Amir Khadir interpellé

Le député Amir Khadir a été interpellé hier soir par le Service de police de Québec (SPVQ) pour avoir pris part à une manifestation illégale d’opposants à la hausse des droits de scolarité et à la loi spéciale (78).

 

« C’est une première! », a déclaré son attaché de presse, Christian Dubois. «La manifestation était totalement pacifique. Il n’y avait même pas eu de tension avec les policiers», a-t-il ajouté. 
 

Au total, 65 personnes, dont l’élu de Québec solidaire, ont été épinglées pour avoir contrevenu à l’article 500.1 du Code de la sécurité routière, c’est-à-dire «entraver de quelque manière la circulation des véhicules routiers sur un chemin public, en occuper la chaussée...». Parmi celles-ci, deux personnes recevront également un constat d’infraction pour avoir dérogé à un règlement municipal anti-insulte. 
 

À 22 heures, sur la Côte de la Montagne, les policiers ont encerclé les protestataires, qui manifestaient dans les rues de la Haute-Ville depuis plus d’une heure. «C’était après plusieurs avertissements», a précisé la porte-parole du SPVQ, Marie-Ève Painchaud. «La manifestation avait été déclarée illégale. Les policiers avaient préalablement demandé aux gens de se disperser et d’utiliser les trottoirs parce que le trajet fourni au départ n’avait pas été respecté. C’était très difficile pour les policiers d’assurer la sécurité.»
 

Amir Khadir, qui avait rejoint des dizaines de manifestants opposés à la hausse des droits de scolarité et à la loi spéciale (78) après une journée de travail à l’Assemblée nationale, «dit qu'il a fait ce soir à Québec ce qu'il fait à Montréal tous les soirs qu'il le peut c'est-à-dire marcher pacifiquement avec d'autres manifestant-es. Il constate que la liberté de manifester est vraiment limitée à Québec», a déploré l’une de ses proches sur le réseau social Facebook.
 

Avant d’être relâché par le SPVQ, M. Khadir a attendu à bord d’un autobus, les menottes au poing, pour être officiellement identifié. Le député de Québec solidaire recevra par la poste un constat d’infraction de 494 dollars.

21 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 6 juin 2012 01 h 02

    Dérives autoritaires à Québec, relative retenue à Montréal …

    Si l’on s’abstient d’en faire une exploitation démagogique, on peut cependant affirmer que l’arrestation d’un député à Québec est significative d’une dérive autoritaire et antidémocratique dans la direction de cette municipalité, une dérive qui converge d’ailleurs avec celle du gouvernement.

    Sans aucunement minimiser la répression à la fois massive et brutale qui s’est abattue sur le mouvement étudiant à Montréal, et malgré l’adoption d’une législation municipale sur les manifestations, il faut quand même reconnaître de la part du maire Tremblay une relative retenue, même si son invitation à jouer de la casserole sur les balcons plutôt que dans la rue était quelque peu maladroite.

    Alors que des dérapages, voire des affrontements sérieux entre policiers et manifestants sont susceptibles de se produire de nouveau à Montréal, sans compter les incertitudes des grèves étudiantes qui se poursuivent malgré l’apparente “accalmie” résultant du lock-out gouvernemental, il est à souhaiter que le maire de Montréal conserve une attitude de retenue et évite à tout prix de cautionner ou même de collaborer à la stratégie de chaos mise en œuvre par le gouvernement Charest à des fins électoralistes.

    Yves Claudé

  • Christian Montmarquette - Inscrit 6 juin 2012 02 h 11

    La justice vient de se tirer dans le pied !

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    La justice vient de se tirer dans le pied

    La police vient de prouver qu'elle n'a aucun discernement et aucun sens de la justice.

    Franchement, elle n'a rien de mieux à faire que d'arrêter et menotter un médecin et un député ?

    Il me semble que par les temps qui courent, il y aurait suffisamment de bandits et de corruption partout pour occuper la police à autre chose que d'arrêter des manifestants pacifiques !

    Charest veut nous enrager pour nous accuser par la suite d'être en colère.

    Quand l'État en vient qu'à faire arrêter des gens démocratiquement élus, l’oppression gouvernementale est totale.

    - Arrêtez-moi quelqu'un !

    - Je n'en peux plus!

    Christian Montmarquette
    Québec Solidaire
    Montréal

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    • Patrick Boulanger - Inscrit 6 juin 2012 12 h 46

      «Quand l'État en vient qu'à faire arrêter des gens démocratiquement élus, l’oppression gouvernementale est totale»?

      J'apprécie beaucoup M. Khadir et je vais voter QS aux prochaines élections générales, mais personne est au-dessus des lois (même un brillant député).

    • Killian Meilleur - Inscrit 6 juin 2012 18 h 27

      @ M. Patrick Boulanger

      En effet, personne n'est au-dessus des lois. Mais la loi n'est pas la Justice, loin de là.

      Et dans un pays qui transforme l'injustice en loi, l'unique place d'un homme juste... est la prison.

      Je crois que Thoreau a dit quelque chose de semblable.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 6 juin 2012 21 h 57

      À M. Meilleur

      Je suis conscient que la loi n'est pas la justice, mais si vous relisez mon commentaire vous remarquerez que je réagissais à la citation de M. Monmarquette qui disait que l’oppression gouvernementale est totale quand l'État en vient à faire arrêter des gens démocratiquement élus. Avec une telle affirmation, je ne pouvais pas m'empêcher de lui rappeler que personne est au-dessus des lois.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 7 juin 2012 06 h 16

      À M. Meilleur

      Je suis conscient que la loi n'est pas la justice, mais avec une telle citation («Quand l'État en vient qu'à faire arrêter des gens démocratiquement élus, l’oppression gouvernementale est totale»), je voulais rappeler à M. Montmarquette que personne est au-dessus des lois.

  • Guylaine Vézina - Inscrit 6 juin 2012 07 h 50

    Vrai hier, vrai aujourd'hui

    « Quand les bandits sont au pouvoir, la place d'un honnête homme est en prison. »
    Michel Chartrand

    • Gilbert Talbot - Abonné 6 juin 2012 11 h 32

      Citation que Michel Chartrand avait emprunté à Henry David Thoreau dans «La désobéissance civile».

  • Christian Montmarquette - Inscrit 6 juin 2012 08 h 18

    Tony Tomassi et Amir Khadir : deux poids, deux mesures

    Tony Tomassi fraude le gouvernementet reçoit prime de départ de 122,000 $ et Amir manifeste pacifiquement et se fait arrëter et menotter.

    C'est révoltant !


    «Quand les bandits sont au pouvoir, la place d'un honnête homme est en prison» - Michel Chartrand


    Christian Montmarquette
    Québec Solidaire
    Montréal


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  • Christian Montmarquette - Inscrit 6 juin 2012 08 h 30

    Tony Tomassi et Amir Khadir : deux poids, deux mesures

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    Tony Tomassi fraude le gouvernement et pourrait recevoir une prime de départ de 122,000 $. Et Amir manifeste pacifiquement et se fait arrêter et menotter.

    C'est révoltant !

    «Quand les bandits sont au pouvoir, la place d'un honnête homme est en prison» - Michel Chartrand

    Christian Montmarquette
    Québec Solidaire
    Montréal

    «Tomassi pourrait toucher une indemnité de 122 000 $» :

    http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/po

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