Une «proposition consensuelle» a été soumise hier par tous les leaders étudiants

Québec — Alors que le conseil des ministres délibère au sujet d'une loi spéciale pour mettre fin à la crise étudiante, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) Léo Bureau-Blouin a révélé avoir proposé au gouvernement une solution de dernière minute, hier. Cette dernière a reçu l'accord des «carrés verts».

Cette «proposition consensuelle» que M. Bureau-Blouin voudrait voir appuyée par les trois autres associations (FECQ, FEUQ, CLASSE et TACEQ), a reçu l'appui du le Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ) pour la hausse (les «carrés verts»). Elle aurait pour effet de «ramener tout le monde en classe», dit-on à la FECQ. Celle-ci a été remise à la partie gouvernementale et au négociateur du gouvernement, Pierre Pilote. Elle inclut le principe d'un moratoire d'un an sur les hausses des droits de scolarité et la tenue d'états généraux, comme Le Devoir l'évoquait dans son édition de ce matin.

 

Dans sa conférence qu'il a fait seul, M. Bureau-Blouin a totalement rejeté l'affirmation de la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne selon laquelle les étudiants, lors de la rencontre de hier soir à Québec, aient durci le ton.
 

La ministre déclarait ce matin que la rencontre d'hier soir lui avait permis de constater «que le ton s’est raffermi». À ses yeux, il n’y avait pas dans les propos des étudiants «davantage de place au compromis. Et de leur côté, j’ai senti un durcissement de leur position. Ça, c’est très clair».
 

M. Bureau-Blouin soutient qu'au contraire les étudiants ont «proposé un nombre important de compromis» hier soir. Si le gouvernement l'acceptait, le représentant étudiant s'est même engagé à recommander — et non seulement présenter, comme il l'avait fait avec l'entente du 5 mai — la nouvelle solution à ses membres. La CLASSE soutient ne pas avoir été mis au courant de la proposition. Si elle adhérait à l'entente, elle ne pourrait s'engager à la respecter car son exécutif ne peut recommander quoique ce soit à ses assemblées générales.
 

Le président de la FECQ a enjoint les ministres réunis en conseil à ne pas laisser «l'émotion» guider leur décision. En citant à l'appui le juge en chef de la Cour supérieure Francois Rolland, le président de la FECQ a soutenu qu'une loi spéciale «menacerait encore plus la paix sociale». Le porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables (MESR), Laurent Proulx, s'est dit d'accord.
 

Si jamais une loi spéciale était adoptée, la FECQ a annoncé qu'elle la contesterait devant les tribunaux. Par ailleurs, pendant la conférence de presse, Léo Bureau-Blouin n'a pas écarté la possibilité que la FECQ s'entende directement avec le gouvernement, sans l'accord des autres associations. Mais son entourage a soutenu par la suite qu'il avait été mal interprété et qu'il souhaitait «au contraire» que toutes les associations fassent front commun autour de sa proposition.
 

Le bureau de Michelle Courchesne a refusé de commenter la situation et a répété que la ministre de l'Éducation ferait une conférence de presse plus tard en après-midi, à l'issue du conseil des ministres.

 


 

D'autres détails suivront.
67 commentaires
  • Francois Cossette - Inscrit 16 mai 2012 14 h 01

    Des élections

    On nous ment depuis le debut dans le camp du gouvernement. Doit-on etre surpris que ca continue.
    Le probleme c'est que le gouvernement n'a plus aucune crédibilité dans ce dossier et dans bien d'autres. C'est un gouvernement corrompu, usé, incapable de faire autre chose que de se regarder le nombril.

    • Michel Richard - Inscrit 16 mai 2012 15 h 49

      La proposition décrite dans l'article est une moratoire avec des états généraux sur l'éducation.
      C'est exactement ce que l'ex ministre Beauchamp a décrit. C'est aussi un durcissement parce que jusqu'à maintenant les étudiants disaient qu'un moratoire, à lui seul, serait suffisant pour rentrer en classe.
      Y'a pas de mensonge.
      Pour ma part, ce sont les étudiants qui n'ont plus de crédibilité: ils signent des ententes et changent d'idée le même jour ou le lendemain, ils signent des ententes et ne les supportent pas devant leurs "instances"
      Et ils font des propositions qu'ils disent être un compromis, mais qui n'en est pas un.

    • Killian Meilleur - Inscrit 16 mai 2012 16 h 04

      Michel Richard, allez lire l'« entente » qu'ils ont signée.

      Ce qui était « entendu », c'est que ladite proposition serait soumise à leurs membres.

      Les « leaders » étudiants n'ont pas le pouvoir de choisir à la place des assemblées générales, qui étaient libres d'accepter la proposition ou non.

      C'est le parti libéral qui a gueulé sur les toits qu'il y a vait « entente » pour discréditer un éventuel refus étudiant.

    • Michel Richard - Inscrit 16 mai 2012 16 h 35

      @Killian Meilleur
      Je l'ai lue, l'entente.
      Le document est intitulé "entente", j'ai donc été étonné que les étudiants nient que ce soit une entente.
      Je sais bien que l'entente devait être soumise aux "instances" étudiantes. Mais si les leaders ou négociateurs étudiants ont signé l'entente, ils avaient l'obligation morale de la supporter.
      Et oui, le gouvernement a insisté pour dire qu'il y avait entente: un document intitulé ainsi venait d'être signé !

    • Fanny Beauchamps - Inscrite 16 mai 2012 16 h 56

      Michel Richard, vous avez tort.

      Mais, rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul.

      La campagne de désinformation orchestrée par le gouvernement fonctionne à merveille!

      Voici textuellement l'engagement des associations étudiantes contracté le 5 mai 2012.


      [...]

      7. Autres dispositions

      Les représentants des fédérations, table de concertation et associations étudiantes S'ENGAGENT À RÉFÉRER L'ENTENTE DE PRINCIPE POUR QU'ELLE SOIT SOUMISE À LA CONSULTATION PAR LEURS MEMBRES.

      Au fait, pourquoi ne lisez-vous pas vous-même l'entente?

      L'entente ne fait que 3 pages, 7 articles, 587 mots.

      Une lecture qui prend un gros 5 minutes!

      Mais, personne ne se donne la peine de la lire.

      Et tout le monde critique les étudiants.

      Allez! Suivez le troupeau d'analphabètes, Michel Richard.

    • Vincent Bilodeau - Inscrit 16 mai 2012 21 h 19

      En fait, le problème est que personne n'est crédible dans ce conflit. Le gouvernement ne l'était pas dès le début. Les étudiants, eux, ont perdu la crédibilité qu'ils avaient avec le temps. Le tout est rendu ridicule.

  • André-Jean Deslauriers - Inscrit 16 mai 2012 14 h 06

    Tenez-bon!

    Je suis plus enclin à croire les dirigeants étudiants, plutôt qu’une autre marionnette de Jean Charest pseudo chef de ce gouvernement corrompu et qui a perdu toute légitimité.

    Si tant est qu’il en ait jamais eu une.

    Dégagez! le PLQ et toute les sectaires de droite qui les appuient.

    André-Jean Deslauriers

  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 16 mai 2012 14 h 30

    Mauvaise foi du gouvernement

    Les faits révélés ici montrent toute la mauvaise foi du gouvernement Charest. On le savait déjà.

  • Huguette Durocher - Inscrite 16 mai 2012 15 h 08

    Quelle honte ce Gouvernement

    Cela fait des années que ce Gouvernement nous ment.

    Bravo à ces jeunes leaders étudiants, vous avez bien fait de faire un point de presse et dire la vérité.

    Huguette Durocher

  • Leclerc Éric - Inscrit 16 mai 2012 15 h 08

    Pas de loi spéciale monsieur Charest!

    Vous avez nommé Michelle Courchesne parce que vous aviez CONFIANCE en elle, alors n'allez pas imposer une loi spéciale, car si vous croyez faire peur aux étudiants, cette loi signifiera une poussée de colère supplémentaire des groupes d'extrême droite!

    • Michel Belisle - Inscrit 16 mai 2012 16 h 20

      Un gouvernement ne peut gouverner en fonction de la menace de groupes d'extrême droite.

      Une loi spéciale n'est par votée pour faire peur mais parce que les associations n'ont plus le contrôle sur les grévistes. Pensez-vous que les grévistes de la CLASSE vont accepter un compromis après 14 semaines de grèves ? Je ne le crois pas. Ils ne cherchent que la victoire absolue sans concession.

      Une loi spéciale va surement apporter de la colère mais au moins ce sera l'annonce du début de la fin. Les vrais victimes sont les étudiants qui désirent retourner en classe. Rappellons que la grande majorité des associations qui ont eu des srcutins de votes secrets ou par internet ont voté en faveur d'un retour en classe.

      En obligeant les étudiants à rentrer en classe, les professeurs aux carrés rouges pourront enfin mériter leurs salaires en allant enseigner au lieu de bloquer les accès.

    • Simon Villeneuve - Abonné 16 mai 2012 17 h 43

      M . Belisle j imagine vous voulez dire de menace d extreme gauche si vous parlez des etudiants ....

      svilleneuve

    • Geneviève Labrèche - Inscrit 16 mai 2012 23 h 02

      Les victimes = les étudiants "verts"
      Il est certain qu'ils sont en quelque sorte pris en otage parce que la démocratie veut que le plus grand nombre remporte la décision. Seulement, ils ne sont pas les plus malchanceux. Cela correspond à quelques mois de leur vie. Les autres étudiants eux, se battent pour que les gens moins nantis puissent passer LEUR VIE à travailler dans le domaine qui les intéresse vraiment, plutôit que de fonctionner en mode survie et gagner le plus d'argent possible dès son jeune âge. Il est certain, je le répète, que c'est plate pour ceux qui ne voient que leur propre session mise en danger, et spécialement ceux qui ont été acceptés à l'université dans un programme ne débutant qu'en septembre. C'est quand même nettement moins grave que de finir sa vie avec un "j'aurais dû prendre la chance de m'endetter, mais j'avais un enfant et je ne voulais pas prendre le risque de peut-être pas arriver".

      Même sans enfant, avec les loyers les plus bas à 500$ par mois, j'ai calculé qu'ils fallait travailler au moins 30h/semaine au salaire minimum en plus de mes études pour ne pas commencer à m'endetter. J'ai pourtant accès aux prêts et bourses, mais les bourses ne couvrent que les frais de scolarité, alors je n'imagine pas ce que font ceux qui n'ont même pas ça.

      Selon certains chercheurs, il rapporterait plus au gouvernement de prôner la gratuité scolaire, alors en plus, les étudiants pensent à la dette du Québec. Beaucoup de pays ont une bonne santé économique et mettent en pratique la gratuité scolaire. Et vous ne pouvez pas dire que nous n'avons pas de ressources en conséquences! Nous en avons, mais nous devrions faire de l'argent avec pour que notre économie soit en santé.

      Je commence à dériver alors je vais m'arrêter là, tout ça pour dire que les verts ne sont pas les plus grandes victimes dans tout ça, en plus qu'eux ne s'épuisent pas à manifester à tous les jours...