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    Universités - Un sous-financement bien réel

    11 mai 2012 19h10 |Guy Breton - Recteur de l’Université de Montréal; Michel Patry, directeur général de HEC Montréal; Christophe Guy, directeur général de Polytechnique | Éducation
    Lorsque le gouvernement du Québec a annoncé un éventail de mesures visant à assurer un meilleur financement aux universités, incluant une hausse graduelle des droits de scolarité, il répondait à un besoin bien réel. Le sous-financement des universités québécoises est documenté et reconnu de tous. Il se chiffre à plus de 600 millions de dollars par année.

    Or, aujourd’hui, l’objectif fondamental est occulté par la recherche d’économies qui pourraient être réalisées par les universités.


    Comme administrateurs universitaires, nous nous inquiétons de cette dérive et des risques qu’elle comporte. À force de sabrer, ce sont nombre de services qui en souffriront, alors qu’on cherche à donner aux universités la marge de manoeuvre nécessaire à leur développement.


    Nos universités préparent l’avenir. Elles veulent offrir aux étudiants québécois des formations qui correspondent aux meilleures normes internationales. Cet objectif est partagé par nos gouvernements, il faut s’en féliciter. Et il ne faut pas oublier que cette qualité des programmes que nous offrons est importante notamment pour répondre aux normes des nombreux organismes d’agrément nationaux et internationaux auxquelles ils sont soumis. L’Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal constituent aujourd’hui le premier pôle francophone de formation et de recherche au monde et le troisième ensemble en importance sur le plan de la recherche au Canada, après l’Université de Toronto et l’Université de la Colombie-Britannique. Une telle réussite doit faire notre fierté.

     

    Le prix de la qualité


    Les revenus additionnels dont disposeront nos établissements dans le futur seront employés à augmenter le nombre de professeurs, à améliorer les environnements d’apprentissage et de recherche et à offrir davantage de bourses à nos étudiants. La qualité et l’excellence ont un prix : nous sommes d’avis que les Québécois méritent un réseau de classe mondiale et nos universités doivent disposer des ressources pour relever ce défi.


    Nous convenons également que les hausses des droits de scolarité ne doivent pas réduire l’accessibilité aux études supérieures. C’est pourquoi le gouvernement du Québec a déjà annoncé de nombreuses mesures qui, dans les faits, atténuent et, pour nombre d’étudiants, éliminent complètement l’effet de la hausse des droits [...]


    Par ailleurs, nos établissements, par l’entremise de nos fondations et grâce aux efforts consentis par nos diplômés, recueillent des fonds pour venir en aide aux étudiants. Chaque année, nos trois établissements octroient plus de 15 millions de dollars en bourses à nos étudiants.


    La gestion des universités est sujette à de nombreux exercices de reddition de comptes : commission parlementaire, indicateurs de qualité, etc. Au moment du dépôt du budget en 2011, le gouvernement du Québec annonçait aussi que le financement additionnel des établissements universitaires serait conditionnel à la signature d’ententes de partenariat qui baliseront les domaines dans lesquels les universités pourront investir [...]


    Nous prônons une approche rigoureuse, transparente et respectueuse de nos instances - dont nos conseils d’administration, nos assemblées universitaires et nos commissions des études - auxquelles participent, rappelons-le, professeurs, étudiants et représentants des différents milieux socioéconomiques. Nous accueillons favorablement les mesures additionnelles de reddition de comptes proposées [...] Mais attaquer unilatéralement les dépenses publicitaires, les fonds dédiés à la recherche et d’autres volets de la gestion universitaire nous éloigne d’une vision porteuse d’avenir : de quoi auront besoin nos universités pour remplir leur mission et nos étudiants pour réussir leur vie professionnelle ?


    Faisons le pari de l’excellence !


    En conclusion, beaucoup de propositions ont été faites, par toutes les parties. Certaines heureuses, d’autres moins. Mais, et il faut s’en inquiéter, on parle peu de se doter d’universités plus fortes, mieux équipées, plus compétitives sur les plans national et international. Des universités dont on s’arracherait les diplômes, gages d’un avenir brillant. Où est ce discours ? Il est temps d’y revenir. Notre voeu, à ce moment-ci, est que nous gardions ouverts les canaux du dialogue, que cessent les accusations assassines de toutes parts et qu’on regarde vers l’avant. Et, en définitive, que l’on donne aux universités les moyens d’offrir des formations qui n’ont rien à envier à celles qui sont offertes ailleurs au pays, ou à l’étranger.

     
     
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