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Les étudiants d’abord

Des professeurs entendent respecter le vote des assemblées plutôt que la loi 12

Martine Desjardins (FEUQ) et Éliane Laberge (FECQ) ont présenté une plateforme de revendications visant à s’assurer que les jeunes exerceront leur droit de vote.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Martine Desjardins (FEUQ) et Éliane Laberge (FECQ) ont présenté une plateforme de revendications visant à s’assurer que les jeunes exerceront leur droit de vote.

Des professeurs de cégep et d’université respecteront d’abord les décisions démocratiques des étudiants avant de se soumettre à la loi12 (l’ancien projet de loi78) lors de la rentrée scolaire. Quelques centaines d’entre eux ont dénoncé la loi d’exception lors d’une conférence de presse à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) hier.



Les enseignants ont rendu public un manifeste signé par 1162 enseignants québécois et par des centaines de collègues à travers le monde, pour un total de près de 2000 appuis.

« Nous refusons que le respect du contrat conclu entre un établissement d’enseignement et un étudiant serve à légitimer la violence que l’État exerce à l’endroit des droits collectifs de nature politique - droit de s’associer, d’exprimer librement son opinion, de décider collectivement, de faire grève, de manifester », écrivent-ils.

Alors que plusieurs associations étudiantes statueront sur la poursuite de la grève cette semaine, le professeur de philosophie à l’Université de Montréal Michel Seymour croit « qu’il ne faut pas faire comme s’il n’y avait pas de conflit, mais plutôt mettre en évidence le côté manipulateur du premier ministre » qui déclenche le scrutin dans un contexte de crise. « C’est faire le jeu du gouvernement que de rentrer en classe », ajoute-t-il.


Si les étudiants décident démocratiquement de retourner sur les bancs d’école, le professeur de mathématique au collège de Rosemont Paul Dumais explique que les enseignants donneront «les meilleurs cours possibles», car ils sont là pour accompagner leurs décisions.


Selon lui, de nombreux professeurs n’ont pas signé le manifeste par peur de représailles dans le cadre de l’application de la loi 12.


« La logique policière ne doit pas prévaloir sur la logique éducative », dit la professeure en science politique à l’Université Laval Diane Lamoureux. « Ce n’est pas à coups de revolver symbolique sur la tempe qu’on permettra aux enseignants de dispenser un enseignement de qualité et aux étudiants d’acquérir des savoirs. »


Déception des fédérations


Les partis politiques n’ont fait que peu, voire pas de propositions à la jeunesse québécoise, ont déploré de leur côté la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).


En point de presse hier matin, les fédérations étudiantes ont dévoilé une vaste plateforme de revendications pour s’assurer que les jeunes exerceront leur droit de vote. Cette plateforme, qui aborde tout un éventail de dossiers, des droits de scolarité à l’éthique chez les partis politiques, en passant par le développement durable, se veut un outil pour aider les jeunes électeurs à faire leur choix le jour du scrutin venu.


Les jeunes doivent avoir voix au chapitre et les partis politiques devraient, en se remémorant les événements de l’hiver et du printemps dernier, savoir que leur poids comptera dans la balance au moment du vote, selon la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.


Et pas question de perdre de vue le cheval de bataille central des fédérations étudiantes, soit les droits de scolarité, parmi ce large bassin de revendications. Mais comme un gouvernement est élu pour quatre ans, il faut s’assurer d’en élire un qui soit « complet » et à l’écoute des étudiants, a-t-elle poursuivi.



***
 
À écouter

Le manifeste contre la loi 12 (l'ancien projet de loi 78) lu par le professeur de mathématique au Collège de Rosemont Paul Dumais, lors de la conférence de presse d'aujourd'hui à l’UQAM.

 

Manifeste contre la loi 12


 
 
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