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    Négociations à Québec: les associations étudiantes ont soumis une contre-offre

    Nadeau-Dubois ne réclame plus la suspension de la loi 78

    29 mai 2012 21h02 |Antoine Robitaille | Éducation
    «On attend un retour du gouvernement ce soir», a indiqué la présidente de la FEUQ Martine Desjardins, avant la pause du souper.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard «On attend un retour du gouvernement ce soir», a indiqué la présidente de la FEUQ Martine Desjardins, avant la pause du souper.
    Plongés dans les négociations de la dernière chance, le gouvernement et les étudiants se sont échangés des propositions tout au long de la journée. Les quatre associations étudiantes ont révélé, vers 18h, avoir soumis au gouvernement Charest une contre-offre à l'intérieur de «paramètres» fournis par les négociateurs de l'État.

    «On attend un retour du gouvernement ce soir», a indiqué la présidente de la FEUQ Martine Desjardins avant la pause du souper. Les discussions vont reprendre vers 20h et c'est à ce moment que le gouvernement devrait réagir à la contre-offre des étudiants. «On va voir la suite des choses, mais il est clair que les négociations vont continuer ce soir. On attend juste un retour du gouvernement à savoir si les offres, dans les paramètres, devront être acceptées.»

    À son retour à 20 heures, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a révélé que la loi 78, dont les étudiants demandent la suspension voire l'abrogation, ne faisait pour l'instant pas partie des discussions. Ces derniers jours, M. Nadeau-Dubois avait fait de cette loi spéciale un thème incontournable. Mais ce soir, sa pensée semblait avoir évolué : «La grève, elle porte sur les frais de scolarité. On discute de ça. Pour nous c'est déjà un très bon début.» Le président de la FECQ Léo Bureau-Blouin, a indiqué que le sujet de la loi 78 a «été effleuré pour l'instant» et qu'elle allait faire partie des «discussions potentiellement plus tard».

    Au reste, Martine Desjardins a évoqué à son retour à 20 heures la possibilité de poursuivre les négociations mercredi matin. Chose certaine, il n'est pas question de passer la nuit à négocier comme lors des négociations du 4 et 5 mai : «Ce qu'on prévoit c'est garder un horaire stable. Comme ça, ça permet tout le monde de prendre un peu de recul et d'aller dormir», a-t-elle déclaré.

    «Une nouvelle étape», insiste Charest

    Plus tôt aujourd'hui, le gouvernement avait déposé une offre aux représentants de la FECQ, la FEUQ, la CLASSE et la TACEQ. Cette offre comprenait une réduction de l'ampleur de la hausse des droits de scolarité prévue, selon la demande des associations. La promesse d'organiser un Forum sur l'avenir des universités faisait aussi partie de cette offre, selon ce qui a été confirmé. Déjà, lors de sa présence-surprise à la rencontre, lundi après-midi, le premier ministre Jean Charest avait évoqué ces deux éléments. En matinée, M. Charest avait qualifié cette rencontre de lundi de «courtoise» et avait soutenu vouloir passer à «une nouvelle étape».

    À leur arrivée, au lieu des négociations vers 13 heures, les représentants étudiants ont présenté l'implication du premier ministre comme un geste d'ouverture qui pourrait signifier que le gouvernement est vraiment résolu à sortir de la crise. «C'est positif que M. le premier ministre se mêle du processus, ça vient donner de la crédibilité, démontre que le gouvernement du Québec prend au sérieux la situation», a noté Léo Bureau Blouin de la FECQ. Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, a dit y voir cette implication du premier ministre «d'un assez bon oeil».

    Cependant, la présidente de la FEUQ Martine Desjardins avait déploré la brièveté (moins de 30 minutes selon elle) du passage du premier ministre lundi et avait ajouté  :«Il n'avait pas beaucoup de réponses aux questions qu'on lui a posées. Il nous a laissés dans les mains de [la ministre de l'Éducation Michelle] Courchesne.»

    À son arrivée à la reprise des négociations mardi à 13 heures, Mme Courchesne avait soutenu être «satisfaite de l'ouverture des étudiants» et que ces derniers avaient «manifesté de l'ouverture dans les propos qu'ils ont tenus». Elle a ajouté, sybilline, que «les responsabilités doivent être partagées pour en arriver à un résultat».

    Gabriel Nadeau-Dubois, souvent décrit comme le plus radical des représentants présents, a soutenu que la CLASSE était «satisfaite» des sujets qui feront l'objet de discussions aujourd'hui. «Assez pour qu'on reste.» La CLASSE exigeait lundi que non seulement la hausse des frais de scolarité soit abordée, mais que la loi 78 le soit aussi. M. Nadeau-Dubois ne siège toutefois pas à la table puisque la CLASSE y est représentée par un Comité de négociations élu. Abordant la question du mandat octroyé aux ministres Michelle Courchesne et Alain Paquet (délégué aux Finances), M. Nadeau-Dubois a ajouté : «On est très satisfait de voir qu'enfin il y a une volonté réelle d'avoir une entente.»

    Arrestations

    Vers 22h20 lundi, Léo Bureau-Blouin, lors d'une manifestation à la porte de l'édifice où se tiennent les négociations, a tenté une médiation alors que les policiers de Québec commençaient à arrêter un par un des manifestants qui se trouvait à l'intérieur d'un périmètre qu'ils avaient défini. Le président de la FECQ avait alors soutenu qu'il fallait éviter de faire dérailler le processus de négociation puisqu'il était «fragile» et que les parties s'approchaient d'une entente. En arrivant à la rencontre mardi après-midi, M. Bureau-Blouin a précisé ses propos  : «Hier et aujourd'hui, j'ai dit qu'on était près d'une entente parce que la ministre nous a dit qu'elle déposerait aujourd'hui une offre sur la question des frais de scolarité. J'espère que cette offre est substantielle, c'est ce qu'on va voir aujourd'hui». M. Bureau-Blouin a aussi jugé important pour ses collègues et lui d'aborder la loi d'exception 78.

    Martine Desjardins a quant à elle vivement dénoncé les 84 arrestations qui ont été effectuées lundi soir par la police de Québec. «Est-ce que c'était planifié? Est-ce que c'était un geste pour mettre de la pression sur les négociations? On trouve ça évidemment déplorable.»

    Concernant l'arrestation des négociateurs de la CLASSE Philippe Lapointe et julien Arcand, le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois s'est dit satisfait qu'ils aient été «libérés rapidement». Mais M. Lapointe a décidé de se laisser interpeller par les policiers. À titre de négociateur, il aurait très bien pu sortir par une autre porte, voire demander de quitter le périmètre. «Lorsque M. Lapointe s'est retrouvé dans l'arrestation de masse, a expliqué M. Nadeau-Dubois, par solidarité, il a décidé de ne pas jouir de privilège comme négociateur. Il a décidé d'être solidaire avec les autres citoyens, citoyennes qui se faisaient arrêter arbitrairement.» Le porte-parole de la CLASSE a qualifié ce choix de «très noble et de très respectable».

    Une première

    Lundi, Jean Charest s'est présenté à la table des discussions, rencontrant pour une première fois les leaders étudiants depuis le début de la crise.

    Combien de temps M. Charest a-t-il passé avec avec Léo Bureau-Blouin de la FECQ, Martine Desjardins de la FEUQ, les délégués de la CLASSE et Paul-Émile Auger, de la TACEQ?

    Selon des sources, M. Charest aurait été présent de 15h10 à 16h. Le porte-parole du premier ministre Hugo D'Amours a d'ailleurs soutenu au Devoir que le premier ministre a passé 50 minutes avec les étudiants. La présidente de la FEUQ, à son arrivée au lieu des négociations, a semblé déplorer que la visite ait duré moins de 30 minutes.

    Avec La Presse canadienne
    «On attend un retour du gouvernement ce soir», a indiqué la présidente de la FEUQ Martine Desjardins, avant la pause du souper. Jean Charest a échangé, hier après-midi, avec les représentants étudiants réunis à Québec pour les discussions de la «dernière chance».
     
     
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