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Une coalition s’active à recenser les victimes du conflit étudiant

6 juillet 2012 | Le Devoir | Éducation
Une coalition entreprend la recension des victimes de répression politique depuis le coup d’envoi de la grève étudiante à la mi-février.

La Ligue des droits et libertés, le Comité légal de la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante) ainsi que l’Association des juristes progressistes recueilleront notamment les témoignages de personnes qui ont été l’objet d’intimidation ou de brutalité policière, ou de représailles parce qu’ils arboraient un carré rouge.


Lancée hier, la récolte de témoignages s’échelonnera jusqu’au 13 août, bien que la CLASSE « entrevoie que le conflit étudiant va perdurer au-delà de cette date de rentrée scolaire prévue par la loi spéciale ».


La coalition exhorte donc tous ceux qui ont été « victimes » ou « témoins » « d’une intervention policière quelconque, d’une violence verbale ou physique, d’une arrestation, d’un encerclement, d’une fouille corporelle, d’une fouille d’effets personnels, d’une mise de menottes, d’une prise de photos, d’un interrogatoire sur votre statut ou vos opinions politiques, d’une détention […], d’une remise d’un constat d’infraction, de l’application de l’article 31 du Code criminel, d’une accusation au criminel ou autre » à livrer leur témoignage sur le site Web de la Ligue des droits et libertés.


Les personnes qui ont reçu « des directives » ou qui « ont fait l’objet de représailles ou d’avis disciplinaires au travail » en raison du port du carré rouge ainsi que celles qui ont vu leur accès à des lieux publics ou privés restreint, ou à qui on a refusé des services pour cette raison, sont également invitées à partager leur récit.


La CLASSE a compilé « plus d’une centaine » de témoignages de cette nature tout au long du « printemps québécois ». « Les trois organismes recevaient beaucoup de témoignages séparément et on se demandait ce qu’on allait faire avec l’information. On fait cette démarche-là notamment pour donner une voix à ceux qui ont été victimes de répression », explique Émilie Joly, membre du Comité légal de la CLASSE.


Le rapport sera complètement anonymisé, soulignaient hier la Ligue des droits et libertés, le Comité légal de la CLASSE et l’Association des juristes progressistes, qui du même souffle précisaient que les personnes songeant à faire part d’une situation préoccupante devaient être « conscient[es] des risques d’auto-incrimination dans la rédaction des témoignages ».


Le document sera « fort probablement » accompagné de différentes recommandations, par exemple sur l’application du Code de déontologie des policiers du Québec. « C’est sûr que ce n’est pas un rapport qui est fait pour être mis sur une tablette », précise Mme Joly, persuadée que le document servira d’« outil politique ».

 
 
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