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Quand peut-on dire «mission accomplie» ?

«Chaque finissant doit avoir les acquis nécessaires pour avoir accès à son premier choix pour son futur»

18 août 2012 | Martine Letarte | Éducation
« Les jeunes de 12 ans nous arrivent du primaire et nous devons faire en sorte qu’ils passent à l’adolescence, puis au monde préadulte », rappelle Marc Prescott, directeur de l’école secondaire Georges-Vanier.
Photo : La Presse canadienne (photo) « Les jeunes de 12 ans nous arrivent du primaire et nous devons faire en sorte qu’ils passent à l’adolescence, puis au monde préadulte », rappelle Marc Prescott, directeur de l’école secondaire Georges-Vanier.

Terminer son secondaire est une étape importante dans une vie. Pour qu’un établissement d’enseignement secondaire puisse dire « mission accomplie », il faut idéalement davantage que les notes de passage inscrites sur le bulletin de l’élève.



Qu’on soit pour ou contre les arguments avancés par les leaders du mouvement étudiant, plusieurs ont été impressionnés par l’éloquence de ces jeunes à l’aube de la vingtaine. Sont-ils à l’image de ce qu’on attend de cette nouvelle génération de finissants du secondaire ? « Depuis cinq, six, sept ans, les jeunes argumentent plus. Ils craignent moins de s’exprimer. Certains ont beaucoup plus de facilité que d’autres. Ce ne sont pas tous des Léo Bureau-Blouin, mais on en trouvera peut-être plus qu’auparavant », affirme Marc Prescott, directeur de l’école secondaire Georges-Vanier, de la Commission scolaire de Montréal.

Est-ce attribuable à la réforme scolaire ? « Je crois que c’est une question de génération, affirme-t-il. La relation entre les jeunes et l’autorité a changé. Ils ne voient pas les gens en position d’autorité comme des juges, mais comme des gens avec qui ils peuvent avoir des échanges. Ils n’hésitent pas d’ailleurs aujourd’hui à cogner à la porte de mon bureau pour négocier. Les jeunes ont compris que l’expression peut devenir quelque chose d’utile. »


La réforme a tout de même possiblement un lien avec le phénomène. « Depuis la réforme, on demande un plus grand investissement aux jeunes. On leur demande de faire le travail, mais aussi de présenter oralement les résultats. Ils écrivent plus de textes d’opinion qu’auparavant en classe. Il y a plus de contextes où les jeunes doivent s’exprimer. Tout cela amène un sentiment de compétence », affirme M. Prescott, qui est arrivé dans cette école du quartier Villeray il y a 14 ans.


Les matières-clés


« C’est certain que c’est important qu’un finissant réussisse bien en français et en mathématiques ; ce sont vraiment des matières-clés », affirme Jacques Lemaire, directeur des études collégiales au Collège Jean-de-Brébeuf, un établissement privé de Montréal.


Le fait que les jeunes d’aujourd’hui ont tendance à s’exprimer davantage ne signifie pas toutefois qu’ils maîtrisent mieux la langue française que la génération précédente. « Nous faisons passer des tests de français à nos étudiants admis pour voir qui a besoin d’aide, et, en ce qui a trait au respect du code linguistique, le niveau est le même depuis cinq ou six ans », affirme M. Lemaire.


Il remarque toutefois que les jeunes d’aujourd’hui ont peut-être plus de difficulté à prendre le temps de lire que leurs prédécesseurs. « Par exemple, ils vont très rapidement pour lire les consignes d’un examen. Ils ont l’impression de bien comprendre et ils ne font pas ce qui est demandé. Ou, encore, ils ne prennent pas le temps de comprendre la démarche de l’auteur ; ils se substituent à lui. Ils veulent terminer rapidement, ils ont une certaine impatience. »


M. Lemaire remarque aussi peu de différences en mathématiques depuis quelques années. Marc Prescott n’est pas surpris. Il affirme que la réforme n’a pas changé la base pour les élèves. « 2 + 2 donnaient 4 avant la réforme et donnent toujours 4 après, dit-il. Les enseignants préparent leurs cours différemment, avec plus de mises en situation, mais tout repose toujours sur les connaissances. »


Marc Prescott affirme que, pour pouvoir se dire « mission accomplie » à la fin d’une année scolaire, chaque finissant doit avoir les acquis nécessaires pour avoir accès à son premier choix pour son futur. « Qu’il soit question d’une école de métiers ou d’un programme collégial, précise-t-il. Pendant tout le parcours de l’élève, nous le préparons en vue des décisions qu’il aura à prendre. Ce n’est pas facile, parce que les adolescents ont souvent une vision à très court terme, mais nous commençons dès la première secondaire. C’est vraiment un travail d’équipe avec la direction, les enseignants et le conseiller d’orientation. »


À Brébeuf, secteur collégial, le finissant du secondaire idéal fait preuve d’une curiosité intellectuelle et d’une volonté de dépassement. « Un élève peut avoir certaines lacunes au secondaire, mais, s’il a ces deux qualités, nous savons qu’il réussira bien. Celui qui a la volonté d’aller plus loin ira chercher l’aide dont il a besoin lorsqu’il rencontrera des difficultés. C’est important de voir chez les étudiants une volonté de s’investir », affirme Jacques Lemaire.


Il remarque d’ailleurs qu’aujourd’hui les jeunes sont beaucoup plus engagés qu’auparavant dans différentes activités. « Que ce soit dans le parascolaire, le sport, les arts, le bénévolat. Les jeunes s’intéressent aux autres, ils veulent changer les choses d’une façon ou d’une autre », affirme-t-il.


À l’école secondaire Georges-Vanier, Marc Prescott et son équipe tentent d’ailleurs d’amener chaque élève à se trouver une passion. « Un élève qui a une petite passion, c’est un élève qui reste à l’école, précise-t-il. Nous avons mis en place toutes sortes d’activités sportives, des concours de chant, de l’improvisation, plusieurs options, des projets de robotique, de la danse hip-hop, de la radio étudiante, nous formons des techniciens de scène. Nous offrons aux jeunes des activités auxquelles ils n’auraient pas accès à l’extérieur de l’école. »


Étapes importantes de la vie


Au secondaire, les élèves traversent aussi plusieurs étapes importantes de leur vie. « Les jeunes de 12 ans nous arrivent du primaire et nous devons faire en sorte qu’ils passent à l’adolescence, puis au monde préadulte, indique M. Prescott. Nous travaillons énormément sur les valeurs, le respect et le savoir-être. C’est ce qui est le plus difficile.»


Plusieurs initiatives ont été mises en place à l’école Georges-Vanier pour travailler ce volet du développement des jeunes. « Les plus jeunes de l’école se font parrainer par les élèves de la 5e secondaire, affirme M. Prescott. Ça leur amène un sentiment de sécurité et les choses se passent mieux. C’est le principe de donner au suivant. Aussi, nous formons des élèves chaque année pour qu’ils puissent intervenir auprès de leurs amis. Les amis sont souvent les premiers confidents. C’est vraiment un travail d’équipe multidisciplinaire. On doit amener les jeunes à développer une personnalité suffisamment forte pour qu’ils soient capables de prendre les bonnes décisions dans cette période de leur vie où ils sont particulièrement vulnérables. »


 

Collaboratrice du Devoir

 
 
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