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    Manifestation étudiante - Ce qui est en marche

    La manifestation étudiante de ce mercredi - il s’y mêlait d’autres groupes, mais les jeunes prédominaient - n’avait rien à envier aux autres manifs du 22, rendez-vous mensuel depuis mars. De la foule, des demandes, des slogans, de la musique, de l’humour et une assurance tranquille. Avis aux libéraux : la rue n’a pas peur de la rue, et ne veut pas faire peur au monde non plus.

    Différence notable toutefois, les sigles de Québec solidaire et d’Option nationale étaient omniprésents, et les affiches libérales et caquistes ont passé un mauvais quart d’heure. Comment peut-il en être autrement en pleine campagne électorale ?


    Pourtant, c’est une phrase écrite à la main, en anglais, sur le carton d’une manifestante, qui résumait le mieux ce qu’a encore été ce grand défilé d’une jeunesse pas blasée : « This is a movement, not an electoral talking-point. »


    Non, les droits de scolarité ne sont pas un enjeu électoral. Une affirmation à prendre au sens strict d’abord, puisque, du moins jusqu’à mardi, les débats des chefs n’ont pas réussi à leur faire de la place. Comme si la question n’existait pas. Assurément, pour aspirer à prendre le pouvoir, c’est à la population vieillissante à soigner qu’il faut parler, vu son poids démographique et financier, pas à ceux de 20 ans !


    Mais pour les étudiants qui manifestent, les droits de scolarité ne sont pas non plus un enjeu électoral dans son sens traditionnel : un point d’une liste, isolé du reste. Même en obtenant satisfaction ou en rentrant en classe, ce qui est en cause embrasse plus large : un mouvement, soulignait la jeune manifestante.


    Il n’y aura pas nécessairement de raz-de-marée des jeunes aux urnes le 4 septembre, ni de manifs tous les 22 du mois, ni même un jour de lendemains qui chantent. Mais ce qui est clair pour la suite des choses, c’est qu’il y aura quelque chose, et de différent, avec cette jeunesse-là.


    On peut bien ergoter sur le nombre de jeunes qui ont pris la rue en ce 22 août, mais quand mois après mois les coins de rue du centre-ville sont bloqués pendant une heure parce qu’ils défilent rang après rang, sans s’arrêter, c’est du monde, c’est nouveau et c’est inusité. Ce que ces jeunes ont désormais intégré, c’est la prise de parole : dire à leur société qu’il faut penser l’avenir, leur avenir, autrement. Que le trait comptable n’est pas tout pour dessiner le Québec du XXIe siècle.


    Pourtant, dans les débats, les chefs des trois principaux partis ne causent ni d’environnement, ni des fondements de l’éducation, ni du monde du travail… Bien sûr, l’un d’eux gagnera le 4 septembre. Mais ils ratent vraiment le bateau en mouvement.













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