens québécois et particulièrement les jeunes à être critiques et, oui, à réaliser que certains prônent l’accessibilité aux études et d’autres, certainement pas. » Pour inciter les jeunes à voter, des bénévoles mènent actuellement une campagne téléphonique.


    L’issue du scrutin est incertaine, mais déjà, les étudiants ont annoncé que plusieurs congrès et assemblées générales se tiendront dans les jours qui suivront l’élection. « Peu importe ce qui va se passer dans les prochaines semaines, il va falloir continuer à se mobiliser et à se questionner collectivement. Et à continuer à parler d’éducation, parce qu’on a beau annuler cette hausse-là, il y a quand même des menaces d’une marchandisation de l’éducation », a affirmé la coporte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds. « Le 4 septembre est moins important que le 5 septembre. Et le 5 septembre, nous continuerons à nous battre comme nous nous sommes battus depuis six mois, comme nous nous battrons chaque soir jusqu’à la victoire. »













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