Ras-le-bol des idées néolibérales

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	Depuis quelques semaines, une mascotte de panda est aux premières lignes des manifestations. Anachronique, ce câlinours bicolore suscite une improbable vague de sympathie.</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
Depuis quelques semaines, une mascotte de panda est aux premières lignes des manifestations. Anachronique, ce câlinours bicolore suscite une improbable vague de sympathie.

Le gouvernement n’arrivera jamais à rien de bon, dans le conflit étudiant, tant qu’il ne comprendra pas mieux à qui et à quoi il a affaire, c’est-à-dire à une génération différente des autres, dont les intérêts débordent les questions d’éducation et qui n’a pas fini de prendre la rue pour se faire entendre.

« Il semble évident que le gouvernement Charest ne comprend pas du tout les étudiants d’aujourd’hui, constate Jacques Hamel, professeur de sociologie à l’Université de Montréal et spécialiste de la jeunesse. Quand les ministres parlent des jeunes, on voit qu’ils parlent de ce qu’ils étaient à leur âge, alors que ça n’a rien à voir. »


Comme étudiants, les jeunes d’aujourd’hui passent presque plus de temps au travail que sur les bancs d’école, observe-t-il. Soucieux de se donner une formation collée à leurs champs d’intérêt, ils préfèrent souvent choisir leurs cours à la carte, plutôt que de suivre un programme particulier, et n’hésitent pas à interrompre leurs études lorsque l’occasion d’un voyage formateur se présente. « Première génération numérique, ils font actuellement la démonstration que cette forme de parcours, tourné sur soi, ne les empêche pas de se montrer très solidaires au besoin grâce, notamment, aux médias sociaux. »


Souvent qualifiés d’enfants-rois, ces jeunes sont plutôt des « négociateurs nés », estime la sociologue du centre Urbanisation, Culture et Société de l’INRS, Madeleine Gauthier, qui travaille depuis plus de 30 ans sur les jeunes. On leur a appris depuis leur plus tendre enfance à discuter d’égal à égal avec les adultes. « Ils ne s’attendent pas nécessairement à toujours gagner, mais ils veulent pouvoir aller au fond des choses. Pour eux, l’autorité vient bien plus de la compétence et de la confiance que de la hiérarchie. Mes collègues professeurs vous le diront, lorsqu’on prend le temps de discuter avec eux et qu’on arrive à une entente, ils peuvent devenir des collaborateurs extraordinaires. »


De ce point de vue, le refus du gouvernement Charest de tenir de véritables discussions avec les étudiants depuis le début du conflit de même que sa manie d’imposer des solutions unilatérales ne pouvaient pas être plus mal choisis, dit-elle. « Les deux parties ne peuvent même pas se comprendre. »

 

Des droits de scolarité au néolibéralisme


Les enjeux du conflit qui bat son plain depuis plus de 100 jours au Québec dépassent toutefois le simple conflit de générations, poursuit Marcos Ancelovici, professeur au département de sociologie de l’Université McGill et spécialiste des mouvements sociaux. « J’ai vu des gens de tous âges dans la grande manifestation de mardi. Résumer le conflit à un choc des générations serait une façon commode d’en évacuer l’aspect idéologique. Pour moi, il s’agit avant tout d’un conflit gauche droite. »


Si l’élément déclencheur du mouvement de contestation a été la hausse des droits de scolarité, bien d’autres enjeux sont venus s’y greffer. Les étudiants ont été prompts à observer que le scandale de l’îlot Voyageur, l’explosion des campus satellites ou encore le salaire versé à certains recteurs montrent que bien du ménage reste à faire dans les universités avant qu’on puisse parler de véritable sous-financement. Ces accusations de mauvaise gestion ont rapidement été étendues au gouvernement Charest lui-même, qu’on a blâmé pour le scandale de la corruption, le cafouillage sur la question des gaz de schiste, la direction prise par le Plan Nord, sans parler de la répression policière contre les étudiants et la récente adoption de la loi 78.


Les derniers mois ont aussi donné lieu à une dénonciation, beaucoup plus large encore, de la révolution néolibérale, note Jacques Hamel. On la condamne, non seulement pour sa conception utilitariste des études et sa marchandisation du savoir, mais aussi pour la montée des inégalités, les ravages causés par la dernière crise économique mondiale et son incapacité à faire prendre le virage vert au monde. « Le mouvement étudiant se fait notamment le défenseur de l’État-providence contre la privatisation des services publics et le principe de l’utilisateur-payeur. »


Ce discours ne manque pas de rappeler le mouvement des indignés en Europe ou d’Occupy Wall Street qui a déferlé l’an dernier jusqu’à Montréal. Il s’inscrit dans un grand courant de remise en cause des fondements des sociétés développées, observe Madeleine Gauthier. Chez les jeunes, il est entre autres nourri par toute une série de problèmes comme la montée de l’endettement des étudiants, le chômage accru des jeunes et le délitement de la classe moyenne, dont l’ampleur, pour le moment, n’est pas aussi grande ici qu’ailleurs, mais qui fait peur quand même.

 

Du local au global


Ce passage de la question très concrète et locale de la hausse des droits de scolarité à l’enjeu beaucoup plus large et global de la remise en cause du modèle néolibéral n’est pas le fruit d’une perte de contrôle. « Au contraire, c’est une réussite, dit Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). La principale critique qui a longtemps été faite au mouvement étudiant, c’était d’être une grosse machine corporatiste qui défendait ses intérêts au détriment de la population générale. Voyant l’appui au mouvement s’élargir, les mêmes personnes lui reprochent maintenant d’embrasser une cause trop large, trop floue et donc impossible à régler. » Si une entente avec le gouvernement devait se présenter sur les droits de scolarité, les étudiants sauraient mettre un terme à ce chapitre de leur contestation, assure-t-il.


La façon qu’ont eue les médias de couvrir le conflit étudiant n’a pas permis à la population de voir et comprendre tous ces facteurs, déplore Marcos Ancelovici. « La place accordée à la question de la violence est totalement disproportionnée et sert bien la stratégie du gouvernement qui vise à délégitimer le mouvement étudiant. En fait, quand on fait le total du nombre d’actes de violence qui se sont réellement produits et qu’on tient compte de la durée de la crise et du nombre de manifestations qui se sont tenues, je trouve, au contraire, qu’on a fait preuve d’incroyablement de retenue. Je m’en ferais plus à propos de la violence policière. »


Par un amusant retour des choses, ces jeunes Québécois, qui se sont largement inspirés d’autres mouvements de contestation étrangers, semblent en voie d’influencer à leur tour la scène internationale. On sait que leur histoire a déjà été racontée par de nombreux médias étrangers. On rapporte aussi, depuis quelques jours, des manifestations d’appui ailleurs au Canada, mais aussi aux États-Unis, en France ou encore en Amérique latine.

 

Ce n’est qu’un début


Le Québec n’en a pas fini avec les grandes manifestations de jeunes, prévient Madeleine Gauthier. « La démographie fait qu’ils sont devenus minoritaires et qu’ils ne sont plus l’électorat qu’on cherche à séduire », constate-t-elle. Cette baisse d’influence électorale des jeunes, au Québec comme dans plusieurs autres pays occidentaux, les oblige à chercher d’autres façons de faire entendre leurs revendications. « On les voit un peu partout décider d’occuper l’espace public, c’est-à-dire là où on ne peut pas ne pas les voir et ne pas les entendre. »


Gabriel Nadeau-Dubois se dit fier de ce que les étudiants ont su accomplir ces derniers mois. « On démontre que malgré tous les préjugés qui nous tombent sur la tête comme génération, on est encore capables de se mobiliser et de défendre nos droits, qu’on n’a rien à envier à nos parents, à nos grands-parents. Tout ce bouillonnement a permis de mettre plein d’enjeux sur la table. C’est une grande contribution du conflit étudiant au débat politique québécois. »

  • Dominic Lamontagne - Inscrit 26 mai 2012 00 h 37

    Les professeurs dans le champ...

    juste à regarder nos professeurs syndiqué, vous pensez vraiment qu'ils peuvent venir nous dire comment gérer ?? Ces professeurs avec de bons fonds de pension qui ont une très bonne connaissance des manifestations, grève ect.... C'est de votre système injuste qui mène vers la Grèce que le Québec doit se départir pour revenir à une solidarité juste et équitable. désolé M. les profs, vous vous voyer dans cette génération que vous influencez, mais un jour ils deviendront grands...

    • Francois Gougeon - Inscrit 26 mai 2012 09 h 29

      Oui, on dit que les universités sont mal gérées, mais personne ne semble mentionner qu'environ 78% des frais sont dédiés aux salaires des profs. Ensuite on enlève les frais non compressibles (entretient, chauffage,etc) Vous pensez vraiement que vous irez chercher des millions en économie en "faisant le ménage"?
      Les profs accepteraient-ils une baisse de salaire?

    • Pierre Brulotte - Inscrit 26 mai 2012 09 h 33

      Je ne suis pas bien sur de vous comprendre? Si j'ai bien compris, parce que les profs ont un fond de pension, ils ne sont pas des bons conseiller? Pourtant c'est eux qui ont le plus de connaissances sur l'économie, la politique, le social (parfois même plus que les dirigeants de l'État). Quand à la Grève, je ne suis pas un expert... La seule chose qui me frappe, c'est que les mesures d'austérités (couper dans les services, couper dans tout ce que tel ou tel parti considère superflu) semblent en réalité inefficaces.

    • Christian Fleitz - Inscrit 26 mai 2012 09 h 40

      Méfiez-vous du populisme qui dénigre certains acteurs d'un conflit sans vraiment avancer une argumentation incontournable. Par ailleurs, le «système injuste» qui a suscité la situation grecque est aux antipodes de celle du Québec.

    • Lydia Anfossi - Inscrite 26 mai 2012 09 h 52

      Être syndiqués aujourd'hui, est un minimum vital essentiel pour tous les travailleurs et travailleuses, professeurs et tous les autres. On voit bien avec l'actuel conflit que c'est ce que le gouvernement essai de briser, la solidarité. Au lieu d'attaquer les professeurs syndiqués, vaudrait mieux revendiquer pour tous, des conditions de travail, de vie et de citoyens. Revendiquer le bien commun. Voilà qui fera avancer les choses.

    • Réal Rodrigue - Inscrit 26 mai 2012 10 h 33

      Les profs sont les coupables ! C'est très simple et même simpliste. N'est-ce pas vous qui êtes dans le champ de patates... ?

    • David Boudreau - Inscrit 26 mai 2012 12 h 38

      Faire un procès d'intentions par association (prof=syndiqué) tient de la démagogie. Il n'y a aucune science dans vos arguments. Bien des gens s'improvisent sociologues lorsque vient le temps d'émettre une opinion, mais peu de gens possèdent de vraies compétences pour justifier leur position.

    • Vernier Pierre - Inscrit 26 mai 2012 12 h 48

      Bien d'accord. Le travailleur mérite son salaire mais il doit justifier ses résultats. Il doit aussi recevoir l'appui de l'école et de tous les niveaux d'autorité ( oui, oui, hiérarchie, ses supérieurs squ'au ministre de l'éducation et autres).
      Que nos enfants soient des négociateurs -nés, c'est normal. Chaque fois que je demandais quelque chose a un de mes fils, il questionnait et avait toujours une meilleure facon de faire. Il a refusé le racourci des connaissances de son père et au jourd'hui il doit ramer. L'éducation commence a la maison, pas a l'école ni dans la rue.

    • Hubert Collin - Inscrit 26 mai 2012 13 h 18

      @ Dominic Lamontagne

      Quoique je ne partage pas votre argumentation, j'accepte une partie de votre conclusion, à savoir que les professeurs d'université, dans ce conflit, devrait peut-être se taire, ne serait que parce que leur position les place en quelque sorte en conflits d'intérêts...

      Mais plus encore, l'image erronée que nous nous faisons des professeurs d'université fait en sorte que nous accordons un poids trop grand à ce qu'ils disent, de sorte que le rapport que nous entretenons avec eux est un rapport aux effets pervers, de telle sorte que, prétendant vouloir nous éclairer, leurs affirmation, paradoxalement, nous plongent dans une nouvelle soumission, soumission à un prétendu savoir et à ses prétendus porteurs.

      Des professeurs d'université, vous en trouverez des 2 côtés, et chacun d'entre eux parviendra à faire dire ce qu'il veut à ses préciseuses données et statistiques. N'oublions pas par ailleurs, que le néo-libéralisme a été "planché" dans des chaires de recherches universitaires, tout comme les désastreuses sciences de l'éducation qui ont boussillé et bousille encore le système éducatif primaire et secondaire. Les profs d'université, sans s'en rendre compte (car ils critiquent tout sauf eux-mêmes) sont enfoncés jusq'aux fontanelles dans l'idéologie dominante qu'ils font semblant de décrier. Ils reproduisent la nécessité capitasliste néo-libérale de la nouveauté à tout prix, de la nouvelle idée, de la nouvelle théorie; cette nouveauté de l'idée et de la théorie, c'est le fondement même qui justifie l'obtention de leurs subventions et l'avancement de leur carriêres. Par ailleurs, un universitaire peut-il produire une critique sincère de la société? On dit qu'on ne mord jamais vraiment la main qui nous nourrit... Je passe enfin sous silence le mépris latent qu'ils manifestent généralement pour le peuple, comme quoi le peupole sur papier sent toujours meilleur que le peuple côtoyé.

    • André J. Chrétien - Inscrit 26 mai 2012 15 h 17

      excelent commentaire, les profs en mène large dans ce conflit, eux sont bien payés sans travailler depuis 3 mois et ils se permettent d'appuyer les étudiants ouvertemennt. Nous, les caves de payeurs de taxes on ne peut pas ête d'accord avec eux. Sont t'ils prêts à être payés temps régulier lorsque les cours reprendront dans une période hors session? je suis vraiment déçu de ces professeurs à qui l'ont confie nos enfants pour les instruire et non pas pour les rendre contestataires de tout...

    • Claude Lachance - Inscrite 26 mai 2012 15 h 24

      Les prof devraient tous être des bénévoles, ? Et sans syndicat comme les employés de Wall Mart?.. Tous les chemins mènent à Rome... pour celui qui s'y rend.. bonne route!

    • Joshua Morin - Inscrit 26 mai 2012 20 h 28

      Les professeurs d'université sont payés à de très bons salaires et en plus de ça, leurs enfants non pas à débourser pour aller aux études et qu’il on le droit au crédit d’impôt c’est ridicule, qui eux sont en plus transférable à leurs parents

    • Robert Breton - Inscrit 27 mai 2012 09 h 35

      @Joshua Morin
      Ce que vous dites est une absurdité profonde et d'une fausseté incroyable!
      Peut-être devriez-vous retourner à l'écol finir votre primaire, comme ça vous ne feriez pas rire de vous par votre manque total de savoir.
      Pour le reste des commentaires plus haut, aussi bien revenir à l'obscurantisme médiéval et brûler les livres comme chez les Nazi.

    • Joshua Morin - Inscrit 27 mai 2012 14 h 53

      @Robert Breton
      Je suis désolé, mais je travaille comme technicien comptable et j'ai des cours en comptabilité je crois être en mesure de savoir ce que je dis. Ma professeure de comptabilité qui est CGA auditrice et CPA, CGA auditrice depuis la semaine dernière a fait plusieurs rapports d'impôt de professeur d'université et leurs enfants ne débourse pas. Elle est toujours scandalisée quand elle les produit. Il se pourrait qu’elle ne se trompe, mais laisser moi en douter.

    • Robert Breton - Inscrit 27 mai 2012 16 h 22

      @Joshua Morin
      premièrement, je m'en veux du ton plutôt irrespectueux utilisé dans mon intervention ci-haut. Désolé, j'me suis «énervé».
      Deuxièment, je vous répond amicalement que votre source est dans l'erreur. Les enfants de profs payent comme tout l'monde je le sais, j'en suis un (prof). Par contre, si le parent paye les études de ses enfants, il peut en réclamer environ 20% en crédit d'impôt et, pas parce qu'il est enseignant: tout le monde peut le faire!

    • Nicholas Gionet - Inscrit 27 mai 2012 16 h 31

      @Joshua Morin
      Oui, des employés universitaires ont des avantages sociaux. Revenez-en. C'est comme ça dans presque tout les emplois au Québec. Quand tu travailles quelque-part, tu y obtiens des biens et services à rabais, bienvenu au 21e siècle, n'ouvrez pas les yeux trop vite, ça peut faire peur!

      Votre argumentaire entier repose sur une vision très peu informée basée sur l'opinion d'un seul de vos professeurs.

      La prochaine fois, avant de faire un fou de vous, je vous suggère de vous renseigner vous même au lieu de répéter ce que vous avez entendu quelqu'un dire comme un perroquet. Par exemple: tu ne peux réclâmer des crédits pour frais de scolarité si il n'y a pas eu de frais à payer.

      Vous n'êtes d'ailleur pas le seul qui devrait prendre mon conseil: 78% du buget universitaire sert à payer les enseignants? Hahahaha, mais d'où tenez vous vos renseignements, d'une boite de Cracker-Jack? Faites donc au moins un effort: renseignez-vous!

    • Joshua Morin - Inscrit 27 mai 2012 18 h 50

      Désolé de revenir encore une fois sur le sujet, mais oui en effet j'aurais dû faire plus de recherche qu’un seule professeure et une tante qui est elle aussi CGA alors je me suis mis à chercher, il se peut que le tout est changé ou que le tout dépende des universités, mais j’ai trouvé un article sur le devoir datant de 2008 qui en parle très brièvement. Dans le paragraphe Une situation privilégiée http://www.ledevoir.com/non-classe/179251/combien-

    • Joshua Morin - Inscrit 27 mai 2012 19 h 56

      D'après ce que j'ai lu, je comprends que j'ai généralisé ce que je n'aurais pas dû faire

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 1 juin 2012 16 h 14

      Les profs ceci et les profs cela... N'allez donc pas à l'école, à vous lire il nous serait négfaste qu'ils nous transmettent leur savoir, et il vaudrait mieux "rester dans l'champs". À mes yeux, l'argument "ad hominem" n'a ici aucune valeur et est de fait contre-productif. À moins que l'on tienne à quelque dogme duquel on ne voudrait surtout pas se faire contredire ou monter qu'on est dans l'erreur, mais là on serait dans les sphères de la socio-psychologie...

  • Hubert Aquin - Inscrit 26 mai 2012 00 h 42

    Bravo à la CLASSE

    La CLASSE fait bien de se positionner pour la gratuité scolaire. Elle est tout à fait réalisable et permettrait enfin au Québec de vivre une explosion dans les taux de diplomation en études supérieures. Notre taux de décrochage est scandaleusement élevé et nous avons moins de bacheliers, proportionellement parlant, qu'ailleurs au Canada. Baisser et abolir les frais de scolarité nous permettra de fleurir comme nation.

    Ceux qui doutent de ce fait en prétextant que « les Québécois sont déjà les plus taxés en Amérique » devraient plutôt être les premiers à contester la hausse des frais qui, après tout, est le signe d'un gouvernement incompétent qui récidive dans sa mauvaise habitude d'aller piger de plus en plus de montants dans la poche de citoyens pour compenser ses gaspillages éhontés dans autant de domaines que la construction, laquelle est victime de surfacturation et de corruption, le bradage des ressources naturelles, les salaires surgonflés des recteurs, etc!

    Fait : le Québec a amplement les moyens de se passer d'une hausse des frais de scolarité, et même de réaliser la gratuité scolaire de la maternelle à l'université. La position du gouvernement Charest est purement idéologique, et donc nocive. Mêler l'idéologie et la gouvernance m'apparaît comme une pente glissante et une bien mauvaise pratique de gestion.

    À l'heure actuelle, être d'accord avec la hausse des frais revient à dire que l'on est d'accord avec l'incompétence libérale qui gaspille des sommes monstrueuses, autant par la dépense que par l'omission, à de multiples niveaux de l'économie. Je pense aux coûts majorés de 30% en construction du à la corruption et aux montants dérisoires obtenus pour l'exploitation de notre sous-sol par des intérêts étrangers. Pourquoi voudrait-on donner davantage d'argent à un gouvernement probablement corrompu jusqu'à la moelle?

    Les sommes nécessaires pour un refinancement massif de l'éducation sont déjà là.

    • Gilbert Talbot - Abonné 26 mai 2012 09 h 31

      Le fond du conflit, ne l'oublions pas, c'est la question de la hausse des frais de scolarité, mais l'opposition à la hausse se fonde sur ré-orientation majeure que veut imprimer le mouvement étudiant : revenir vers la gratuité scolaire du primaire à l'université, déjà présente dans le rapport Parent. Si vous êtes d'accord avec cette orientation, je vous invite à signer la pétition suivante :
      http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_la_gratuite_

    • Lorraine Dubé - Inscrite 26 mai 2012 09 h 48

      Belle analyse d'Éric Desrosiers-

      «Résumer le conflit à un choc des générations serait une façon commode d’en évacuer l’aspect idéologique» «Pour eux, l’autorité vient bien plus de la compétence et de la confiance que de la hiérarchie»

      Pris au dépourvu, Jean Charest tente d'étouffer la controverse, de faire diversion: Démissions, changement de chef de Cabinet, retour du fin stratège Daniel Gagnier qui avait rejoint la société d'énergie albertaine Talisman pour y siéger au sein d'un conseil consultatif.

      Ras-le-bol des libéraux- Gaz de schiste : l'industrie a fait le plein de conseillers libéraux:
      http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/ene

    • maxime belley - Inscrit 26 mai 2012 10 h 13

      bof la gratuité, t'aurais du monde qui font des carrières d'étudiants. 1000 par session c'était très bien, juste assez cher pour bien penser à son affaire et pas assez cher pour pouvoir prendre le risque d'étudier ce qui nous allume au fond du coeur...

    • Christian Fleitz - Inscrit 26 mai 2012 10 h 26

      En matière de gestion, «l'argent n'a pas d'odeur». L'engagement d'une dépense ne tient jamais compte de la nature de son financement, le seul problème est de savoir la priorité à lui accorder.
      L'enseignement supérieur est-il indispensable à l'avenir du Québec? Une réponse négative? Le retour au modèle du «coureur des bois» est la bonne solution. Par contre, dans l'affirmative, il est essentiel de proposer aux jeunes intelligences du pays toutes les facilités pour étudier dans tous les domaines susceptibles de valoriser leurs talents et non de répondre aux besoins de l'économie, comme un recteur qui a eu l'impudence de le déclarer, liant les formations supérieurs aux besoins de l'économie, limitant le rôle de celles-ci à une fabrique d'opérateurs prédéterminés dans leurs rôles d'outils de production. L'enseignement supérieur sert à nourrir les esprits, la dynamisation pour le système économique n'étant qu'ultérieure.
      Reste l'origine du financement. Un enseignement supérieur gratuit est le fait de bien des pays parmi les plus «pointu» en matière de recherche et de formations. Le financement relève alors de l'impôt, ces formations étant une nécessité «nationale» absolue. Si comme certains détracteurs le proclament, les étudiants bénéficieront de salaires plus élevés que ceux qui n'auront pas fait l'effort de se soumettre à des études contraignantes, c'est oublier que revenus plus élevés=impots plus élevés, à moins que le système fiscal soit malhonnête. Dans ce cas, doit s'imposer une justice devant l'impôt de tous les contribuables, les personnes comme les collectivités et toutes les sociétés.
      Reste, les enseignements les plus couteux: la solution pourrait être une obligation de service public d'un certain nombre d'années pour ces derniers.
      La gratuité de l'enseignement supérieur est une solution juste et démocratique, permettant à tous les talents de servir la communauté.

    • J-F Garneau - Inscrit 26 mai 2012 10 h 43

      Vous dites: "À l'heure actuelle, être d'accord avec la hausse des frais revient à dire que l'on est d'accord avec l'incompétence libérale qui gaspille des sommes monstrueuses, autant par la dépense que par l'omission, à de multiples niveaux de l'économie."

      Voilà précisément le point de vue qui inquiète.
      "Si vous n'êtes pas avec moi, vous êtes donc contre moi" disait Gorges Bush.

      Alors est-ce impossible dans notre société d'avoir une vraie discussion?
      Le Manifeste de l'université pour Tout le Monde mentionne de l'université:
      "En tant qu’institution autonome, elle participe à la réflexion critique de la société sur elle-même. Sa contribution aux débats collectifs dépend précisément de cette indépendance à l’égard des différents pouvoirs. La menace principale qui pèse aujourd’hui sur nos universités est la disparition de cette liberté fondamentale."
      Un débat "collectif" peut-il vraiment avoir lieu quand nous assistons à une ostracisation des opinions dissidentes?

    • André Michaud - Inscrit 26 mai 2012 10 h 48

      Manifestement vous faites partie des 40% des citoyens qui ne voient pas la CLASSE comme des emmerdeurs..

    • ghislaine fortin - Inscrite 26 mai 2012 11 h 19

      On l'oublie mais l'agriculture, très largement et lourdement subventionnée, ne profite qu'à une petite clique.

      Un milliard trois cents millions de dollars en moins de 7 ans, pelleté aux générations futures, cadeau de la bonne gestion de l'UPA.

      Plus de $100 millions de dollars pour "aider" cinq producteurs porcins.....un autre producteur porcin touche en moyenne $45 millions annuellement. Il est vrai que la côtelette en épicerie ne coûte pas chère....si on ignore les sommes astronomiques versées en "aide". Les fermes familiales sont complètement délaissées mais l'UPA s'en sert pour exiger toujours plus "d'aide".

      Des milliers de producteurs contestent et exigent la pluralité syndicale: ils ne sont jamais entendus et le gouvernement renforce encore plus les pouvoirs de l'UPA par une loi votée à toute vapeur pour bien écraser les producteurs dissidents.

      Ne vous étonnez pas: il y en a beaucoup qui appuient les étudiants et qui vont manifester! Il y a un amalgame de beaucoup de causes: le gouvenrement n'est là que pour entendre ses tisamis.....

    • Fernand Trudel - Inscrit 26 mai 2012 11 h 38

      Non la position du gouvernement est purement économique. On ne peut réclamer un enseignement de qualité quand on a tout étatisé. Avez vous vu un gouvernement bien gérer ? Demander la gratuité est se déresponsabiliser davanatge et pousser aux générations futures le fardeau de nos mesures sociales trio généreuses. Quand on dépense plus que l'Ontario dans notre filet social et que les plus fortunés s'enfuient vers des cieux plus cléments, on s'en va rapidement vers une situation désastreuse comme celle de la Grèce. Quand laprès l'éducation et la santé, le troisième poste budgétaire est le service de la dette avec plus de 10 milliards annuellement, on ne parle plus de rallonger la facture de la carte de crédit...

    • lise lorquet - Inscrite 26 mai 2012 14 h 19

      Education gratuite! cela me fait rire. Allez passer quelques heures dans nos écoles secondaires devant une nouvelle génération de Ipod et de Iphone (qui coûtent beaucoup plus que la hausse annuelle des frais scolarité proposée)... pour constater qu'est devenue notre belle éducation gratuite... Devant une nouvelle génération blazée et carrément paresseuse, je ne peux m'empêcher de faire le paralèlle... vous devriez voir pour la plupart désintéressés à apprendre, mettant en pratique la loi du moindre effort doublée d'un foutisme irresponsable et surtout défiant l'autorité à tort et à travers. Je n'aime pas généraliser, et il faut quand même constater que plusieurs, Dieu merci, appartiennent à des groupes scolaires d'options qui les démarquent de par leur motivation et ambition à apprendre et à réussir, leur savoir-vivre et leur respect envers l'autorité. Ceux-ci sont clairement en voie de se rendre et d'acquérir une éducation supérieure bien méritée ... quant aux autres... il faudrait bien chercher et trouver l'erreur... mais de leur rendre l'éducation scolaire gratuite qui, à mon avis, ne règlera certainement pas la situation et risquerait plutôt d'engorger nos universités de paresseux et d'irresponsables. Je vous avoue que j'ai bien peur de voir le même phénomène que l'on retrouve dans nos écoles secondaires se répéter au niveau de nos universités. Il faudrait réaliser que la vie n'est certes pas un 'free lunch'. Il faudrait aussi voir à contrer l'exode des cerveaux pour considérer le fait que ceux qui étudient au Québec à petits prix ne sont pas toujours ceux qui restent pour payer la facture de ces fameuses taxes qui serviront à la gratuité de l'éducation etc... Il suffit de lire l'article du 18 mai dernier publié par le Devoir sur l'exode des anglophones québécois pour réaliser qu'une éducation gratuite ne règlera pas ce problème... peut-être devrions-nous rendre uniformes les droits de sco

    • André J. Chrétien - Inscrit 26 mai 2012 15 h 26

      les études ce n'est pas gratuits monsieur, dans la vie il faut travailler pour se bâtir un avenir, il faut arrêter de toujours se fier aux autres pour réussir et le résultat est que ça fait des adultes pas mal plus responsable et mature dans une société!

    • Marc Collin - Inscrit 27 mai 2012 09 h 09

      @Christian Fleitz, quel pays offre la gratuité scolaire?
      la norvege? il faut pas oublier que le service miliaire doit être fais.

      la france? c'est loin d'être gratuit sans compté que les frais reliés au grande écoles sont beaucoup plus élevé qu'ici

    • Marc Collin - Inscrit 27 mai 2012 09 h 11

      @Hubert Aquin, ce pourrait que le fait qu'il y ait moins de bachelier soit en lien avec le marché?

      il y a de plus en plus de gens qui opte pour des DEP, certaines branches offrent des salaires bien meilleurs que ceux qui passe par l'université.

      est-ce que ça les rends "moins bon" que les universitaires?

    • Viviane Genest - Inscrite 27 mai 2012 19 h 03

      @Lise Lorquet, une simple taxe à l'échec permettrait de contrôler les paresseux et les irresonsables. Pour l'exode, des frais pour ceux qui quittent le Qc san y travailler.

      @Marc Colin, il ne s'agit pas de juger les détenteurs de diplôme professionel.

      Une population éduquée n'a pas pour seul objectif de subvenir aux besoins du marché... ou voulez-vous dire qu'on devrait diminuer la contribution gouvernementale aux DEP qui sont payants ?

      @Chetien, Les études universitaires demandent beaucoup de sacrifices, pas seulement monétaires. Ceux qui obtiennent leur diplôme le méritent et le payent à travers leurs impôts.

      Le système d'imposition québécois est suffisant pour maintenir les frais scolaires à leur niveau actuel, malheuresement on sait que les journaux ont rapporté plusieurs cas de dilapidation ehontée des revenus publics (construction, plan nord, subventions douteuses..). En refusant à la prochaine génération ce que la génération précédente a eu comme choix pour son éducation, on refuse le progrès social pour on choix qui n'implique aucun coût économique, mais seulement la transparence du gouvernment.

  • Pierre Bourassa - Inscrit 26 mai 2012 00 h 43

    La montée des inégalités

    Merci au Devoir pour sa couverture du conflit qui n'est plus seulement étudiant.Comme vous le mentionniez plus haut,démographie oblige,le gouvernement Charest a compris l'enjeu électoral et s'est servit des étudiants pour se faire du capital politique sur leurs dos.Ceci n'est pas digne d'un gouvernement responsable car il est clair qu'il est prêt à sacrifier l'avenir du Québec par simple opportunisme électoral.Qui peut s'en étonner après toutes les révélations de corruption qui ne font que commencer à sortir sur ce qu'il est pret à faire pour arriver à ses fins?
    Mais la goutte qui a fait déborder le vase sont les ordres qu'il a donné à la police pour brutaliser des foules pacifiques.Çà n'a pas passé et il doit payer pour ses actions.
    Non à l'État policier au Québec
    http://www.youtube.com/my_videos_edit?ns=1&vid

    • Chantale Desjardins - Abonnée 26 mai 2012 13 h 59

      A 24heures/60 minutes, Michelle Courchesne ne semblait pas avoir de bonnes dispositions pour négocier avec les associations étudiantes. Elle était en campagne électorale et voulait faire élire son chef. Ce n'est pas la bonne personne pour réussir une entente mais il faudrait plutôt avoir le chef jean Charest mais est-il vraiment un chef????

  • Jean-Michel de l'Épée - Inscrit 26 mai 2012 00 h 47

    La Contestation; ici, ailleurs

    Alors qu'elles ont toujours défendu et adulé les mouvements de contestation qui visaient à destituer un chef d'état allié des Russes, des Chinois, et de toute autre pôle géopolitique, les médias anglo-saxons canadiens se déchaînent contre la CLASSE. Il est très clair que ceux-ci prêchent le catéchisme du néo-libéralisme et que le deux poids, deux mesures règne en maître dans leur vision manichéenne du monde et des peuples.

    L'incapacité des anglos de mettre leurs propres élites en question sur les vrais enjeux traduit un genre de tabou pour eux; tabou de lèse-majesté, handicap contre leur capacité de réellement évoluer. Il est grand temps de s'en affranchir et de façonner notre propre avenir, libre de ce dogmatisme élitiste.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 26 mai 2012 00 h 52

    la prochaine sera plus grosse

    avant qu'on soit 50 à avoir commenté et qu'on soit tous à l'amende...

    Athmosphère électrique dans le ciel de Montréal ce vendredi soir : wow!

    Ça continue ce samedi soir ; à 8 heures, on réentendra l'alarme du réveil. Il faudra se lever pour aller à bâtir une démocratie. Au travail... pour quelque chose qui en vaut vraiment la peine.

    Guillaume Blouin-Beaudoin