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    La grève prend fin dans le réseau collégial

    Les cégeps du Vieux-Montréal et de Saint-Laurent votent pour le retour en classe

    18 août 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Un « carré vert » et un « carré rouge » se tenaient vendredi à l’entrée du cégep du Vieux-Montréal.
    Photo: François Pesant - Le Devoir Un « carré vert » et un « carré rouge » se tenaient vendredi à l’entrée du cégep du Vieux-Montréal.
    Le vote pour un retour en classe au cégep du Vieux-Montréal (CVM) et au cégep de Saint-Laurent, deux bastions parmi les plus militants, a signé hier la fin de la grève générale illimitée dans tout le réseau collégial. Ce n’est pas sans porter un dur coup au mouvement des étudiants contre la hausse des droits de scolarité, qui n’est désormais représenté que par des universitaires.

    Pour ceux qui croyaient encore au pouvoir du débrayage pour faire reculer le gouvernement, cette défection est accueillie avec une certaine déception. Mais c’est un soulagement pour les directions des établissements collégiaux. « C’est une excellente nouvelle ! a déclaré Jean Beauchesne, le président-directeur général de la Fédération des cégeps. Comme je l’ai mentionné sur toutes les tribunes, on n’avait plus de marge de manoeuvre. Ce n’était pas du bluff. »


    La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) déplore la perte de la base militante collégiale, mais refuse de parler de « défaite ». « C’est dommage de perdre les cégeps, mais peut-être qu’il y aura d’autres votes après les élections, et si les étudiants estiment que leurs revendications ne sont pas atteintes, peut-être que la grève va se poursuivre, a soutenu Camille Robert, co-porte-parole de la CLASSE. Ce n’est pas une défaite. »


    Pour la CLASSE, c’est le contexte dans lequel les votes de reconduction se sont tenus qui a davantage nui à la mobilisation. « Les étudiants des cégeps sont dans des conditions extrêmement difficiles. La suspension de la session pendant l’été a rendu la mobilisation beaucoup moins évidente et aussi les dispositions de la loi 12, des mesures mises en place par le gouvernement Charest pour casser le mouvement. Ça a forcé le retour en classe de certains cégeps, c’est ce qu’on constate, a dit Mme Robert. C’est plus le fait que [le gouvernement] a laissé le conflit traîner aussi longtemps qui a nui à la mobilisation plutôt que nos revendications. » Elle trouve injuste que des administrations de cégeps aient brandi la menace de l’échec pour inciter les étudiants à voter contre la grève.


    Ce retour en classe de tous les cégépiens ne signifie que la fin d’un chapitre et non de l’histoire, estime pour sa part la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge. « C’est comme quand on finit un chapitre ou une histoire d’amour, c’est une période difficile à vivre, mais c’est pas la fin de l’histoire. On va être vaincu quand on va s’avouer vaincu. Et les étudiants ne se sont pas avoués vaincus, a-t-elle noté. On peut être fier et on doit continuer à se battre. Je ne veux pas que les gens pensent qu’ils ont donné raison au gouvernement. » Même si, selon elle, il n’est plus question de grève générale illimitée.


    La démobilisation des cégépiens aura-t-elle un impact sur les universitaires ? Possible, reconnaît Mme Laberge en ne voulant présumer de rien. « Ils prendront la décision qu’ils jugent la meilleure. C’est quand même exceptionnel. D’habitude, une grève ne se termine pas de la façon dont elle vient de se terminer. »


    Au terme d’assemblées très populeuses qui se sont étirées en longueur, les étudiants des cégeps du Vieux-Montréal et de Saint-Laurent ont finalement voté vendredi pour un retour en classe dès le 20 août. Avec la promesse d’une levée de cours les 22 de chaque mois, et de tenir une assemblée générale après les élections du 4 septembre. Ces deux établissements rejoignent ainsi les 12 autres cégeps qui avaient à se prononcer sur la question ces derniers jours.


    Début du rattrapage


    Dès lundi, tous les étudiants seront de retour sur les bancs d’école pour réchapper le reste de leur session. Mais cela ne signifie pas nécessairement la fin des difficultés, rappelle M. Beauchesne. « Au contraire. C’est trois semaines à rattraper à vitesse grand V parce qu’on fait une session de 15 semaines en 12. C’est comme si on enlevait trois semaines à la session et que les étudiants allaient devoir les rattraper par des laboratoires et des travaux à la maison supplémentaires, par exemple », a-t-il dit en rappelant que des ressources allaient être ajoutées pour aider à la réussite de ce défi, qu’il juge néanmoins « faisable ».


    Pourtant, avant le vote vendredi matin, des enseignants se montraient sceptiques. « C’est sûr que les plus faibles vont écoper », a dit une enseignante au Département de psychologie du CVM. « C’est impossible qu’ils aient une formation à la hauteur de ce qu’ils auraient eu », a renchéri son collègue en littérature.


    Il y a actuellement 60 000 personnes en grève. Une vingtaine de départements et de facultés auront à se prononcer au cours des prochains jours.













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