Conflit étudiant - La CLASSE appelle à la poursuite de la grève

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	Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE, hier: «On n’a pas encore atteint la victoire ultime.»</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE, hier: «On n’a pas encore atteint la victoire ultime.»

À l’aube d’une semaine ponctuée de votes de grève et de retours en classe, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) incite désormais clairement les associations étudiantes à poursuivre la grève, tandis que les fédérations étudiantes universitaire et collégiale excluent l’idée d’un mot d’ordre. Selon elles, mieux vaut laisser les étudiants choisir et se concentrer sur l’élection à venir en décourageant le vote pour les partis politiques qui favorisent une hausse des droits de scolarité.

« On n’a pas encore atteint la victoire ultime, qui est de combattre la hausse, donc on incite les associations étudiantes qui sont actuellement en train de réfléchir à la poursuite ou non de la grève de poursuivre cette grève-là », a expliqué la coporte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds à sa sortie du congrès de la coalition, tout en précisant que les associations sont souveraines dans leur décision. Il y a un peu plus d’une semaine, la CLASSE avait refusé de donner un mot d’ordre en prévision des votes de grève à venir.


Celle-ci appelle par ailleurs les étudiants qui ont choisi de retourner en classe et la population en général à poursuivre la mobilisation. « On demande à toutes les personnes qui sont solidaires [des étudiants qui choisissent de poursuivre la grève] de les aider à faire respecter leur mandat de grève sur les campus. Si ça veut dire de tenir des lignes de piquetage pour ces associations-là, on convie les gens à aller aider et à être solidaires », a poursuivi Mme Reynolds.


Elle a également tenu à préciser que l’élection « n’est pas un référendum sur la question de la hausse des frais de scolarité » et que leur « lutte est légitime et sera toujours légitime face aux gens qui seront au pouvoir ». « On n’a pas fait six mois de grève pour avoir une élection, […] pour se tourner les pouces et attendre de voir le nouveau visage de notre adversaire. »

 

Emprunter le terrain électoral


La FECQ et la FEUQ tenaient également cette fin de semaine leur congrès respectif. Elles ont pour leur part répété qu’elles laissent le soin à leurs associations membres de reconduire la grève ou non et affirmé qu’elles veulent emprunter le terrain électoral pour poursuivre leur lutte.


« Il faut faire attention à ne pas confondre notre objectif, qui est l’accessibilité aux études, avec nos moyens, a prévenu la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins. La grève a été un moyen efficace durant l’hiver, et les étudiants doivent maintenant déterminer si c’est toujours le cas. S’ils optent pour le retour en classe, ce ne sera pas un signe qu’ils sont moins mobilisés, mais qu’ils ont décidé que le vote démocratique était désormais le meilleur moyen pour atteindre notre but. »


Les deux fédérations ont annoncé hier lors d’une conférence de presse conjointe qu’elles espèrent convaincre les jeunes électeurs de voter en grand nombre, et de préférence pour un parti qui prône l’accessibilité aux études, ce qui exclut le Parti libéral et la Coalition avenir Québec.


Elles ont profité de l’occasion pour dévoiler une vidéo destinée aux réseaux sociaux et quatre publicités radio reprenant le slogan « le 4 septembre, je fais la différence ».


« Ce que nous invitons surtout les gens à faire, c’est d’avoir un regard critique sur les différents partis politiques et de choisir en fonction de leurs valeurs et de ce qu’ils veulent comme avenir pour le Québec », a ajouté la présidente de la FECQ, Éliane Laberge.

17 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 13 août 2012 05 h 45

    Aux études!

    Continuer la grève! Vraiment! Et votre formation, votre éducation, membres de la CLASSE et ceux qui vous appuient, ça importe peu? Votre message a été largement entendu! Place maintenant à la maturité responsable et au retour aux études!


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 août 2012 11 h 38

      Vous voulez donc qu'ils reconnaissent la victoire de M. Charest? Pourquoi le feraient-ils?

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 13 août 2012 19 h 22

      encore cette vieille idée que la révolte est une phase à passer durant sa jeunesse, et que le conformisme est synonyme de maturité.
      on est pas sorti du bois.

    • Daniel Bérubé - Abonné 13 août 2012 23 h 05

      Mais pourquoi ne pas envisager la grève après les élections du 4 septembre ? Et ce, si le gouvernement Charest reprend le pouvoir. Si c'est le PQ, le retour aux études est envisageable puisqu'il y aura négociation. J'ai plus confiance en une entente possible avec Mme. Marois qu'avec Charest....

  • Jocelyn Cloutier - Inscrit 13 août 2012 08 h 37

    Des opposants à la gratuité bien hypocrites !

    Personnellement, je ne vois absolument rien de malsain à offrir la gratuité scolaire aux étudiants. Au contraire, ça m'apparait comme un service gouvernemental digne d'une société évoluée.
    Par contre, ce que je trouves malsain, c'est la barbarie démontrée par ses farouches opposants comme l'actuel gouvernement et certains journalistes. En donnant comme simple explication une volonté de faire respecter la loi et l'ordre et en mettant en place des scénarios pour tenter de démontrer au public que la loi et l'ordre sont effectivement en danger et que cela justifie l'appel fait aux 'forces physiques', on peut alors identifier l'immense faiblesse de ces gens incapables d'assumer au grand jour leurs véritables objectifs d'où le réel danger qu'ils représentent.

  • Manon Theriault - Inscrite 13 août 2012 08 h 44

    Dommage...

    Vous seriez bien avisé de suivre la FECQ ou la FEUQ. En sortant, tout ce que vous réussirez, c'est de donner des munitions à Jean Charest. Lui qui a tout fait pour vous garder dans la campagne, il est rpis sous les projecteurs pour sa corruption. Ne détournez pas le débat!

    L'important dans le fond, c'est qu'il soit défait!

    Si vous voulez la gratuité, votez Option Nationale. Prenez le moyen le plus pacifique et vous vous attirerez la sympathie d'encore plus de gens.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 août 2012 11 h 37

      Vous croyez vraiment qu'Option nationale a des chances de former le prochain gouvernement?

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 13 août 2012 19 h 33

      l'instauration progressive de la gratuité scolaire est un principe adopté par le canada devant l'ONU depuis 1976 :

      «Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies a été adopté et ouvert à la ratification dès 1966, mais n'est entré en vigueur que dix ans plus tard. Le Canada en fait partie. Il stipule que «l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité», peut-on lire à l'article 13, alinéa 2c).»
      (Dans le devoir, 14 avril 2012)

      Cette même gratuité scolaire que proposait "L'équipe du tonnerre" de Lesage, en 1960 :

      «Sous le thème « C'est l'temps qu'ça change », Lesage propose le 6 mai un programme en 53 points. Il prévoit l'instauration immédiate de l'assurance-hospitalisation, la gratuité scolaire à tous les niveaux, incluant l'université, la création d'un ministère des Richesses naturelles, d'un autre des Affaires culturelles ainsi que d'un Conseil d'orientation économique.» (http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pagesElections.j

      Et aujourd'hui il faudrait paraît-il être "immature" pour en parler…

  • Catherine Paquet - Abonnée 13 août 2012 08 h 58

    Aller voter ou s'abstenir?

    Il fauda poser la question à Jeanne Reynolds afin de lui faire préciser la position de la CLASSE. On a compris que la CLASSE ne reconnaîtrait pas la légitimité du gouvernement qui sera formé à la suite de cette élection générale. Celà équivant évidemment à inviter ses membres à ne pas aller voter. Quelle logique y aurait-il en effet à aller voter pour des représentants dont ne reconnaît pas la légitimité.

  • André Michaud - Inscrit 13 août 2012 09 h 54

    Victoire ultime?

    Qu'est-ce que ce concept de victoire ultime?

    On se fout de la volonté des citioyens, il faut absolument qu'ils acceptent toutes keurs demandes , voir la gratuité scolaire?

    Personne à la Classe ne prends en considération que les citoyens sont les plus généreux en amérique à l'égard des étudiants et qu'ils payent déja 80% de leurs études?

    Il n'y a pas que des étudianst dans une société, peuvent-ils enfin le réaliser ? Il faut aussi aider les personnes âgées, les jeunes familles..qui elles ne sont pas super financées à 80%...

    • Jean-Sébastien Lépine - Inscrit 13 août 2012 17 h 56

      personne ne considère que la hausse vise principalement les contribuables de la classe moyenne. Sur la somme que le PLQ veut aller chercher la plus grosse portion sera pigée dans vos poches. vous êtes d'accord pour encore payer plus?