Le portefeuille des étudiants aminci par la grève

Des étudiants en grève n’auront pas à attendre l’éventuelle hausse des droits de scolarité pour se serrer la ceinture. La grève générale illimitée et la rentrée scolaire extraordinaire du mois d’août risquent de causer des répercussions sérieuses sur les finances des grévistes.

Ceux qui doivent absolument travailler pour financer leurs études devront coupler leur emploi à une fin de session hiver 2012 condensée par la loi 12. Éliane Laberge, la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), s’inquiète du sort des cégépiens qui doivent encaisser une charge de travail de « douze semaines en sept ».


Quant à l’aide financière, elle sera carrément coupée pour plusieurs étudiants qui ont travaillé davantage durant les six mois de grève.


Si les premiers versements des prêts et bourses doivent être octroyés au début de l’année scolaire 2012-2013, les bonifications promises par le gouvernement Charest se feront attendre jusqu’au 1er octobre, si elles sont maintenues après les élections.


Or Martine Desjardins, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), doute que ce délai puisse être respecté : « Les hauts fonctionnaires du gouvernement à qui nous avons parlé ne savaient plus sur quel pied danser. On doit changer tous les modes de calcul, réinvestir l’argent, réadapter les tests de crédit, et au milieu de tout cela, on déclenche des élections. Pourtant, la hausse, elle, n’arrivera pas en retard. Le gouvernement nie clairement ses responsabilités au profit de la campagne électorale. »


Finalement, l’aide financière n’a pas été reconduite depuis la fin avril (période marquant habituellement la fin de session) pour plusieurs bénéficiaires en débrayage. La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) « dénonce cet arrêt de versements problématiques pour les étudiants et les parents », aux dires de la co-porte-parole Jeanne Reynolds, qui y voit une « mesure cachée » visant à « mettre fin à la grève en resserrant la corde autour du cou des gens qui en ont le plus besoin ».

 

Fonds d’entraide


Pour pallier les lacunes dans l’aide financière gouvernementale, des associations étudiantes telles que celle du cégep de Saint-Laurent rassemblent des fonds d’entraide qui fournissent notamment une aide alimentaire aux étudiants dans le besoin. Au cours du printemps, la FEUQ a organisé plusieurs spectacles-bénéfices ayant permis d’offrir des bourses alimentaires et du matériel scolaire aux étudiants et parents dans le besoin. La CLASSE a institué samedi un comité d’action qui devrait faire connaître d’ici les prochains jours sa stratégie de réponse aux besoins financiers extraordinaires des étudiants qui ont fait la grève ce printemps.


Votes de grève


Le cégep de Saint-Hyacinthe s’est joint hier aux huit autres cégeps qui ont décidé de rentrer en classe depuis la semaine dernière. Les 1300 membres présents ont voté une trêve de la grève pour une durée indéterminée, avec un taux de participation d’environ 35 %.


Du côté de l’Association des étudiants en musique de l’Université de Montréal, qui compte 634 membres, la grève a été reconduite jusqu’au 6 septembre, avec un faible taux de participation de 14 %.

3 commentaires
  • Charles F. Labrecque - Inscrit 16 août 2012 09 h 27

    Responsable

    Il n'a pas lieu de s'alarmer de voir des étudiants en difficultés puisque cela leur enseignera que dans la vie nous devons être responsables des gestes que nous posons. C'est eux qui ont choisis cette situation et ils devront en porter les conséquences. Ils apprendront que ce n'est jamais facile dans le monde que l'on vie. Se sera peut-être mieux au paradis malheureusement personne n'est revenu pour nous en informer.

    • Marc Davignon - Abonné 16 août 2012 10 h 57

      WOW!

      Si EUX avaient vraiment le choix, la gratuité des études serait chose faite et depuis longtemps. Ce n'est pas leur choix. Cela est la réaction provoquée par des choix imposés par d'autres pour attendre des objectifs qui ne sont pas élaborés ceux qui les subissent, mais pour ceux qui en tireront profits. Et ceux qui en tirent profits ce ne sont pas EUX. Donc, qui en tire profits?

      Personne n'en est revenu, parce que le Paradis, ça n'existe pas!

    • Killian Meilleur - Inscrit 16 août 2012 13 h 03

      Peut-être M. Labrecque devrait-il envisager que les étudiants qui ont voté pour la grève, n'étant plus des enfants, étaient en fait déjà conscients de ces possibles répercussions, et donc que son intervention d'un paternalisme difficilement tolérable s'avère un effort perdu, sauf si M. Labrecque avait pour intention de provoquer la totalité des étudiants ayant subi la grève.

      En effet, si les pro-grève y verront simplement un écho échappé d'une vieille tête qui a oublié sa jeunesse - et donc le fait qu'elle possédait des ressources intellectuelles en ce temps aussi -, les « carrés verts » ne pourront que s'insurger devant une telle condamnation, supposant que ceux parmi eux qui se trouvent en difficulté mériteraient - comment, nul ne le sait - leur sort.

      Franchement, monsieur, vous auriez pu ouvertement déclarer que vous méprisez la jeunesse, cela aurait été plus facile.

      Et je parle ici de Mépris, dans son sens le plus profond, celui qui - le mot le dit - nécessite qu'il y ait méprise sur le sujet.