Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Une transition hors du commun

    Éliane Laberge prendra la tête de la FECQ dès vendredi alors que perdure le conflit entre les étudiants et le gouvernement

    Éliane Laberge succédera à Léo Bureau-Blouin à la présidence de la FECQ le 1er juin.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Éliane Laberge succédera à Léo Bureau-Blouin à la présidence de la FECQ le 1er juin.
    Le 1er juin prochain s’achèvera le mandat de l’actuel président de la Fédération étudiante collégiale. Éliane Laberge, la nouvelle « Léo Bureau-Blouin », prendra sa place dans l’arène. La transition s’annonce tout en douceur, dans la continuité de ce qu’avait accompli son prédécesseur.

    Elle a tout de l’élève modèle. L’oeil doux, des cheveux clairs, le sourire timide, mais enjôleur. Des lunettes qui lui donnent un petit air studieux. En plus de s’exprimer dans un français impeccable, Éliane Laberge, qui prendra le 1er juin la tête de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), demeure posée devant les questions colles, réfléchit avant de parler.


    Aussi semble-t-elle s’inscrire dans la continuité de son prédécesseur, Léo Bureau-Blouin, qui, par son attitude conciliante, son intelligence empreinte de candeur, avait le plus contribué à ouvrir les portes du dialogue dans le conflit qui néanmoins perdure. La grande pointure des chaussures qu’elle aura à chausser ne semble pourtant pas effrayer la cégépienne qui aura 20 ans en juillet.


    « Je n’ai pas d’appréhension. Il y a un stress normal, comme celui avant de monter sur scène, mais, pour moi, c’est une fierté. Car ça va être à mon tour de représenter toute une génération d’étudiants qui se sont tenus debout et c’est honorable. Ça demande beaucoup de courage », lance-t-elle avant de convenir : « C’est une transition hors du commun, mais les choses devraient se faire comme il faut. »


    Elle balaie habilement les tentatives de comparaison de son approche avec celle de son prédécesseur. « L’institution reste, et ce sont les personnes qui changent. La façon dont Léo a tenu ses discours est orientée par les mandats obtenus à la Fédération et par les délégués des différentes associations membres », a-t-elle dit, prudente. « Je ne peux pas dire maintenant les différences majeures entre Léo et moi, mais, dans l’ensemble, ça devrait être semblable. »


    Elle promet de continuer à prôner le dialogue aux invitations à la désobéissance civile. « Comme fédération, on a toujours eu une attitude d’ouverture. Un conflit, c’est comme dans tout, ça se règle par la communication et, dans le cas présent, ça passe par la négociation. Oui, on va toujours avoir un intérêt pour une sortie de crise. »

     

    Militante et pacifique


    Née et élevée dans le quartier Rosemont à Montréal par une mère coordonnatrice d’un comité de logement du secteur, Éliane Laberge a démarré son engagement social et communautaire dès le primaire dans le comité environnement puis, plus tard, à l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont, dans la troupe de théâtre de son école et dans le comité Solidarité internationale. Mais son passage au cégep fut le plus marquant pour son engagement. « J’ai commencé à l’impliquer dans mon association étudiante en signant la pétition contre la hausse des frais en septembre 2010 », explique-t-elle. C’était à sa deuxième année de cégep. Elle deviendra rapidement responsable des affaires externes à son association étudiante avant de se faire élire comme présidente de la FECQ.


    Avec diplôme en histoire et civilisation en poche, Éliane Laberge n’a toutefois pas encore choisi la carrière qu’elle embrassera à l’université. Elle s’est plutôt inscrite en septembre dernier dans un second diplôme toujours au Collège de Rosemont, cette fois en arts visuels. « Ça va coûter moins cher à l’État », note-t-elle dans un clin d’oeil.


    Elle n’a actuellement pas plein accès au programme de prêts et bourse, sa mère ayant un revenu trop élevé. La nouvelle proposition gouvernementale, qui hausse les plafonds de revenus de la contribution parentale, pourrait toutefois changer la donne. Elle se réjouit d’ailleurs de cet acquis. « Il faut se dire aussi que dans le combat qu’on a mené, on a gagné quelque chose. On a fait un pas de plus pour l’accessibilité aux études. »


    Éliane Laberge se décrit comme une bonne leader, pragmatique, respectueuse des autres et aimant travailler en équipe.


    Le grabuge dans les manifs, très peu pour elle. « J’accorde personnellement une grande importance au pacifisme. Mais j’imagine que les choses auraient été différentes si je n’avais pas été rapidement une exécutante dans mon association », a-t-elle admis.


    Les prochains mois seront marqués par la mobilisation, promet-elle, tant étudiante qu’au sein de la population en général. « Plusieurs associations étudiantes de cégeps ont décidé de poursuivre la grève de façon symbolique, même si les sessions sont suspendues. Par exemple, au Collège de Rosemont, il y a un mandat pour reconvoquer une assemblée générale deux semaines avant la reprise des cours », a-t-elle expliqué. L’automne pourrait être chaud. « On sent chez les étudiants une volonté de continuer à se battre pour ce en quoi on croit ».

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel