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Lettre - Détournement de fonds

1 juin 2012 | Yann Jacques, Le 30 mai 2012 | Éducation
Considérons deux façons de financer l’université. L’État assume l’essentiel du coût des études universitaires (c’est le cas dans la plupart des pays du monde), puis se rembourse grâce aux impôts payés par les étudiants une fois ceux-ci sur le marché du travail. La seconde façon, celle prônée par le Parti libéral, consiste à demander aux étudiants de contracter des prêts pour payer des droits de scolarité toujours plus élevés, puis à rembourser à ces mêmes étudiants une partie de leurs intérêts sous forme de déductions fiscales. La différence entre les deux méthodes : un gigantesque détournement de fonds de la poche des Québécois vers les banques. Car il est bien évident que, si les sommes versées au titre des déductions fiscales étaient plutôt utilisées en amont pour diminuer les droits de scolarité, c’est autant d’argent qui n’aurait pas à être emprunté et qui ne générerait donc pas de revenu pour les banques.

Le choix de demander des droits de scolarité élevés pourrait légitimement être vu comme un choix idéologique, un choix de société défendable, si l’État ne redonnait pas d’une main (après les études) ce qu’il refuse de donner de l’autre (avant les études). Le choix fait ici consiste seulement à pousser les étudiants vers les succursales bancaires et vers l’endettement, puis à faire financer une partie de cet endettement par les contribuables québécois sous forme de déductions fiscales.


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Yann Jacques, Le 30 mai 2012

 
 
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