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    Les droits de la personne bafoués ?

    Dix-huit personnalités réclament que la Commission se penche sur la brutalité policière et le caractère discriminatoire de la hausse des droits de scolarité

    La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pourrait avoir à se pencher sur des plaintes concernant la violence dont ont été victimes les manifestants du mouvement étudiant. Le service des communications a confirmé au Devoir que plusieurs appels avaient été faits concernant la brutalité policière et le droit de manifester. Il n’a pas été possible pour le moment de confirmer si des plaintes signées avaient été déposées en bonne et due forme.

    Toutefois, la Commission a bel et bien été interpellée de manière plus informelle, non pas sous la forme d’une plainte, mais plutôt celle d’une lettre signée par 18 personnalités, dont l’ancien sous-ministre de l’Éducation Yves Martin, les sociologues Guy Rocher et Louise Vandelac et le philosophe Georges Leroux, pour qu’elle se prononce sur la brutalité policière et le caractère discriminatoire de la hausse des droits de scolarité.


    « La Commission devrait condamner publiquement l’usage de la force excessive par les différents corps policiers et l’arbitraire dont font preuve les forces de l’ordre eu égard aux droits fondamentaux des étudiants. [Elle] devrait exhorter le premier ministre du Québec et la ministre de l’Éducation à suspendre immédiatement l’application de la hausse envisagée afin de ramener la paix sociale et de permettre que cet enjeu fasse l’objet d’un débat public ouvert et transparent », peut-on lire dans cette lettre publiée aujourd’hui en page Idées.


    L’initiative d’une telle démarche est de l’avocat Sébastien Lormeau, qui explique avoir été choqué par la « violence extrême » des manifestations. « On est en train de marginaliser toute une génération. Je crains qu’elle perde confiance dans ses institutions. On ne permet plus le dialogue sur la place publique. On répond par la force policière, qui charge sans préavis », a-t-il déploré. Selon M. Lormeau, la hausse des droits de scolarité limite l’accès à l’éducation, un droit pourtant garanti notamment par l’article 10 de la Charte des droits et libertés.


    Avec les personnalités cosignataires, il espère que la Commission, bien qu’elle n’ait qu’une autorité morale, prenne publiquement position sur ces questions. M. Lormeau n’exclut pas d’entamer en parallèle des procédures judiciaires pour contester la légalité de la hausse des droits de scolarité.


    Des profs en colère


    Par ailleurs, sitôt annoncée, la loi spéciale que veut faire adopter le gouvernement Charest a été décriée par des professeurs d’université. Hier, de nombreux syndicats de professeurs ont condamné cette mesure qui, selon eux, « exacerbe » les craintes de détérioration du conflit social. Ils ont également exhorté le premier ministre Jean Charest de surseoir à la hausse des droits de scolarité le temps de tenir des états généraux.


    Pour Michèle Nevert, présidente du syndicat des professeurs de l’UQAM, les professeurs ne peuvent dispenser des enseignements dans le contexte stressant et tendu du conflit qu’elle qualifie de « guerre civile » entre les rouges et les verts. « Il est aberrant de vouloir imposer à des profs de dispenser des cours dans de telles conditions, nous ne le pouvons pas et nous le refusons », a-t-elle déclaré.


    Les professeurs ont indiqué toutefois qu’ils respecteraient leur convention collective, mais en continuant la mobilisation. Ils n’excluent pas de tenir à l’automne un sommet sur l’éducation, en attendant de vrais états généraux. « Je suis obligé de contredire le premier ministre, mais non, ce débat n’a pas eu lieu », a martelé Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeurs et professeures d’université, aussi cosignataire de la lettre envoyée à la commission des droits de la personne.

     
     
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