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    La CLASSE refuse « de céder à la peur »

    Pas question de fournir l’itinéraire de la manifestation devant marquer aujourd’hui 100 jours de grève étudiante

    La loi 78 ne doit pas tuer la mobilisation, estiment les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, qui appellent à continuer à manifester en vertu des droits garantis par les chartes.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La loi 78 ne doit pas tuer la mobilisation, estiment les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, qui appellent à continuer à manifester en vertu des droits garantis par les chartes.
    A la suite d’une fin de semaine aux nuits ponctuées de violents affrontements entre policiers et manifestants, la CLASSE a appelé hier après-midi à « refuser de céder à la peur et à la répression » en désobéissant à la loi spéciale 78, « quitte à en assumer les conséquences juridiques ». Un peu plus tôt dans la journée, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s’était prononcé en faveur d’une trêve, appelant gouvernement et étudiants à rejoindre la table des négociations.

    Tenant entre ses mains un exemplaire du projet de loi 78 frappé du sceau de l’Assemblée nationale, les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, se sont exprimés hier après-midi au square Émilie-Gamelin, face à un parterre de journalistes, et entourés d’une foule de sympathisants arborant le carré rouge. Dans ce face-à-face historique entre le gouvernement et les jeunes, rester inactif, c’est accepter de perdre ses droits fondamentaux, a martelé le désormais célèbre porte-parole, à la veille du centième jour de contestation.


    La CLASSE souhaite se poser en organisation représentante des opposants à la loi 78, se disant prête à assumer ce rôle, même s’il s’agit de faire face à des poursuites. « Le droit de manifester est fondamental et ne peut être brimé. » À ce titre, Mme Reynolds souhaite maintenir les « pratiques organisationnelles » de la CLASSE, en conformité avec la Charte des droits et libertés de la personne, notamment en ne déclarant pas l’itinéraire d’une manifestation. Le fait de ne pas déclarer l’itinéraire d’une manifestation n’induit pas qu’elle deviendra violente, a rappelé M. Nadeau-Dubois.


    La coalition a appelé à manifester aujourd’hui à 14 h, place des Festivals, pour souligner le 100e jour de grève.

     

    Violents affrontements


    La fin de semaine s’est soldée par deux soirées de courses poursuites entre les forces de l’ordre (Service de police de la Ville de Montréal et Sûreté du Québec) et manifestants. « Marco ? Polo ! On joue à tag avec la police », se sont amusés des manifestants dimanche soir pour inciter les clients des bars du Quartier latin à les rejoindre. Pour autant, l’ambiance des marches de cette longue fin de semaine était loin d’être bon enfant.


    Déclarées illégales dès leur première heure, les marches nocturnes ont donné lieu à plus de 370 arrestations et à plus d’une dizaine de blessés chez les manifestants, dont au moins un dans un état grave. Dans la nuit de samedi et de dimanche, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis au square Émilie-Gamelin, pour entreprendre leurs 26e et 27e marches nocturnes. La foule n’a pas tardé à se retrouver face aux escouades de police qui ont dispersé, parfois très violemment, les participants.


    Les petits groupes dispersés ont été capables de se rejoindre à plusieurs reprises, notamment grâce à Twitter, et le Quartier latin est devenu le point central de leur regroupement. Samedi soir, un groupe a improvisé une barricade enflammée en utilisant le matériel d’un chantier de construction au croisement des rues Ontario et Saint-Denis. Le lendemain, une borne-fontaine ouverte y a inondé la rue.


    Samedi soir, la terrasse du bar le Saint Bock a été mise à sac par la police, et le propriétaire évalue les dégâts à plusieurs milliers de dollars. Le propriétaire du restaurant sans gluten Zero8 a pour sa part été arrêté alors qu’il aidait ses clients à fuir par la porte arrière.


    Appel à la trêve


    Lors de son point de presse d’hier après-midi, la CLASSE a tenu à souligner qu’elle n’avait jamais appelé à la casse ou au vandalisme, et que lors des manifestations qu’elle organisait, elle s’assurait de mettre en place un service d’ordre.


    Dans le cadre des festivités de la Journée nationale des patriotes, Amir Khadir a abondé dans le sens de la CLASSE, estimant, devant une foule enthousiaste, que « la seule réponse à opposer [à la loi 78], c’est de ne pas s’y plier ».


    Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, en entrevue à Radio-Canada, a lancé un appel à la trêve, soulignant que policiers, touristes, manifestants et citoyens étaient tous perdants. « La seule façon de régler ce conflit, c’est de retourner à la table des négociations », a-t-il plaidé.


    Sur le front juridique, des avocats et des professeurs de droit mandatés par les associations étudiantes, dont la CLASSE, travaillent à contester plusieurs articles de la loi spéciale devant les tribunaux, avec l’aide de la clinique juridique Juripop.


    Hier, la 28e manifestation nocturne a réuni des milliers de manifestants à Montréal, dont le groupe du « Baby Bloc », des parents militants accompagnés de leurs jeunes enfants. Les manifestants se sont dirigés vers le pont Jacques-Cartier, dont l’entrée a été bloquée par la SQ, et la manifestation a été déclarée illégale, mais tolérée tant qu’elle resterait pacifique. Plus tard, un groupe a pris la direction de Westmount, où se trouve la résidence du premier ministre, scandant « On va chez Charest ». La tension est montée d’un cran vers 23 h 30, quand les policiers leur ont bloqué la route. Au moment de mettre sous presse, les manifestants avaient toutefois choisi d’éviter la confrontation et repris leur marche.

    La loi 78 ne doit pas tuer la mobilisation, estiment les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, qui appellent à continuer à manifester en vertu des droits garantis par les chartes. Les manifestations de la fin de semaine ont été marquées par de nombreux affrontements. Ici, un policier tente de calmer une collègue après une échauffourée avec des manifestants. Les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, au square Émilie-Gamelin hier après-midi.












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