Les étudiants reçoivent une facture plus élevée

À McGill, les droits de scolarité pour un semestre au 3e cycle ont bondi à 1201,95 $.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir À McGill, les droits de scolarité pour un semestre au 3e cycle ont bondi à 1201,95 $.

La rentrée universitaire approche à grands pas, et certains étudiants ont déjà reçu une facture plus élevée, a constaté Le Devoir. Plusieurs universités ont commencé à envoyer des factures majorées, correspondant à la hausse annuelle imposée par le gouvernement Charest de 254 $ pendant sept ans.

À l’Université McGill, Jim (nom fictif), étudiant au doctorat, a reçu le 4 août une facture qui fixait, parmi d’autres frais, les droits de scolarité du 3e cycle pour un semestre à 1083,90 $. Deux jours plus tard, il a reçu une seconde facture, plus élevée, de 1201,95 $, payable au plus tard le 31 août. À l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les factures majorées sont envoyées depuis la mi-juillet, mais les étudiants devront l’acquitter quelques semaines après la rentrée, qui se fera en même temps pour tous les étudiants, soit le 1er octobre.


À l’Université de Montréal, les factures seront envoyées à la mi-septembre. L’Université Laval fera de même pour ses étudiants qui commenceront les cours au lendemain des élections le 5 septembre, mais procédera à un second envoi, décalé, aux étudiants qui commenceront le 1er octobre. À l’Université Concordia, la facture majorée est générée par Internet au moment de l’inscription en ligne.


Si les universités disent ne faire qu’appliquer les directives ministérielles, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) trouve ce choix prématuré étant donné que les élections pourraient changer la donne. « C’est très précipité. On se demande ce que cache cet empressement à demander aux étudiants de payer alors qu’on est en pleine élection. Rien n’indique que la hausse va être maintenue », a dit la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins. Elle fait remarquer que l’empressement du gouvernement à bonifier l’aide financière n’est toutefois pas le même, puisque les changements promis aux prêts et bourses n’entreront en vigueur que le 1er octobre.


Si le Parti libéral n’est pas réélu, la hausse pourrait effectivement être suspendue pour le semestre d’automne 2012 qui s’amorce. Ce serait le cas avec un gouvernement péquiste, a souligné la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui souhaite néanmoins une indexation du coût des études. Les montants de la hausse déjà perçus seraient ainsi remboursés.


Advenant un gouvernement dirigé par la Coalition avenir Québec, la majoration des droits de scolarité sera suspendue jusqu’en janvier 2013, avait précisé son chef, François Legault. Son parti propose toutefois une augmentation de la facture de 200 $ par année pendant cinq ans.


La plupart des universités ont déjà planifié leurs budgets en fonction de la hausse des droits de scolarité, qui doit leur rapporter un financement supplémentaire de 160 millions. Elles devront s’adapter si les directives gouvernementales changent. « On n’a pas de scénario pour le lendemain de l’élection. Si le gouvernement nous demande de changer, on va s’ajuster », a indiqué Mathieu Filion, du service des communications de l’Université de Montréal.

8 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 21 août 2012 07 h 57

    Où est la surprise?

    La hausse des frais est une décision qui a déjà été prise par le ministre des Finances et qui n'a jamais été annulée, malgré tous les efforts des étudiants.

  • François Dugal - Inscrit 21 août 2012 08 h 08

    L'étudiant utilisateur-payeur

    L'accès à l'éducation sous le joug du modèle capitaliste de l'utilisateur-payeur: quelle misère.

  • Dominic Cliche - Inscrit 21 août 2012 10 h 43

    Erreur factuelle

    La hausse n'est pas de 254$ sur sept ans, mais de 1778$ sur sept ans. Une hausse cumulative de 254$ par année, qui fait augmenter à terme le coût d'études au baccalauréat de 5334$.

    Comme le gouvernement aime utiliser des mesures qui amenuisent l'impression de coût élevé, spécifions que c'est près de 12$ de plus par jour de cours.

    • henri -s garneau - Inscrit 21 août 2012 12 h 23

      C'est encore donné!!!!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 août 2012 14 h 30

      @Henri : De toute évidence, vous n'avez pas passé votre première année en mathématiques. C'est dans d'autres nations que les études universitaires sont données. Comme en Finlande, par exemple.

      Donné, ça veut dire zéro dollars. Le 12$ par jour, c'est la hausse seulement, pas les frais totaux.

      C'est si facile de prendre un néo-libéral en train de mentir ou de déformer les faits. En général, le premier indice qu'il y a anguille sous roche, c'est qu'il ouvre la bouche...

    • Killian Meilleur - Inscrit 21 août 2012 14 h 48

      M. Henri -s Garneau, j'aimerais que vous daigniez étayer votre déclaration ; on ne peut faire de débat sur des déclarations de cet acabit.

      Voici quelques faits pour nous réchauffer :

      Dans la mesure où les profesionnels formés par l'institution scolaire gratuite ne quittent pas le pays, ils rapportent plus au gouvernement, par leurs taxes et impôts, que ce qu'ils lui ont coûté, simplement en « pompant » l'argent des compagnies vers le Québec.

      Qui plus est, on sait déjà que l'apport étatique de l'ex-universitaire moyen dépasse de multiples fois celui d'un non-universitaire.

      La gratuité scolaire créant en fait une plus grande population universitaire, composée de gens qui étudient plus longtemps et qui, en bout de ligne, généreront encore plus d'impôts et de taxes, elle s'inscrit, à moyen terme, à l'actif d'un pays...

      Tout comme l'ont démontré tous les pays qui ont choisi la gratuité scolaire!


      Mais je vous donne raison...

      C'est vrai que c'est donné!

      C'est vrai que, hausser les frais de scolarité, c'est donner, à cause des prêts étudiants, de l'argent aux banques inutilement, de l'argent qui aurait pu être investi au Québec, mais qui finira dans un paradis fiscal!

      Mais je ne vois pas en quoi cela constitue un argument en faveur de la hausse...

    • Mariette Payeur - Inscrite 21 août 2012 15 h 36

      Partant du principe que tout ce que vous dites est exact, j'aimerais bien connaître quelles sont les ignobles conditions du plan Charest en ce qui concerne les prêts et bourses?
      À vous lire, je serais portée à conclure qu'aucune amélioration, aucun montant supplémentaire, n'y a été apporté en contrepartie des hausses faramineuses! Est-ce le cas?

      D'autres personnes, sans doute plongées dans l'erreur, ont laissé entendre que, pour les plus démunis, les nouveaux montants des bourses compensaient les hausses de coûts.
      Par contre, les malheureux qui font partie des mieux nantis devraient débourser davantage. Quelle iniquité!

      P.S.: Si vous êtes aussi informé qu'on serait portés à le croire, vous devez savoir que l'expression "c'est donné" se traduit par "it's dirt cheap", i-e "très bon marché". Alors laissez votre mauvaise foi de côté s.v.p.

  • henri -s garneau - Inscrit 24 août 2012 12 h 34

    @ Djosef Bouteu

    vous dites: "Donné, ça veut dire zéro dollars"
    Pour l'étudiant, pour le contribuable c'est entre 15000$ à 26000$/année qu'il doit payer pour que le cher petit puisse faire ses études pendant 1 an! Pis arrêtez toujours de comparer le québec avec les pays scandinave, les québécois n'ont pas l'esprit du sacrifice de 2 ans de leur chère vie d'ado au service de l'armée, pendant ces 2 ans le gouv. Finlandais récupère l'argent qui va servir à l'étudiant pour lui payer ses études, arrêtez de grâce de comparer les tempéraments latins d'ici avec ces peuples disciplinés.