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Loi spéciale - Conflit en vue à l’Université de Montréal

Le syndicat des professeurs reproche à la direction de s’être fait imposer le plan de rattrapage

11 juillet 2012 | Karl Rettino-Parazelli | Éducation
Le syndicat des professeurs de l’Université de Montréal a déposé un grief contre la direction.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le syndicat des professeurs de l’Université de Montréal a déposé un grief contre la direction.

Une bataille se prépare à l’Université de Montréal au sujet du plan mis en place pour le rattrapage des cours de la fin août à la fin septembre. L’université affirme avoir trouvé une solution « concertée », tandis que le syndicat des professeurs prétend qu’il a été exclu des discussions après l’adoption du projet de loi 78 et que la convention collective de ses membres a été bafouée. Il a déposé un grief et c’est un arbitre qui tranchera le débat fin juillet.


« L’université s’est abritée derrière la loi spéciale pour agir de manière unilatérale », croit le président du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal (SGPUM), Jean Portugais.


Le syndicat a déposé un grief le 20 juin parce qu’il estime notamment que « l’université n’a pas le droit de modifier les conditions de travail prévues par la convention collective à moins de négocier une lettre d’entente avec le SGPUM selon les conditions prévues par le Code du travail ». Il déplore par exemple l’ajout de sept semaines d’enseignement pour certains professeurs sans négociation préalable avec le syndicat.


L’université assure que les mesures de rattrapage mises sur pied l’ont été dans le respect de l’autonomie des unités universitaires, qui ont travaillé « en concertation avec les professeurs ». Contrairement à ce que prétend le syndicat, la vice-rectrice aux ressources humaines et à la planification, Anne-Marie Boisvert, affirme que l’adoption de la loi spéciale par le gouvernement le 18 mai dernier n’a rien changé au plan de rattrapage, qui a été conclu « quelques jours » auparavant. « Le syndicat ne parlait pas de négociation formelle avant l’adoption de la loi. C’est après que le ton a changé », estime-t-elle.


Autre pomme de discorde : le syndicat juge que les administrateurs « ignorent la réalité du terrain » en proposant une solution globale plutôt que d’ouvrir la porte à plusieurs solutions « locales », alors que l’université dit que son plan permettra aux unités universitaires d’intervenir de manière ciblée selon les besoins de chaque programme ou de chaque cours.


Un arbitre statuera sur le grief déposé par le SGPUM à la fin de mois.

 

Aucune marge de manoeuvre


Si le retour en classe des étudiants de l’Université de Montréal et de l’Université du Québec à Montréal s’annonce généralement plus problématique qu’ailleurs dans le réseau universitaire, les 14 cégeps toujours en grève n’ont tout simplement plus de marge de manoeuvre. « Ça ne donne rien de dire qu’on pourrait encore réaménager le calendrier, ça ne serait tout simplement plus possible. Si la grève se poursuivait, la ministre devrait intervenir », résume le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. Il se dit toutefois persuadé que les plans de retour en classe seront appliqués comme prévu.


M. Beauchesne admet que condenser la matière en quelques semaines est loin d’être idéal, mais croit que dans le contexte actuel, il s’agit de « la meilleure des pires décisions ».

 
 
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