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    Dur coup pour la grève générale illimitée

    Trois cégeps ont voté hier pour le retour en classe ; la grève se poursuit au Cégep du Vieux-Montréal

    14 août 2012 |Raphaël Dallaire Ferland | Éducation
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	Près de 1500 étudiants se sont rendus au Collège de Maisonneuve hier pour se prononcer sur la reconduction de la grève. Les étudiants de ce collège, ainsi que ceux du Cégep Marie-Victorin et du Collège Édouard-Montpetit, ont voté pour la rentrée scolaire.?Au Cégep du Vieux-Montréal, un vote serré pour la reconduction de la grève a été confirmé après un recomptage.</div>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Près de 1500 étudiants se sont rendus au Collège de Maisonneuve hier pour se prononcer sur la reconduction de la grève. Les étudiants de ce collège, ainsi que ceux du Cégep Marie-Victorin et du Collège Édouard-Montpetit, ont voté pour la rentrée scolaire.?Au Cégep du Vieux-Montréal, un vote serré pour la reconduction de la grève a été confirmé après un recomptage.
    Le vote dans les quatre cégeps

    Collège Édouard-Montpetit : 1763 étudiants sur 6000 ont voté la reprise des cours à main levée, par une majorité d’environ 80 %.
    Cégep Marie-Victorin : 961 étudiants se sont prononcés contre la grève, 590 ont voté pour, 21 se sont abstenus, pour un taux de participation d’environ 27 %.
    Collège de Maisonneuve : 1480 membres ont voté contre la grève et 854 ont voté pour. Le taux de participation était d’environ 42%.
    Cégep du Vieux-Montréal : 879 étudiants ont voté pour la grève, 861 ont voté contre, pour un taux de participation de 25%.
    Les mandats de grève générale illimitée tombent un à un dans les cégeps. Le Collège Édouard-Montpetit, le Cégep Marie-Victorin et le Collège de Maisonneuve ont voté lundi le retour en classe, s’ajoutant aux trois cégeps qui ont ratifié la fin de la grève la semaine dernière.

    Au terme d’une assemblée générale qui a duré plus de cinq heures et qui a été infiltrée par plusieurs dizaines de militants de la manifestation nocturne, les étudiants du Cégep du Vieux-Montréal ont réitéré leur mandat de grève jusqu’à l’obtention de la gratuité scolaire. Le vote était si serré qu’il a nécessité un recomptage.


    En décidant du sort de 22 500 cégépiens, ces quatre assemblées ont marqué un moment décisif pour le mouvement. Des quelque 160 000 étudiants qui boycottaient leurs cours au plus fort de la grève ce printemps, il en reste environ 110 000. Si ce nombre venait à tomber sous la barre des 100 000, plusieurs associations universitaires et collégiales mettraient automatiquement fin à leur mandat de grève.


    Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, a accusé le coup : « Il y a une tendance qui est en train de s’implanter. Il y a six cégeps qui ont décidé de retourner en classe sur quatorze. C’est presque la majorité » des cégeps qui avaient un mandat de grève, a-t-elle concédé en entrevue téléphonique au Devoir.

     

    Mobilisation tranquille


    Tôt lundi matin, des militants brandissant banderoles et casseroles étaient aux portes des quatre cégeps qui votaient la reconduction de la grève. L’action de solidarité s’est déroulée sans heurts ; les forces policières n’ont procédé à aucune arrestation et à aucun avis de dispersion.


    Le seul accroc s’est produit au Collège de Maisonneuve - où une centaine de personnes sont parvenues à bloquer l’accès aux enseignants et aux administrateurs - lorsqu’un jeune homme arborant le carré vert s’en est pris à une banderole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). L’agitateur ainsi que l’étudiant au carré rouge qui a tenté de l’en empêcher ont été placés à l’écart par les policiers sans qu’aucune accusation soit déposée contre eux.


    La première rentrée scolaire s’est effectuée dans le calme lundi matin au Cégep André-Laurendeau, sous l’oeil vigilant des policiers.


    Ce retour en classe pacifique contredit les appels nationaux et même internationaux au renforcement des lignes de piquetages qu’avaient lancés des associations affiliées à la CLASSE (Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM, Association étudiante du Cégep Saint-Laurent) et des groupuscules indépendants (Les Réseaux, Les Théoriciens et l’Ordre du Carré Noir).


    Selon Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE, l’absence de lignes de piquetage lundi montre l’efficacité de la mobilisation étudiante plutôt que d’une perte d’élan: «Au début, il devait y avoir des cours à Marie-Victorin et à Maisonneuve. Mais suite à la pression exercée par ces groupes, la direction de ces deux cégeps a décidé de retarder la rentrée d’une journée» afin que les votes de reconduction de grève s’opèrent dans l’ordre.

     

    Votes sous influence


    Éliane Laberge est catégorique: depuis le début du mouvement étudiant, le ministère de l’Éducation, la Fédération des cégeps et des administrateurs des institutions collégiales et universitaires « tentent d’influencer la décision des étudiants en assemblée générale » par le mensonge et la menace. Cette salve de votes de grève ne fait pas exception.


    Le 10 août, le directeur général du Collège Édouard-Montpetit Serge Brasset envoyait à la communauté étudiante un communiqué intitulé Le mercredi 15 août, c’est votre retour en classe !, dans lequel il assurait que « tout est en place pour le retour en classe […] Et vous serez nombreux, croyez-moi ! ». Il rappelait aussi que « le Collège a l’obligation de faire respecter l’article 14 de la Loi 12 » qui interdit d’entraver l’accès aux établissements publics.


    « Tout au long de la grève, il était fréquent de voir des administrateurs envoyer des courriels sans prévenir les associations étudiantes. Oui, il faut les informer sur le calendrier scolaire […], mais c’est autre chose de chercher à les influencer par la peur », déplore Éliane Laberge.

    Importante manif de soir


    Si la grève s’essouffle, la mobilisation continue. La 112e manifestation nocturne de lundi soir a réunit plusieurs centaines de personnes au centre-ville de Montréal. Les protestataires ont d’abord marché de manière plutôt festive non loin du Cégep du Vieux-Montréal. Par la suite, les manifestants s'en sont pris notamment à la plupart des pancartes électorales sur les rues Sherbrooke et Maisonneuve. Des graffitis ont été peints et 4 vitres de commerces ont été fracassées. La marche a été dispersée vers 23h30 après que le Service de police de la ville de Montréal l’eut qualifiée d’attroupement illégal.

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	Près de 1500 étudiants se sont rendus au Collège de Maisonneuve hier pour se prononcer sur la reconduction de la grève. Les étudiants de ce collège, ainsi que ceux du Cégep Marie-Victorin et du Collège Édouard-Montpetit, ont voté pour la rentrée scolaire.?Au Cégep du Vieux-Montréal, un vote serré pour la reconduction de la grève a été confirmé après un recomptage.</div>
Des gens en faveur de la grève manifestaient paisiblement hier devant le Collège de Maisonneuve.












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