Mobilisation incertaine pour la manifestation du «22 du mois»

Malgré un mouvement de plus en plus grand de retour en classe, la rue, elle, ne sera pas désertée, promettent les organisations étudiantes. Mais en ce contexte électoral, la mobilisation pour la traditionnelle manifestation des « 22 du mois » qui se tient mercredi s’annonce incertaine.

Selon Martine Desjardins, la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), la loi électorale, qui limite les dépenses que peuvent faire des organisations à des fins partisanes lors d’une campagne, ne permettra pas aux manifestants des régions de louer des autobus pour venir à Montréal. « Ça bloque les régions, a-t-elle soutenu. J’ai l’impression que la manifestation va être plus locale. »


Elle croit néanmoins que cette baisse des manifestants des régions sera compensée par la venue d’autres organisations, qui ont un message à passer en cette campagne électorale. « Des gens de partout viendront à la manifestation pour mettre en avant des enjeux oubliés dans la campagne. Ça revêtira un caractère moins étudiant », a-t-elle noté. Dans cette manifestation organisée conjointement par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et la Coalition opposée à la privatisation et à la tarification, on attend ainsi, en plus de représentants de syndicats, des groupes comme Profs contre la hausse, Têtes blanches et carré rouge, Mères en colère.

 

La loi spéciale pourrait nuire


Mme Desjardins craint aussi que le projet de loi 78, qui prévoit des amendes sévères aux associations et à ses représentants qui organisent des levées de cours et du piquetage, influence la participation. « D’autant qu’il y a eu une sortie du Service de police de Montréal qui a dit que, maintenant, il sait comment appliquer la loi spéciale. C’est clair que ça va influencer la participation », a-t-elle souligné.


La CLASSE a quant à elle dépêché son comité légal pour donner de la formation aux étudiants. « La loi vise à faire peur, mais elle ne menace pas les étudiants qui n’ont pas assisté à leurs cours. C’est au niveau des levées de cours et des lignes de piquetage », a expliqué Camille Robert, l’une des porte-parole de la CLASSE.


Même s’ils sont retournés à l’école, les étudiants de plusieurs cégeps ont voté pour une levée de cours aujourd’hui, comme le collège Bois-de-Boulogne, le collège Rosemont et le cégep de Maisonneuve. Mme Robert souhaite que cette décision des associations soit respectée par les directions des établissements pour éviter tout dérapage. « Les moments où on a vu plus de confrontation, c’était quand les directions ne respectaient pas les votes de grève », a-t-elle indiqué.


Au collège de Maisonneuve, les cours seront suspendus. Plus précisément, la journée d’aujourd’hui, de même que la journée des élections, sera mutée en journées d’« évaluation formative », une journée normalement intégrée au calendrier où les enseignants se rendent disponibles pour répondre aux questions des étudiants.


Bien qu’elles aient voté contre la poursuite de la grève, plusieurs associations universitaires enjoignent à leurs membres de continuer la mobilisation dans la rue. Hier, certaines associations universitaires, dont celle du secteur des sciences de l’UQAM, ont voté pour un retour en classe.

8 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 22 août 2012 02 h 34

    Fruits de saison

    Alors que l'écureuil se penche sur la Caisse des dépôts, le développement de ses interventions, le citoyen rappelle au personnel politique que les problèmes demeurent, que le scrutin proche ne vaut pas absolution, qu'il appartient à chacun de renouveler ses doléances, ses propositions, pour ouvrir une nouvelle page, dorée par les couleurs de l'automne, enluminée par le carré rouge.

  • Maurice Morineau - Inscrit 22 août 2012 05 h 31

    Mobilisation incertaine....

    La gratuité scolaire de la Maternelle à l'Université devrait être une exigence forte pour la réussite scolaire de tous.En France,130 000 étudiants sortent du Système éducatif sans diplôme et le rapport Pisa a montré l'incapacité de l'école publique à réduire les inégalités....Avec les communistes français,exigeons:la gratuité totale,zéro arme nucléaire pour une école Publique de la réussite de tous, le doublement des Bourses scolaires, un débat pour une sortie de l'euro et une rupture avec l'UE du capital. Maurice Morineau PCF 50

    • Alexie Doucet - Inscrit 22 août 2012 11 h 37

      En effet, à l'époque où était instaurée la gratuité scolaire au Québec, le diplome secondaire vous ouvrait à peu près toutes les portes du monde de l'emploi. Comme ce diplome n'ouvre à peu près plus rien (ça prend mainitenant des études spécialisées pour être aide cuisinier ou préposé aux bénéficiaires), il faudrait adapter la gratuité scolaire à la réalité du marché actuel et l'étendre à 3 années d'université.

  • Marie-Claude Mirandette - Inscrit 22 août 2012 09 h 23

    précision

    Le projet de loi 78 est devenu loi 12 lorsqu'il a été adopté. On ne peut dès lors plus le désigner par son no de projet puisque c'est désormais une loi. Il serait peut-être temps de vous mettre à jour dans vos informations.

    • Daniel Bérubé - Abonné 22 août 2012 17 h 40

      Vous avez raison, le projet est devenu une loi, mais une loi que je considère rejeté par la mojorité des citoyensES, et auquel le peuple ne fut pas consulté, et perdit bien des droits de manifestations, même que cette loi est critiqué par bien des organismes mondiaux.

      Alors, moi, je considère qu'elle ne fut acceptée que par le gouvernement, et qu'aux yeux du peuple, elle n'aurait dû rester que projet tant et aussi longtemps que la population ne l'ait pas accepté elle-même, considérant les impacts de cette loi sur les liberté d'expressions et de communications. Le peuple se doit de conserver le droit de manifester, et s'il perd ce droit (devenu presqu'un privilège d'y avoir droit actuellement) , comme je disais, s'il perd ce droit... la partie est perdue... et le Québec sera à vendre sous peu...

  • André Michaud - Inscrit 22 août 2012 09 h 53

    Aider M.Charest ?

    Une manif aiderait sûrement M.Charest à se repositionner comme le leader qui se tient debout contre le chaos..

    • André Le Belge - Inscrit 22 août 2012 12 h 16

      Ça, c'est la meilleure:«M.Charest... le leader qui se tient debout contre le chaos»! Le politicien qui a patenté un appel aux urnes à l'aide des manifestations de grève étuduante...

  • Daniel Bérubé - Abonné 22 août 2012 14 h 27

    Il serait intéressant

    Si nous aurions la possibilité de savoir dans quelles villes, quel secteur, l'heure et le lieu de départ de ces manifestations... serait-il possible que quelqu'un puisse nous donner une adresse ou autre où nous pourrions aller chercher ces informations pour y participer ?

    Je demere à une vingtaine de k.m. de Rimouski, et il m'aurait fait plaisir d'y participer si j'aurais eu l'information... le problème, c'est qu'on le sait APRÈS l'évènement, aux nouvelles régionnales...

    Un gars du bas-du-fleuve.
    Daniel Bérubé