Les étudiants étrangers, une manne pour le pays
Un comité fédéral recommande d’ouvrir les portes des écoles et universités canadiennes
Selon le comité consultatif qui a rendu son rapport public mardi à Halifax, le Canada aurait avantage à augmenter le nombre d’étudiants internationaux, de 239 000 candidats à l’heure actuelle à 450 000 en 2022, dans l’ensemble de ses établissements scolaires, de la maternelle au niveau universitaire.
« Nous considérons qu’il s’agit là d’un objectif réaliste […] Le système canadien de l’éducation est en mesure d’accueillir de nouveaux étudiants internationaux sans qu’ils supplantent pour autant les étudiants canadiens », soutient le comité consultatif dans son rapport intitulé « L’éducation internationale : un moteur-clé de la prospérité future du Canada ».
Une mine d’or
En 2010, les étudiants internationaux ont rapporté plus de 8 milliards de dollars au Canada. Le comité consultatif, présidé par le recteur de l’Université de Western Ontario, Amit Chakma, perçoit toutefois le Canada comme un joueur timide dans le marché mondial des étudiants internationaux. Les candidats étrangers représentent 7,5 % des étudiants universitaires au pays, contre 12 % en France et 23,5 % en Australie.
Le rapport souligne également que les étudiants de haute qualité qui effectuent des études au Canada constituent, par la suite, des candidats privilégiés pour l’immigration. S’ils décident de rentrer dans leur pays d’origine, ces étudiants seront tout de même plus enclins à établir des liens commerciaux et politiques avec des Canadiens.
Pour convaincre cette manne estudiantine de préférer le Canada à un autre pays, le comité consultatif recommande au ministre Fast d’octroyer, en partenariat avec des donateurs privés, 8000 nouvelles bourses d’études universitaires à l’international et de faciliter le processus d’obtention de visa et de résidence permanente.
Irréaliste au Québec ?
À l’Université de Montréal, on vise une augmentation de 20 % d’ici 2015 plutôt qu’une augmentation de 50 % sur 10 ans. « Dans notre cas, nous risquerions de désavantager des étudiants québécois si nous offrions autant de place aux étrangers », estime Mathieu Filion, porte-parole de l’université francophone qui accueille le plus d’étudiants internationaux au pays. « On ne peut pas vraiment dire que les étudiants étrangers apportent véritablement plus de revenus à notre université, même si les frais de scolarité sont plus élevés. Pour nous, la véritable richesse vient des échanges culturels qu’entraîne la venue d’étudiants étrangers. »








